COMMANDANT DU FORT DE TA-KOU
s'est évanouie, la décadence et la ruine ne sont que trop manifestes. Les murailles, de loin encore fières d'aspect, de près paraissent
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EGLISE SAIN'T-JOSEPil A PEKING.
EN CHIKE.
pour en faire le s'ih^t i^lorieux de son empire ; mais la [juissance
COMMANDANT LU FORT DE TAKOU, lS6o.
s'est évanouie, la décadence et la ruine ne sont que trop manifestes. Les murailles, de loin encore fières d'aspect, de près paraissent
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abandonnées aux injures du temps. Plus de soldats pour les défendre ou de maçons pour les refaire. Les meurtrières sont vides, et un art ridicule a dessiné des canons en papier, détrempés par la pluie. Les tours ou les châteaux ne renferment plus ni armes ni munitions. Pékin ne résisterait pas à l'attaque d'un ou deux régiments. Les mandarins en sont convaincus. En 1860, l'armée expéditionnaire campée devant la ville s'apprêtait à la bombarder. Les généraux européens, dans un sentiment de compassion, députèrent quelques envoyés chargés de demander que les portes de Pékin leur fussent ouvertes de bon gré. « Nous ne consentirons jamais à une telle humiliation », répondirent fièrement les ministres du gouvernement chinois . « Nous avons ordre de mourir plutôt que d'ouvrir ; nous obéirons à notre Empereur. » Les plénipotentiaires se retiraient. La parole était au canon. « Il est vrai, ajoutèrent les
défenseurs de Pékin, que nous n'ouvrirons jamais nos portes
mais elles ne sont pas fermées!... » L'honneur était sauf; l'armée anglo-française entrait dans la capitale comme chez elle.
La ville offre peu de monuments ; le plus remarquable est peutêtre l'église de la Compagnie élevée dans le style de la renaissance. Les principales rues, curieuses sous plusieurs aspects, sont déshonorées par une infâme saleté et par une sordide misère. S'il pleut, ce sont des cloaques ; s'il ne pleut pas — et la pluie est très rare — ce sont des tourbillons de sable que les vents du désert précipitent sur Pékin. Ces tourbillons accompagnés d'éclats de tonnerre, s'élèvent si haut, s'étendent si fort qu'ils font la nuit au milieu même du jour. L'édilité n'a point d'eau pour abattre cette poussière, elle ne se met pas en peine d'en amener. On a recours à un moyen plus simple. Certaines fosses sont vidées ; les citadins ne sont point surpris, depuis leur enfance ils sont faits à ces odeurs. Hélas ! ils supportent bien de pires misères et en particulier l'abjection de leurs mendiants. Dans les pays chrétiens, les yeux baignés dans la douce lumière de Jésus-Christ ne connaissent pas l'horreur de ce