LE MANOIR TRAGIQUE
LE MANOm TRAGIOL'E
Une nuit, j'ai eu ce rêve d'impressions et visions, si logique, si cousu de lucidité, de suite et de vraisemblance, que je le garde à jamais comme le souvenir de ma plus grande terreur soufferte, de ma pire stupéfaction vécue.
C'était riiiver. J'étais>-C0uché sur un lit rouge à baldaquin fauve, en la principale chambre d'im très ancien manoir féodal, au fond d'une immense pièce tendue de noir, dans laquelle,, sous l'œil clair, suiveur et harponnant des innombrables portraits de famille, deux colossales cheminées flamboyantes se regardaient face à face, faisant danser leurs ombres d'enfer sur le plancher, la voûte et les murailles sinistres, ensanglantant de mille reflets écarlates le vitrage nu des gigantesques fenêtres où, dans l'âpre et le difforme de sa chauve hor-