‹ En CoréeChapitre 42 sur 56 · EN · texte numérisé non relu

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des Douanes. Les autres sont des missionnaires sans grande importance.

Le climat de Won-san est sec et salubre. La chaleur est tempérée par la brise de mer, et les nuits sont fraîches. La température moyenne en été est de soixantetreize degrés, cten hiver de vingt-neuf degrés | Fahrenheit) ; la quantité de pluie est de quarante-quatre pouces* un peu supérieure à celle de la cote occidentale. L’épaisseur de

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la neige tombée est de quatre pieds, et elle couvre les montagnes d octobre à mai. Ce port est toutefois un pou p lus frais: que Chem u 1 p o en été et un peu plus c h a u d en hiver, car la sécheresse de l'atmosphère tempère beaucoup lè froid. Les ciels d automne so prolongent splendides pendant tout l’hiver. ; -

Un grand nombre des plus beaux endroits de la région sont empreints d’un haut intérêt historique. C’est de ce pays que les rois de Cantique Ko-ryo tiraient leur origine; et il a. donné naissance également à* la maison ré-

gnante de Cho-syôn. C/est, en effet, au monastère de Sok-wan, à vingt -deux milles de là, -que A Tai-cho, le premier roi de la dynastie actuelle, fut élevé et qu’il vécut. Ce monastère lui-même, avec ses temples, fut

élevé par le roi pour marquer la place où, il y a ÎS09 ans, il reçut cet ordre surnaturel de régner, en vertu duquel scs descendants occupent aujourd’hui le trône. Au milieu de cette solitude admirable, A Tai-cho passa ses

premières années dans la méditation , l’étude et l’apprentissage de sa future royauté. Quelques-uns des arbres qui se dressent majestueusement dans la crevasse des montagnes où est situé le monastère, furent, dit-on, plantés de ses mains. Dans un édifice à l’écart, où personne n’a le droit d’entrer, sauf le moine qui a la garde des reliques, on a conservé jusqu’à ce jour ses insignes et ses vêtements royaux.

Won-san est situé à l’extrémité sud de la province de Ham-kyong. Son commerce le plus considérable est avec

lés deux provinces voisines de Pyong-an et de Rang-won, qiui forment la moitié septentrionale du royaume. La population des trois provinces est, selon les estimations, de trois à cinq millions d’habitants. Les montagnes prédominent dans ces régions. L’œil est confondu par l’enchevêtrement des collines boisées et des pics dénudés qui se mêlent et se heurtent de tous côtés, jusqu’à ne plus laisser voir qu’un chaos de montagnes et de chaînes coupées de mille petites vallées. C’est l’aspect que .présentent surtout les provinces de Ham-kyong et de Kangwon; dans celle de Pyong-an, les vallées sont plus larges, et les collines s’abaissent et descendent vers la rivière Ta-dong, et vers de larges espaces utilisés par l’agniculture. Il y a beaucoup de gibier dans les montagnes aux

environs de Won-san, et dans -l’intérieurr 'On prend des martres, des hermines et des loutres dans la partie nord

de la province de Ham-kyong ; les tigres, les léopards, les ours, les loups et les renards sont rares en fait, bien qu’ils abondent en imagination. Les sangliers, les cerfs et les lièvres sont assez communs ; les faisans sont moins nombreux qu’autrefois. La bécassine paraît en août; le canard en septembre, les oies et les oiseaux sauvages eri hiver, sur les marais et les lagunes. La mer est aussi poissonneuse que la terre est giboyeuse. Les baleines, les requins, les phoques, les saumons et d'innombrables espèces moindres, attendent d’être capturés; de sorte que cette région est un vrai paradis pour le fervent de la chasse et de la pêche. ’ '

Une baie semée d’îlés verdoyantes et enserrée par de hautes falaises donne accès mi port a traité de Fusan. Un chemin étroit, bordant le rivage et escaladant les falaises, mène au Vieux Fusan, une très ancienne ville entourée de murailles, située à l’extrémité d’une langue de terré

de dix milles, qui forme l’une des deux pointes dé la baie. Le nouveau- Fùsan ressemble à tous les autres ports àtraité. Je me souviens bien, toutefois, que les odeurs de< la ville japonaise sont pires infiniment que celles qu’exhalent les égouts et les ruelles embourbées de la vieille ville. Le Vieux Fusan se dresse solitaire à l’entrée de labaie, regardant la mer du haut de ses murailles croulantes, rèvantdans l’isolement et la ruine aux gloires enfuies,;

Le nouveau Fusan est très bruyant, très sale, et très! déplaisant. Les boutiquiers japonais ne se donnent pas; là peine de songer aux étrangers ; un hôtel misérable fait

des difficultés pour recevoir ces derniers. C’est un en^-l droit absolument japonais, prospère, plein d’activité, où!

l’on travaille dur. C’est de là que partent les vapeurs à| l’aménagement pitoyable, qui font le service entre les; ports de Corée et le Japon, et qui parfois s’aventurent;

jtasqu’à Takou, Port-Arthur et Vladivostok. De tous côtés >

apparaissent les signes de l’industrie et du commerce, ,

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inséparables de toute société japonaise. Un vaste projet!

