‹ En Europe [microforme]Chapitre 12 sur 59 · LS · texte numérisé non relu

LS

, brillant, mais il

ai bonheur.

ai passé la jourmain à mon livre s à coller à leur lustrer le volume, été impossible de er ici plutôt qu'à z moi et la pen-

sais pas si là-bas à Nous entrons dans la forêt de Fontainebleau, la plus consi-

érable de France. Beau bois, cela a plutôt l'air d’un parc!

pars demain pour Quand on a voyagé des mois à travers les forêts de la Baie 18 qu'un jour. Je Hudson, celle-ci n’est plus qu’une forêt en miniature.

ographies que j'ai ES Fontainebleau était le château qu’affectionnait Napoléon I.

oyer, par la poste, est ici qu'il fit à son armée ces adieux qui sont demeurés cé-

Bbres dans l’histoire.

| À Moret, un autre ruisseau-rivière, , D Monicreau, buffet, sept minutes d'arrêt: pour un café au Bt, 75 centimes, une pomme, 5 centimes, et un petit pain Du1 apporter dans les chars, 10 centimes. Ici fut assassiné lan sans peur, et Napoléon gagna une victoire sur les Alle- Bnds. Nous quittons la Seine pour l'Yonne, une rivière qui Br son volume d’eau me rappelle l’Achigan ; un peu plus con- Hdérable il faut être franc.

st trop doux. Ces ! La rivière, la ligne du chemin de fer, et toutes les routes aine de mai, quand nt bordées de longs arbres, qui ont l'air, excusez l’expresque Paris n’est pas Ron, de coqs d'inde haut montés sur pattes avec leurs grands plus froid que dansMbrps nus et leurs têtes fines. 4 à M. Cabana et i Nous voici chez les Sénonais, qui ont donné maille à partir à ésar. Sens n'a que 14,000 habitants, mais elle possède un

pu simplement sur nt dans le bureau tent des paysages auvages. Maman e qui vous tombe-| plus vite que vous

abillée en noir, quels

vi 08 die

passé rice en faits. historiques. Sous,la domination romaine elle fut une des capitales de la Gaule, Au VIII siècle, son archevêque était le primat des Gaules et de la Germanie, Il s'y tint plusieurs conciles, Saint Bernard y fit condamner Abélard, Déchue de son antique gloire, Sens est encore intéressante, à cheval sur l'Yonne, au fond d’un vallon, entouré de collines presque de tous côtés, avec une ceinture de champs parfaite- BR ment cultivés. |

Successivement nous traversons Villeneuve, St-Julien et Joigny, connu pour ses vins. Nous sommes en pleine Bour- À gogne. Les côteaux sont couvert de vignes pressées auprès | des pieux qui les soutiennent,

Les villages, avec leurs toits en tuile et leurs murs extérieurs en ciment gris, paraissent vieux, antiques, au milieu d’environs verdoyants, de campagnes jeunes de culture.

Nous quittons l'Yonne, (lequel mot, d'aprés moi, vient de Dionne, Dionesius, Denys ) pour l’Armancçcon.

Laroche, vingt minutes pour déjeuner. Un petit verre de cognac me réchauffe l'estomac paresseux. Ici vient aboutir le canal de Bourgogne, qui relie la Seine au Rhône par la Sâone. es canaux, qui ne sont autre chose que des cours d’eau creu- Ë sés et endigués, distribent, à bon marché, le commerce intérieur du pays. Celui que nous longeons peut avoir vingt pieds de large et est bordé de deux routes, où marchent les chevaux ‘ qui trainent les bateaux. Ce genre de transport est si économique qu’il se maintient en face de la rapidité des chemins de fer, pour le commerce qui n’est pas pressé,

De Paris à Laroche je voyageai seul dans mon compartiment. Il est monté un monsieur qui étudie son journal, au soin opposé, pendant que je lis et que j'écris dans le mien. Pas un mot. Je me demande ou je vous demande si deux femmes pourraient en faire autant !

Brienon, St, Florentin, et Tonnerre, nom terrible, endroit tout-à-fait joli et tranquille, ville de six mille âmes, que domine son église, perchée au haut. d’une colline comme un:nid d'aigle.

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| Idomina la France et Louis XIV. Quand il mourut, le roi dit : “ nous sommes bien débarrassés ”. Il se trompait ; alors commença pour lui l'embarras des défaites et des déficits.

