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CHAPITRE I

VERS LA MISSION

spectacle. Les murailles de Pékin se seront effacées à l'horizon que l'esprit évoque encore ces tristes scènes, d'autant plus qu'il les retrouve.

A Tien-tsin, les malheureux sont logés sur le bord de la chaussée principale ; mais quels logis ' !

« Ce sont des niches hautes d'un mètre, larges de deux, formées d'une vieille natte et recouvertes d'une boue desséchée. De ces taudis, on voit sortir par-ci par-là des êtres décharnés, ravagés par la lèpre, vêtus d'un lambeau de paillasson, véritables spectres qui poursuivent les passants de leurs cris lamentables et de leur repoussante odeur ^ » A Pékin, ils ont donné leur nom au pont qui relie la ville Chinoise à la ville Tartare, on l'appelle « le pont des mendiants ». Il est divisé en trois travées ou trois chemins séparés par une balustrade. Le chemin du milieu, interdit aux voitures et aux cavaliers % sert de refuge aux chiens errants et à ces misérables. Plusieurs sont couverts d'ulcères, ils vivent avec des restes sans nom, et beaucoup y meurent. Pendant l'hiver, une voiture vient enlever chaque matin ceux que la faim ou le froid ont tués. Les fils et les filles de St-Vincent de Paul ont fait le possible pour soulager cette infortune : mais que peuvent leurs aumônes en faveur de ces malheureux pour qui la charité n'a point de nom et point de sens ! Pauvres gens sur lesquels Notre-Seigneur a répandu son sang inutilement jusqu'aujourd'hui.

Et cependant quel genre de mérite a manqué à leurs premiers missionnaires, ceux qui dorment leur dernier sommeil dans les tombeaux fastueux que l'admiration et l'affection des empereurs ont érigés à leur mémoire ? Suivons encore le P. Edel dans cette dernière visite à la nécropole.Jamais son nom ne parut mieux mérité. Une superbe barrière en marbre sculpté défend l'entrée du champ du

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