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UN PEU D'HISTOIRE

Les îles Riou-Kiou sont ce chapelet d'îlots qui relie la grande île de Kiou-Siou àFormose. Elles sont encore peu connues, à peine par quelques missionnaires et des officiers de marine que le hasard des escales a menés dans ces parages. En dehors des voies généralement suivies, d'un accès sinon difficile du moins peu agréable, elles n'attirent pas les globe-trotters. Ceux-ci préfèrent s'en tenir aux routes indiquées par leur guide. Là, au moins, ils savent les monuments à visiter, les paysages à admirer, et, marquées d'un astérisque, les

beautés devant lesquelles il faut se pâmer.

Naturellement, comme tous ces pays d'Extrême-Orient, les îles Riou-Kiou ont une origine céleste. Elles surgirent de l'océan par Teffort divin de Shiniriku et Amamiku. Ceux-ci eurent trois (ils et deux filles. L'aîné devint le premier roi de Riou- Kiou, le cadet le premier gentilhomme et le troisième le premier cultivateur. Quant aux filles. Tune fut la patronne de toutes les femmes nobles, l'autre colle des paysannes.

La légende raconte que le héros japonais Tametomo, de la grande famille de Minamoto, descendant d'empereur, exilé |):ir ses ennemis, vint aux îles Riou-Kiou. Après s'être emparé de c]ia(|uc îlol, il aborde à Unten, dans la grande Riou-Kiou, aujour-

d'hui File d'Okinava. Il y épouse la fille d'un chef indigène et détrône la famille régnante. Il retourne bientôt au Japon et son fils Shunten prend la directions des affaires, régénère le petit royaume.

Ici se place une période historique très obscurequi va jusqu'en l'année 1520, où, sous le roi Shoshin, a lieu d'une fa(;on définitive l'unification sociale et politique de l'archipel sous la règle riou-kiouienne.

Après le roi viennent la haute noblesse, les Oji, les Anzu et Sanzukwan, puis la petite noblesse, les Wehata, et enfin les gens du peuple, les Nya. Une véritable cour s'organise avec une nuée de fonctionnaires occupant de nombreuses charges inutiles. Le petit royaume est prospère, les mœurs des habitants sont douces et

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affables. L'ordre le plus parfait règne partout ; il n'y a pas de factions politiques : on compte peu de vols ou de crimes de violences. Tous font honneur à la formule inscrite sur la porte de la capitale : Le Pays de la propriété.

En 1609, le prince de Satsuma envoie son général Kabayama Hisalaka avec 200 vaisseaux et 3.000 hommes. La grande Riou- Kiou est conquise et le roi emmené prisonnier à Kagoshima. Au bout de deux ans, le prince conclut un arrangement.

Oshima et le groupe Nord des îles de l'archipel appartiendront au prince de Satsuma; le reste sera rendu au ici à condition de payer un Iribut annuel et d'accepter à sa coui- un agent japonais.

Placé entre la (^liinr cl le Japon, le petit

royaume joue pendant quelque temps un rôle assez important, il est intéressant de suivre sa politique avec ses deux puissants voisins. Tour à leur menacé ou recherché par l'un et par l'autre, obligé de leur payer de forts tributs, il adopte une politique double. Entretenant des relations amicales avec ces deux nations, il leur envoie des ambassades extraordinaires, assurant à tour de rôle le Japon ou la Chine de sa bonne volonté, de son attachement. Le roi et les membres de la haute noblesse observent même deux étiquettes distinctes, suivant les ambassadeurs qu'ils reçoivent. Ils traitent les uns à la mode japonaise, les autres à la mode chinoise, cherchant à indiquer leurs tendances politiques par leur façon de vivre et jusque par leur service de table.

Harcelé sans cesse par ses deux voisins, le petit royaume maintient habilement son indépendance. Mais le Japon devient de plus en plus pressant. En 1872, on informe les ambassadeurs venus à Tokyo que désormais le Département des Affaires étrangères s'occupera du royaume de Riou- Kiou et que le roi doit se considérer membre de la noblesse impériale. Peu de temps après, on emmène le roi à Tokyo et l'on annexe la grande île, qui devient la préfecture d'Okinawa.

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