Chablis est dans les environs, j'achète une demi- bouteille de

Chablis, et je la bois à votre santé, en mangeant pour mon dîner un crouston trempé de ce bon vin, faisant festin seul ; Car mon unique compagnon est descendu à Tonnerre,

Les compartiments sont tempérés par deux chaufferettes en

ine, remplies d’eau chaude, occupant la largeur du char, sur lesquelles on 'se met les pieds.

luées de distance en distance. À Tonnerre, on les renouvelait pour la deuxième fois depuis Paris. Elles suffisent pour entrehir une chaleur tout-à-fait convenable ; heureusement qu’elles h’ont pas à combattre notre hiver canadien. Si nos chars n’a-

Ces chaufferettes sont chan-

vaient que ce genre de réchaud, nous gèlerions à glace de St-

Lin à Montréal.

L’Armencon, lui, le cède à l’Achigan, qui au moins à des fives hautes, taillées à pic ou en croupes d’haridelles; il... É nous venons de passer, pendant deux minutes, dans un tun-

nel où il fait noir comme chez le loup ) promène son filet d’eau

Entre des... (autre tuunel qui ne finit plus, et au milieu du-

Quel nous arrêtons presque ) rives basses comme celles de la ivière au-Chien à Ste-Thérèse.

: Tanly, Lezimes, Aney la France, Nuits-sous-Ravières, Aisy, & Mintbard, petite ville située au fond d’un vallon, dans un te pittoresque, qui a donné le jour à un écrivain correct et ompeux, que notre .professeur de Belles Lettres nous fit beaubup étudier, Buffon.

? Les Laumes. Dans le lointain on aperçoit le Mont Alise— Ste-Reine. C'est là que se trouvait Alesia, où César, 52 ans

Bavant Jésus-Christ, vainquit définitivement Vercingétorix, le

héros des Gaules, Dans le voisinage se trouve aussi le château le Bussy-Rabutin, le cousin de madame Sévigné, qui disuit un jour de Dieudonné Louis XIV : “Ce grand roi, on dit que c’est

Dieu qui nous l’a donné; ah! s'il voulait le reprendre”, Pour | j'a ce bon bon mot, Louis XIV le fit mettre à la Bastille, Il méri- te « tait plutôt une image. ma Le fond de la vallée était composée d’une terre grasse et jy: riche, en anglais loam, en français, marne ; voilà. je crois, d’ou L vient le nom de lendroit mit Darcey, Verrey. Notre train va petit train ; il force, il monte difi nous sommes à une hauteur des terres, passant du bassin de la sièc Seine dans celui du Rhône. Les sources de la Seine sont à quel- troi ques milles d'ici seulement. mé Blaissy- Bus, on entre dans un tunnel, qui ne finit plus, deux Aut milles de long. Puis nous descendons bon train, sur un pan célë incliné, vers Dijon. droi Le pays est tourmenté, le paysage est sivère; vallons étroits de 1 et profonds, gorges sombres, sommets brusques, chaussées hau- Il tes, viaducs nombreux, tunnels à n’en plus finir, villages per- « M:

chés sur des hauteurs, côteaux rocheux aux flancs rougeîtres,

Pou, nos Laurentides ne sont pas plus accidentées ; et je me figure à £ s LA \ . Su un voyave en char de St-Jérôme à la Chute-aux-Iroquois, ee , com quand Mgr Labelle aurafini son chemin de fer, qui

Meluin, Véluis, Plombières et nous voilà à Dijon, ancienne capitale de la Bourgogne, et aujourd’hui, chef-lieu du département de la Côte-d'Or. :

Au pied des collines appelées Côte-d'Or, dominé par un mont superbe du nom Affrique, au confluent de lOuche, de la Suzon et du canal de Bourgogne, s'élève le Divis des romains, Divus Jovis, divin Jupiter, maintenant Dijon.

