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feuille d'un chêne ”, mon nez sera en sûreté ; c'est sous les plis de rideaux blancs, sous un ciel de lit s’élevant en faite à pic; sous
le regard de Dieu, et la garde de mon ange. Pensez-vous que 6 cet ange va faire comme celui dont parle Reboul : c € Un ange au radieux visage, d Fenché sur le kord d’un berceau, Semblait contempler son image, Comme dans l’onde d’un ruisseau. " a J'entends quelqu’une penser : oh! alors on ne pourrait pas dire de cet esprit céleste : beau comme un ange, et son visage ne serait pas radieux. de de Allons, de grâce, mère, ami, pas de malices ! . Et du sommeil goûtons les paisibles délices. sa Mercredi, 16 Avril. — J'arrive de la Propagande, où j'ai on porté deux longues lettres, l’une au cardinal Simeoni, l’autre à Mgr Jacobini: c'était le fruit du travail de toute ma journée, av avant-midi et après-midi moins une heure que j'a’ prise pour ma promenade. M. Belnoue pouvait à peine suffire, il faisait file crois copies, deux pour la Propagande, et la troisième pour pat être conservée dans mes archives, à Ma promenade me porte à Ste Marie des Monts, sur la rue béc S. Maria di Monti, où il y a fête aujourd’hui à l’occasion de I Saint Benoît-Joseph Labre. tien L’épttre de la messe de ce matin m'avait frappé. Je la relus nou devant l’image de ce Saint de la pauvreté, du détachement ; et de ] il me semble que je la comprenais mieux : P “ C’est un grand goin que la piété avec le contentement, revo Nous n'avons rien apporté dans ce monde, et il est certain que nous n’en rapporterons rien, Si nous avons dé quoi boire et Je manger, si nous avons de quoi nous couvrir, soyons contents, vais Car ceux qui veulent s'enrichir, tombent dans la tentation, vous dans les pièges du démon, dans beaucoup de désirs vains et chose
inutiles qui précipitent les hommes à leur perte et à leur per-
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dition. La source de tous les maux est la cupidité; plusieurs de ceux, qui en sont esclaves, ont erré loin des sentiers de la foi, et se sont plongés dans bien des douleurs, . Pour vous, fuyez ces erreurs, attachez-vous à la justice, à la piété, à la foi, à la charité, à la patience, à la douceur, Combattez le bon combat de la foi, et poursuivez la vie éternelle. ”
Par la même malle, vous recevrez la Voce, où il y a un petit article sur Mgr Labelle, que j'ai traduit mot à mot, et un grand article sur Guillaume et la France, que je ne traduis pas du tout.
Je vous charge de distribuer mes présents :
A vous, M. Payette, grand promoteur de la dévotion du rosaire, 1 Madone du rosaire, que l'on voit à Ste Sabine, uné des plus belles de Rome ;
À M. Cabana, le martyre. de je ne me rappelle plus quel saint ; mais dans tous les cas, un tableau splendide ;
A madame Brunet, saint Benoît-Joseph Labre, le saint dont on fait aujourd’hui l'office au bréviaire romain ;
A Alphonsine, qui a un moulin à coudre, une couturière avec sa machine: une demoiselle fine et fluette ;
Mais à Caroline, il faut quelque chose de plus robuste: une fileuse à la quenouille, ouvrage qui n'empêche pas de dire ses patenôtres ;
A Moïse, comme voici venir les travaux du printemps, un bêcheur pour l'aider dans son jardin.
Ici l'été vient toujours et n'arrive pas. La température se tient longtemps au même niveau. Il y a un printemps, ce que nous ne connaissons pas au Canada. Nous passons subitement de l’hiver à l'été.
Passant de cette lettre à mon lit, je vous dis bon soir et au revoir |
Jeudi, 17 avril, — Vais-je le dire ?.… Vais-je le taire ?.… Je vais le dire, ma chère mère, espérant que cet acte de franchise vous empêchera de soupçonner que je vous cache quelque chose, afin de ne pas vous inquiéter, Ce soupçon serait luimême la plus cruelle des inquiétudes.