d’amendement du port, en rapport avec le. chemin de fer! Séoul-Fusany est en volé de réalisation . Les autorités* japonaises se sont déjà occupées de la construction de ;

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chaussées; de l’installation de la lumière électrique, de la

création de grands réservoirs. Il y a un consul général à'

Fusan, qui a sous sa juridiction quatorze mille environ de-

ses compatriotes. La population flottante, dont la seule' 1

occupation est la pêche, en compose la moitié. Lès pê- 1 * ' * p . ~ cheries importantes situées le long de la côte et dans

l’archipel voisin donnent chaque année dix millions de!

harengs et un demi-million de morues. Par son mou-'

veinent et son activité, cét endroit justifie tout a" fait sa prétention d’être le plus important des ports à traité de la Corée j en dépit du dédain des marchands anglais,'

La population japonaise réelle île la colonie de Fusan était, en 1901, de sept mille quatorze individus, représentant une augmentation de plus d’un millier sur l’année précédente, dont le chiffre était de six mille quatre, La population s’estencore accrue depuis et actuellement elle n’est pas loin d’atteindre neuf mille.

L'activité des Japonais dans les ports ouverts de

Corée ne correspond nullement ii l’importance du port. Que celui-ci ait été établi il y a dix ans, il y a vingt ans, ou seulement depuis un an, leur énergie commerciale se manifeste avec la même vigueur. Lorsqu’on connaît les établissements de Won-san, Fusan et Ghemulpo, une visite au port de Mok-po, qui fut ouvert dans l’automne de l’année 1897, n’apprend pas grand e! iosc de nouveau ni d’important. Mok-po est très petit. Pour ceux que le sujet intéresse, il offre un exemple excellent du sang-froid et de la résolution avec lesquels les Japonais fondent une colonie. Qn n’entre à Mok-po qu’à travers un réseau d’îles et de chenaux parsemés de rocs, dont le

principal est large de six cents mètres. Le port est à l’êmbouchure de la rivière Ru^ong-san, le principal cours d’eau de la province, qui a quàtre-vingt-six milles de long. Il peut contenir quarante vaisseaux de fort tonnage. Le meilleur passage est le détroit de Lyne, mais le golfe de Washington fournit un accès facile, quand on vient du Sud. Le port a un peu moins de deux milles de largeur, avec une profondeur de onze brasses à marée basse, qui atteint dix-neuf brasses à marée haute.

Mok-po est situé à l’extrémité sud-ouest de la province de Ch} 7 ol-la, surnommée le grenier de la Corée. Le port emprunte son nom à une grande île, qui lui fait face, ail Nord, et qui ferme l’entrée de la rivière. Il est pittoresque et assez r'emarquable pour rompre la monotonie du pays environnant. Primitif d’aspect, il n’est encore que la promesse de ce qu’il deviendra plus tard, à mesure que le commerce s’y développera : une importante colonie. Les édifices du consulat japonais et des Douanes sont actuellement les plus imposants de la ville; Le consulat anglais s’élève sur une roche escarpée, nue et sauvage, entourée de marécag-es bourbeux qui n’ajoutent

rien à la beauté du lieu. Une digue solide* à l’abri de laquelle des étendues de terrain marécageux ont été -fertilisées, indique de quelle façon les Japonais procèdent pour améliorer leurs concessions. "

Un commerce fait d’éléments variés se centralise à Mok-po, dépassant le chiffre de cent mille livres sterling. Les importations étrangères entrent dans ce total pour quatre-vingt mille livres. Il est peut-être inutile défaire remarquer que pas un navire anglais n’a pénétré dans le

port depuis six ans qù’il existe. Des vapeurs allemands et américains ont néanmoins amené des marchandises à

Mok-po ; les vapeurs japonais y touchent régulièrement. Le commerce est celui d’un marché indigène, aux demandes duquel le Japon peut suffire; naturellement il ne mérite pas l’attention de l’exportateur anglais. Les tissus en pièces, les cigarettes japonaises et américaines, les allumettes, le fil, les articles dont les classes pauvres ont besoin, et qui seront beaucoup plus demandés à l’avenir, à cause de l’accroissement rapide de la population indigène, en sont les produits principaux.

Il est possible que ce port, méprisé par le commerçant anglais, comme tous les autres ports de Corée, soit un jour à la tête de tous les centres commerciaux de l’empire. Aujourd’hui déjà il attire des marchandises du Japon, d’Amérique et d’Allemagne. On cultive en Corée les céréales en grande quantité; les nattes de paille, le grass-clot/i , le papier et les éventails sont les autres articles indigènes. On a découvert à peu de distance du port une veine de charbon bitumineux. Deux industries — la fabrication du papier et le tissage du grass-cloth — pourraient se développer, si un Jiomme entreprenant et intelligent y introduisait des produits chimiques et des instruments à bon marché. Dans l’industrie du papier seule, il y aurait de gros profits à réaliser pour la maison qui consacrerait du temps, de l’énergie et de la patience à la création d’une entreprise d’alcalis. Cette industrie s’exerce déjà dans quelques villages et donne d’excellents résultats. .

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