Sandales en bois des Japonais
et précipitée. Elles vont d'une allure souple, la tête fièrement relevée, le corps droit, la poitrine ferme, gonflée librement sous l'étoffe légère. Même plus àgoes, elles n'ont pas cet air de décrépitude précoce commun aux femmes orientales après la maternité.
Leurs mains sont tatouées d'une façon bizarre, sur les doigts aux articulations, sur la main et au poignet. C'est une marque pour distinguer les femmes mariées et, de plus, chaque province a sa marque distinctive. On prétend qu'à l'origine ce tatouage était un moyen d'empêcher les femmes de quitter le royaume et de les reconnaître en cas de fuite.
L'animation de la |Mîlile ville se concentre sur la place du marché. Abritées
du soleil qui brûle sous de larges parasols en cotonnade bleue, les femmes vendent les différents objets nécessaires à la vie quotidienne. Elles restent là tout le jour, et, la nuit venue, on les trouve encore près de leurs étalages éclairés par de grands feux de bois. Quelques-unes emballent leurs marchandises, d'autres vendent des légumes, d'autres enfin, accroupies en groupe autour du feu, font la causette, fuyant ainsi la chaleur de leurs cabanes.
Au contraire des Japonaises, les femmes ici ont beaucoup d'autorité et les hommes leur témoignent beaucoup de respect. Sans doute parce qu'elles s'adonnent aux plus durs travaux, prennent largement leur part dans la lutte pour l'existence et ne se con-
tentent pas d'être simplement une distraction pour le cœur et un plaisir pour les yeux.