J’ai daté cette page du 17 avril, et pourtant je ne la remplis que le dix-huit; car hier une révolution de bile m'ôtait le goût et l’entrain nécessaires pour tenir une plume. Hier matin donc, je pris médecine. Voyez si je suis devenu raisonnable, depuis que j'habite la capitale de la catholicité: vous ne pouviez me décider au Canada à: prendre des purgations ; ici, de
. moi-même, j'en prends deux dans l’espace de quinze jours.
Qui change de pays Change aussi d'habits.
| Or cette première médecine ne produisit pas l'effet que j'en Le attendais. J’en ajoutai une seconde, voulant aller plus vite en
besogne, ménager un temps qui m'est précieux. Mais j'avais ‘ oublié le proverbe :
Qui court à tomber Ferait mieux marcher.
$ LAN je Celle-ci fit trop d'effet. Elle porta au cœur, la bile reflua au de cerveau et je dus me coucher.
Vous disiez vrai dans votre avant- dernière lettre: ‘“ S'il co tombe malade, ces bonnes sœurs le soigneront.” Le proverbe L': ne ment pas : Fa:
ex Rien au monde n'égale une mère en bonté, Si ce n’est, toutefois, la sœur de charité. Rue |
La mère supérieure, qui est un vétéran dans le métier, con- toi naît une foule de recettes, et me fit bénéficier de quelques-unes. | Elle me donna pour infirmière une petite sœur, native de Bir- dis mingham en Angleterre, irlandaise comme sœur Thérèse, des qui me soigna à St Laurent, Véronique de nom, et, grâce à un ses soins, un quatrième proverbe se vérifia: M.
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Souvent le matin qui est noir Devient brillant et beau le soir,
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Je craignais la fièvre romaine. On fit l'essai du thermomètre en le plaçant sous l’aiscelle dn bras gauche près du cœur. Après vingt minutes, où lu mtia pas glacé, mais presque. Cette expérience était plu + que rassurante ; et je pus demander au sommeil le repos qui levait r mettre la cervelle à sa place et le cœur dans son assiette,
Et tout est bien Qui finit bien.
Vendredi, 18 avril.— Journée tranquille. Je suis mieux, un peu faible des suites de mes remèdes. Je travaille peu. Cependant, mou infirmière, faisant sa petite mère, me gronde. C'est la première fois que Je me fais gronder depuis que j'ai quitté St-Lin. C’est la même chose absolument, on dirait que cette petite sœur répète sa leçon mot à mot, Vous pouvez juger si la gronderie a produit son effet. A 8 heures, ce soir, une petite tasse de quelque chose, nouvelle gronderie, parce que je n’étais pas encore couché. Les femmes sont bien partout pareilles ; mais enfin cette sœur a raison. Je vais me mettre au lit.
Pas de lettre encore aujourd'hui. Mais je n’ai aucun soupçon que vous m’oubliez, que vous me négligez. La faute en est à la poste, au chemin de fer, à la mer, au bâtiment, au Canada, à l'Angleterre, à la France, à l'Italie, à tout le monde, à vous excepté Ô mère et ami. Et ce plaisir est pour demain, pour après-demain ; attendu vivement il n’en sera que plus doux.
Demoiselle Maries Goulet, St- Lin. — Ma chère enfant, Par toi, je réponds à toutes, puisque toutes m'ont écrit par toi.
Votre communion de la St Joseph a produit un effet immédiat, J'ai commencé ce jour-là une affaire, qui va comme sur des roulettes. Vous avez fait un miracle, Je vous en demande un second pour le commencement de mai, au jour que choisira M. Payette. |
«La Trinité se passe, et Marlborough ne revient pas. S'il n'est pas revenu, il ne sera pas loin. Il en aura des histoires dans son sac ! Mais pour le comprendre, il vous faudra un dic-
tionnaire. Il ne parlera plus que de Colisée, de Thermes, de Forum, de Catacombes, et tout cela émaillé de mots italiens, de ragazze, ciuramelle, ou bien de carissime giovanne (1). Une
image pour celle qui traduira la première ces deux derniers
mots : deux pour celle qui me donnera la signification des deux
premiers ; et cinq pour celle qui n’en sera pas elle-même la si-
gnification personnelle.
