‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 282 sur 284 · VOTAGE DE FRANCE, AOUT · texte numérisé non relu

VOTAGE DE FRANCE, AOUT

Mon Père, en vous voyant, nous revoyons nos Pères, Ces absents bien-aimés sont présents avec vous Et sortis, sur vos pas, de leurs labeurs austères, Ils viennent, pour un jour, de si loin près de nous.

Nous entendons leur voix quand vous ouvrez la bouche, Car un même dessein se meut en votre esprit : L'Empire du Milieu, — seul espoir qui vous touche, — Colosse enfin debout marchant vers Jésus-Christ !

Pour la gloire de Dieu, l'honneur de la Champagne ', Humble qui ne voit pas et ses fruits et ses fleurs. Montrez-nous vos épis blanchissant la campagne, Le Tché-ly consolant l'Église et ses douleurs.

Dites-nous vos combats qui sont aussi vos fêtes, Lorsque du Bon-Pasteur s'élargit le bercail, Que l'homme ennemi voit s'accroître ses défaites. S'ébranler son pouvoir et périr son travail.

Encore à son berceau, votre Église s'étonne Des fruits nés sur un champ à peine ensemencé. Mais la grâce de Dieu splendidement couronne L'inutile labeur que l'homme a commencé.

I. Province de la Compagnie de Jésus, en France, à laquelle appartiennent les missionnaires du Tché-ly S.-E.

Il VOUS souvient des jours où sur Ja croix clouée Elle n'avait connu que des calamités, Seigneur, votre sagesse en soit toujours louée ! Les triomphes ne sont qu'à ce prix achetés.

Nulle crainte du feu, de la mort, du pillage. Des fleuves débordés ou des hommes méchants. Ne surprit même alors votre indompté courage. N'éteignit dans vos pleurs l'espérance et ses chants.

Vous disiez : La douleur enfante la victoire, Les obscurs qui la font souvent ne la voient pas, Mais on descend joyeux dans la tombe sans gloire. Quand le salut d'un peuple est le gain du trépas.

Soumise aux mêmes lois, partout l'humaine vie Passe sous bien des cieux, porte bien des couleurs, Mais quels que soient les jours, leur terme fait envie Chez vous, et vos tombeaux se couronnent de fleurs.

On croirait l'horizon teinté d'ondes plus bleues Et plus profond l'azur d'un ciel illimité. € Je suis plus près de lui de quatre mille lieues, » Disait l'un d'entre vous près de l'éternité.

La bataille au soldat, l'immense amour au père ! L'apôtre a mieux qu'un père, un regard paternel. Il aime, il aime encore et toujours, il espère, C'est pour faire le bien le secret éternel.

Toute chose, à vos yeux, dans la Chine, est si bonne La vie et son travail, la mort et sa douceur. Qu'il est heureux celui que la paix environne, Qui même en combattant la sent baigner son cœur.

AU R. P. MAQUKT.

De vallons en vallons, du miel l'aimable mère, Dans le parfum des fleurs, la gloire de l'été, Fleur vivante, s'en va sur son aile légère Et fait le beau travail que l'Église a chanté.

De récits en récits, telle votre parole. Comme l'abeille active ouvrière du miel Sur de mystiques fleurs elle aussi s'envole Riche des beaux rayons composés pour le ciel.

Vers la France, avec vous, ils sont venus, nos Pères, Vers la Chine, avec vous, nous voulons revenir Et le puissant steamer sur les vagues amères Portera la douceur de notre souvenir.

Et maintenant, là-bas, qui finit ? qui commence ?. A lui-même menteur, souvent l'Ange maudit Se promet de détruire alors qu'il ensemence ; L'arbre qu'il ébranla, plus opulent verdit.

Eglise du Tché-ly par le sang arrosée Tu mêles aux sanglots les hymnes triomphants. Et sachant par l'honneur la peine surpassée. Tu chantes tes martyrs, tu pleures tes enfants.^

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