‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 63 sur 284 · I. Lettre de Jersey^ décembre 1896, p · texte numérisé non relu

I. Lettre de Jersey^ décembre 1896, p

K:l Cliiiie.

monde, mais aussi le tléshonneur. La sainte Mglise, disent les braves gens, en perdra la face. Pauvre Eglise, à les en croire, elle perdrait la face bien souvent. Ce sera chose faite, disait en pleurant un paysan au P. Mangin, si mon âne n'est pas retrouvé '. Sur le bruit de l'événement, les notables s'assemblent. Les administrateurs sont éclairés dans le grand conseil par les bonnes têtes du pays, celles qui sont entendues en affaires litigieuses. Malgré l'émotion publique, la sagesse l'emporta sur l'ardeur guerrière, on résolut de ne pas plaider. Gagné ou perdu, un procès coûte trop de sapèques et de ligatures, et les coups de rotin pleuvent libéralement sur bien des dos. L'affaire sera traitée de gré à gré, autant que possible à l'amiable... avec le voleur.

Ueu.x hommes sont députés pour conduire cette négociation difficile : P>ançois et Joseph. \'raiment le choix est excellent. François, c'est la force ; Joseph, c'est la douceur. François connaît tous les escrocs et Joseph est capable de les convaincre qu'ils feraient bien de renoncer à leurs escroqueries. Les voilà partis, très fiers de leur mandat ; à les voir marcher vers la ville, on eût dit Phébus et Borée sous une forme humaine ; mais ici la tempête et le soleil sont en parfait accord. Le coupable est bientôt découvert. <ï Tu vas rendre l'argent, s'écrie F"rançois d'une voix épouvantable. — - Je te plains, gémit Joseph, si tu ne le rends pas, si tu te mets une si grave affaire sur les bras I — Malheureux, continue l'rançois, a\ec un geste immense, tu vas tourner contre toi la gueule des canons européens, quelle affaire !... — N'est-ce pas, dit F"rançois, le Père spirituel qui s'avance Là-bas au loin pour porter lui-même sa plainte au tribunal .-'... > Xe dirait-on pas une scène renouvelée de Molière, tant il est vrai que la comédie est de tous les temps et de tous les pays .■* Le voleur est convaincu, il veut bien restituer, mais enfin toute peine mérite salaire, que lui donnera-t-on potir son double travail de prendre et de rendre ? On convient d'un

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