SAINT THOMAS DANS L EXTREME ORIENT
L'Évangile a donc été connu en Chine. Une tradition veut qu'il y fut apporté par l'un des douze apôtres : saint Thomas. Cette opinion paraît plausible à plusieurs missionnaires, sans d'ailleurs s'élever à une certitude historique. Écoutons le récit sur lequel s'appuie cette présomption et les preuves qui semblent l'autoriser.
Un livre élémentaire, placé dans les écoles entre les mains des enfants, rapporte qu'un saint est venu de l'Occident pour apporter le salut. Il s'appelait Famo ' et fut désigné, à la prière des saints, pour annoncer la vérité à l'Orient. D'abord il s'arrête dans les Indes où il convertit un roi avec tout son peuple ; il en sortit, monté sur un grand navire, que le roi converti avait pourvu de toutes les choses nécessaires. Ce navire sombra dans une tempête, et Famo se fit un radeau de bambous que Dieu conduisit aux rives de la Chine. L'empereur refusa d'écouter sa doctrine, et Famo, laissant ses chaussures, abandonna le pays.
Ce dernier détail a son importance. Il est permis d'y voir une allusion à la parole du Maître que S. Marc a consignée au chapitre Vie de son Évangile : « Si quelques-uns refusent de vous recevoir ou de vous entendre, sortez, et, en témoignage contre eux, secouez la poussière de vos pieds. »
Le souvenir de Famo ne s'effaça pas avec son départ. Suivant l'usage, assez général en Chine à l'égard des hommes fameux, il entra dans la légende, et les païens le croyant supérieur à la race
I. Certaines pagodes présentent la même statue à leurs visiteurs, sous le nom de Tud-mao-Eao-Tsou, (Cod.) le vénérable patriarche Thomas (?). (R. P. Maquet.)