L'Italie est un bien beau pays, avec un mois d'avril superbe, un soleil qui dore les objets, et des oranges jaunes dans les arbres verts, Mais il y aau monde quelque cnose que l'Italie n'a point. Devinez quoi ? Des belles neiges profondes ? Oui, mais ce n’est pas cela. Des côteaux moëlleux pour glisser en topagane ? Qui, mais pas cela ? De la belle glace vive pour patiper ? Oui, pas cela encore. Du suc d'érable ? Pas cela. Des casques en vison ? pas cela. Des mitaines de poil ? Non, non, non, pas cela, vous dis-je, pas cela. Vous ne pouvez deviner ? Vais-je vous le dire ? Voyons... Eh bien! Je vais le dire... Ecoutez bien. Ce que le plus beau pays du monde, ce que l'Italie n’a pas, ce sont de petites Canayennes, de bonnes petites Canadiennes, pieuses, pures, les yeux noirs, malignes, pétillantes, sages, telles que j’en cor nais sur les rives de ce grand fleuve qu'on appelle l’Achigan.
J'ai dit le plus beau pays du monde, je me trompe. Savezvous quel est le plus beau pays ? C’est celui auquel mille liens, tous plus forts les uns que les autres, nous attachent et que vous aimez. Et devinez lequel il est pour moi ? Croyez, ma chère enfant, que je suis votre curé et père tout dévoué.
Samedi, 19 avril.— Le plaisir est arrivé : mère, ami, et Mgr Fabre, les trois ensemble, ayant fait le voyage de compagnie.
Ma chère mère, je suis heureux que vous preniez avec résignation la prolongation de mon absence, j'attendais cela de votre foi, Je vous retournerai, pas tout de suite encore, mais avant trop longtemps, j'espère. Le bon Dieu saura bien vous réconpenser de ce sacrifice. ‘A
J'ai été content d'apprendre que Ph... a passé avec vous la
(1) Chères enfants. Note de l'éditeur.
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semaine sainte, C’est une fille si sage, * raisonnable, si intelligente dans les œuvres et les vues de Dieu. Dieu lui parle. Je suis redevenu tout à fait bien ; et j'ai passé une partie de l’après-midi à me promener dans la ville avec M. B:Inoue.
Dinandke 20 avril.
Anticamera Pontificia.al Vaticano.
Biglietto d’amraissione alla Basilica Vaticana per assistere alla Messa, che Sua Santità dirà ai Pelligrini Italiani Lunedi ‘21 aprile 1890, alle ore 8 À. M.
11 Maëstro di camera di sua Santità.
F. DELra Vozres,
N. B.— Questo biglietto è personale e devra esibersi spiegato all’ingresse. L’ingresso e al portico di Carlo Magno.
Traduction.
Antichambre pontificale au Vatican.
Billet d'admission à la Basilique Vaticane pour assister à la messe que Sa Sainteté dira aux Pélerins Italiens lundi 21 avril 1890 à 8 heures avant-midi.
Le maître de chambre de Sa Sainteté
F, DELLA Vozre.
N. B.— Ce billet est personnel et devra être exhibé déplié à l'entrée. L'entrée est au portique de Charlemagne,
Ce billet vous dit que j'ai obtenu une entrée à St Pierre, pour assister demain à la messe du Pape. Depuis 1890, St
Pierre est fermé quand le Pape y officie, et, pour être admis, il faut se procurer une permission, Il faut avouer que, de cu côté, je suis privilégié; et ii ne s’est pas fait une fête religieuse à Rome depuis mon arrivée, où il ne m’ait été donné d'assister,
Profitons-en, on ne vient pas à Rome tous les jours. Muis
quand on y est, on n’en part pas facilement, Mon séjour con-
tinue à y être agréable. Mes affaires avancent lentement, mais
sûrement.
