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CHAPITRE II. — LA VIE DU MISSIONNAIRE

trouveront en Chine une large hospitalité. L'attention soutenue est un meilleur éloge, sinon du prédicateur, au moins des auditeurs.

La mission se termine par la communion générale que l'on peut aussi diviser. Tous ceux qui y furent admis remercient le Père en faisant devant lui la prostration d'usage. Enfin l'heure est venue de clôturer les exercices de la mission ; elle finit, comme elle a commencé, par la prière à l'Église. Pendant que le missionnaire s'agenouille sur les marches de l'autel, les Chrétiens chantent lentement leurs prières pour le Père qui les a évangélisés. Bien souvent, à cet instant de la séparation, le cœur, délicieusement troublé, ressent dans toute sa douceur la paternité des âmes. Les fatigues du voyage et celles du séjour sont oubliées, et l'on reprend sa route, pénétré d'un sentiment d'une infinie reconnaissance envers Dieu.

Ce qu'on vient de dire, c'est la marche ordinaire de la mission ; mais souvent elle est arrêtée, compliquée par des difficultés qui ne cessent de naître ou de renaître. Oh ! qu'il faut de prudence, de tact, de souplesse et de fermeté au missionnaire pour ne pas faire un faux pas sur les sentiers difficiles et tortueux. Heureusement la Providence est là ; c'est un bon chariot pour voyager, et un bâton solide sur le bord du précipice : « in lassitudine vehiculum... in lubrico bacidus. »

Deux exemples entre beaucoup :

Le Père Hilt ' envoie son catéchiste à la ville voisine de Sinning pour faire de la monnaie en échangeant un morceau d'argent. Après quelques heures, le pauvre garçon revient pâle et défait : pas de monnaie, plus d'argent ; en arrivant à la banque, le catéchiste s'aperçoit qu'il a été volé. Heureusement la somme n'.était pas considérable. Le Père console son messager en lui recommandant plus de vigilance ; il espérait que les choses en resteraient là ; mais la nouvelle s'était ébruitée. Ce fut un grand émoi. Non seulement la perte est pour le volé, comme dans tous les pays du

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