UN ACCIDENT DE VOITURE
extérieur de la religion. Parmi les prières, les unes sont dites plus rondement, d'autres sur le ton d'une lente psalmodie. \J Angélus est récité rapidement pour exprimer l'allégresse au souvenir de l'Incarnation. Pendant l'examen de conscience, un grand silence règne sur l'assemblée. Chacun, durant quelques minutes, incline le front jusqu'à terre.
La confession n'est pas publique ; elle n'est pas toujours non plus absolument privée. Quelquefois elle se fait à frais communs. Un fils apporte sur son dos son vieux père infirme ; un père apprend à son enfant les cérémonies du sacrement. D'abord on se prosterne pour saluer le crucifix en frappant la terre du front,
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KN CHINE.
ensuite on rend le même honneur au prêtre qui tient au tribunal la place de Jésus-Christ.
L'enfant a-t-il oublié ses fautes, que son père les lui rappelle, et, au besoin, lui dit : je te soufflerai. Il advint qu'un bon vieux se plaignait de manquer absolument de mémoire ; de charitables chrétiens vinrent à son secours, et, le plus simplement du monde épluchèrent sa conscience fort soigneusement \
Généralement un examen sur la doctrine — un catéchisme — précède la confession. Les femmes d'abord sont interrogées,... elles viennent par catégories, suivant leur âge. Les hommes sont interrogés à leur tour. Quelques-uns parmi eux se font bien un peu tirer l'oreille ; mais les Pères sont intransigeants. Pas d'examen : pas de billet de confession. Cette rigueur est nécessaire dans un pays infidèle où l'ignorance amènerait facilement l'apostasie. On conçoit cependant la timidité des grands écoliers ; le Père est assis à une table d'honneur ; à une autre table, comme autant d'assesseurs du tribunal, les catéchistes ou greffiers qui font le recensement de la population chrétienne en écrivant une sorte de registre de catholicité.
Après et avant les examens, après et avant les catéchismes, après et avant les confessions, les prédications : des visites, et encore des visites !... Le temps du missionnaire est au pillage. Tout le monde a besoin de le voir, et il a besoin de voir tout le monde : catéchumènes à interroger, différends à apaiser, procès à écarter ou à préparer, constructions à visiter, enfants à questionner, malades à consoler, récits à écouter... en voilà bien assez pour occuper ses heures. Parfois, pour se créer un peu de loisir, on n'a qu'une ressource: ouvrir son bréviaire. Le matin et le soir, après la messe, avant ou après le salut : instruction ; tous écoutent assis sur des nattes ; tous sont contents et disent que personne n'a parlé comme le Père. Si les compliments sont un jour bannis de l'Europe, ils