CHAPITRE III. — RELIGIONS ET SUPERSTITIONS
humaine, en firent un de leurs dieux — singulier honneur que, dans la suite des siècles, partagerait avec lui, dans telle ou telle pagode, S. François-Xavier ! Toutefois, dans ce triste Olympe, Famo ou Thomas ne ressemble pas à ses grotesques voisins. Il n'a rien du poussah ; on reconnaît le type juif au nez recourbé et à la barbe
pointue.
On invoque, il est vrai, contre la vérité de ces récits la date assignée par certains auteurs à l'apostolat de S. Thomas. Ce serait entre le second et le troisième siècle, plus tard peut-être et sous des empereurs dont le nom ne se retrouve plus. Ailleurs, un argument semblable serait invincible ; « mais en Chine, quiconque a lu quelques livres sur les antiquités, conviendra qu'une erreur de quelques siècles n'est pas faite pour intimider '. »
Que ce sOit par S. Thomas ou ce que soit par un autre, l'Evangile a été certainement annoncé à la Chine, et ainsi que toute la terre, elle a entendu sonner les trompettes apostoliques. Comme autant de preuves qu'ils invoquent à l'appui de leur opinion, nos missionnaires ont retrouvé sous la surcharge d'ornements grossiers, d'appliques qui les rendent méconnaissables : le culte de la Bienheureuse Vierge Marie ; les usages de la vie cénobitique ou monacale; les prières de la liturgie catholique ou biblique.