De 1179 à 1477, l'ont habité les ducs de Bourgogne, qui Per n’en cédaient pas en pouvoir au roi de France lui-même. Elle À fut la patrie de Jean sans Peur, Philippe le Bon, Charles le sur n Téméraire, du grand Bossuet, du stratégiste Vauban et du poè- de la te Crébillon, Dans le voisinage naquit le plus grand homme de Fo son siècle, Saint Bernard, quitt

La ville renferme plusieurs églises et un beau musée. Je nez C puis parler de la cathédrale de Sé.-Bénigne pour l'avoir vue. que “Onze minutes d'arrêt, crie le conducteur, et buffet.” Comme , la mé

Cou v de C geot, com

pagn(

mme ;

j'avais fait buffet à plusieurs reprises avec mon pain, ma palet. te de chocolat et ma bouteï'le de vin, et zomme je voyais sur ma carte que la cathédrale était dans le voisinage de la gare, j'y courus. |

Le portail n’est pas extraordinaire avec ses deux tours ter. mines par un capuchon de moulin à vent. Le côtés sont solidifiés de contreforts qui leur permettront encore de durer des siècles. À l’intérieur, d'énormes colonnes en pierre soutiennent trois voûtes aussi en pierre. Je ne pus voir le chœur, il est fermé par une cloison eh planche ; on y est à fuire des réparations. Autour de Ja nef sont rangés quelques tombeaux d'hommes célèbres, entre lesquels j'ai remarqué nn marbre indiquant l’endroit où se trouvent les restes de Philippe.le Hardi, et de Anne de Bourgogne, fille de Jean sans Peur.

Il est deux heures et demi, j'entends le conducteur qui crie ; “ MM. les voyageurs, en voiture, s’il vous plaît, en voiture” Poup ! Poup ! nous partons.

Sortis des montagnes, nous filons dans une vaste plaine comme celle de St-Lin, longeant sur notre droite les collines, qui portent le nom de Côte-d'Or, parce que le flanc en est tout couvert de vignobles, qui sont une mine plus riche que celles de Californie: Nous traversons le pays du vin: Gevrey, Vougeot, Nuits, Beaune, ville de 1200 habitants, dont le principal commerce est la liqueur de Bacchus.

Deux voyageurs à Dijon sont venus se constituer mes compagnons : “je ne Jeur parlerai pas,” me dis-je; j'ai tenu ma promesse avec un, au moins, qui vient de descendie à Beaune.

Meurrault, Chagny, nous quittons la Côte-d'Or, qui s'éloigne sur notre droite ct nous entrons dans la vallée de la Thalie ct de la Saône.

Fontaines, Chalon, St.-Côme, mon deuxième compagnon me quitte. Il est remplacé jar un nouveau venu, qui a un grand nez comme le l'ère G... de la Côte Joseph, ou comme un autre que vous connaissez. Il me regarde, je pense qu’il pense la la même pensée que moi.

Varennes-le-Grand, Sennecey-le-Grand, Tournus, où M, le gros nez descend, laissant le mien de nouveau,

Ah ! voici le Saône, que nous longeons sur notre droite, quelque chose comme la Seine au-dessus de Paris ; je comprends pourquoi Dieu a donné du vin à boire aux Français ayant mis dans leurs rivières une eau si troublée, si terne et si terreuse ?

Uchizy, Fleuriville,, Sénozan, Macon, 20,000 habitants, et patrie du célèbre vin Macon. La nuit nous enveloppe de ses voiles, une lampe fumeuse, qui ressemble beaucoup à celle qui éclaire le char de St-Lin, projette sa pâle lueur dans mon compartiment ; dehors noir obscur. Deux heures nous séparent de Lyon, mon journal est fini pour ce soir, je ne vous parlerai pas de places que mes yeux ne voient point. Silence et méditons.

J’ai passé aujourd’hui une des plus belles journées de ma vie, tantôt récitant le bréviaire pour rafraîchir l'âme, tantôt lisant une gazette pour distraire l'esprit, tantôt lisant un bon livre pour instruire, tantôt écrivant pour converser avec vous. Je n’ai pas dit une seule parole, j'ai eu beaucoup de douces pensées. Aucune affaire n’est venue se mettre en travers de de mon repos, ce qui m'est arrivé bien rarement depuis des années, Quand la question pour laquelle je inarche, se présensentait à mon esprit, je la chassais tranquillement, J'ai pris toutes les mesures éloignées qu’il m'est possible pour en assurer le succès. Inutile maintenant de ine casser la tête à tirer des plans. Quand je serai sur les lieux, que j'aurai vu les personnes et étudié les circonstances, je serai plus en état de faire la préparation immédiate. Fu attendant vivons tranquille, confiant en Dieu, et notre “toi}e. Je m’accote la tête sur le dossier du fauteuil bourré. Si {e sommeil vient, il sera le bienvenu ; sinon je vais me perdre en une doucereuse fainéantise et en des rêves dorés. Béni soit le saint nom de Dieu !

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