J’ai acheté pour vous un petit volume, de 212 pages, qui vient de paraître à Monza, 1890, intitulé “Vita e Martirio di S. Giorgio, per cura d’un sacerdote della diocesi Milanese.” Je n'ose pas le confier à la malle, de peur qu'il lui arrive la même aventure qu’à un paquet que l’on m’a adressé du Canada. Je viens de recevoir un avis d'Ottawa qu’il est au bureau de lettres mortes.
J'ai reçu vos notices sur Jean Préaux, François Fleury et Gilles Lauzon. Si le dictionnaire de Myr Tanguay dit quelque chose sur votre premier ancêtre Payette, si cela vous fait plaisir que je regarde dans les régistres de sa place natale en France, supposé que je passe dans le voisinage, écrivez-le-moi.
Les horizons de ma mission ici s'étendent toujours, à des profondeurs insaisissables, ce qui m’empêche de pouvoir préciser le terme de mes travaux et de mon séjour à Rome.
En attendant l'issue vivons tranquilles et confiants :
En attendant le beau temps Vivons contents, vivons contents.
Lundi, 21 avril. J'ai vu le Saint.Père à 7 heures ce matin, je prenais la route de St Pierre par le chemin que vous savez. Les petits chars ne marchent pas encore ; en Italie, ils mettent du temps le matin à se mettre en mouvement, comme toutes choses du reste. Pas de voiture sur la place publique, les pélerins italiens qui remplissent la ville par milliers les avaient employés. Il fallait faire le trajet à pied.
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Arrivé au Pont Saint-Ange, la foule se pressait. Une file de voitures chargées allait, une file de voitures allèges venait. Tout cela avançait le petit pas, et les piétons s’en retiraient comme ils le pouvaient, Sur la place St Pierre, il nous fut donné plus d'espace et plus d'air. Un flt de population incessant, intarissable, s'engouffrait dans le portique de Charlemagne ; un tas de billets s'eutassait à la porte assez gros pour charger une grande charrette. Enfin quinze mille personnes se promenaient sous les voûtes de l'immense basilique ; et je vous assure qu’il y avait de l’espace pour en mettre trois ou quatre fois autant. Les uns se pressaient comme des harengs sur le chemin que devait suivre le Saint-Pière, bordé de haies de gardes suisses. Les autres étaient grimpés sur les corniches, sur les confessionnaux, sur les pilastres, partout où il était possible de se jucher, Une anglaise était assise sur les genoux de la Statue de St Pierre, et de temps en temps elle lui flattait la joue de ses mains. Enfin le Pape parut, porté sur sa chaise. Il s’éleva de la foule une vaste acclamation, semblable aux roulements du tonnerre ; puis un murmure continuel se prolongea comme le clapotis de la vague sur le bord d’un grand lac. Quand des trompettes, les cloches et les clochettes annoncèrent l'élévation, toute cette foule tomba à genoux, le silence le plus profond s'établit ; puis reprit, pour ne plus cesser, le gémissement des flots clapotants. Après la messe du Pape, une messe d'actions de gate. Le Pape se retire dans un pavillon dressé dans une cha-
| pelle pour prendre son déjeûner. Ensuite il se met à recevoir
les pèlerins par groupe, et la cérémonie dura jusqu’à trois heures de l’après-midi, À onze heures, je revins à ma Villa della Presentazione, où j'arrivai juste pour le dîner. Cette aprèsmidi, il fallut reprendre le temps perdu ; je ne sortis que vers six heures pour humer une bouffée d'air pur. Bon soir !
Mardi, 22 avril.— Je suis dans les épreuves par-dessus la tête, pas les épreuves qui portent le nom de croix, mais celles qui viennent de l'imprimerie. Samedi soir j'ai fait .un marché
serré avec M, Béfani pour l'impression d’un nouveau mémoire, m Voiqj ce qu’il me signait : Je m'engage à imprimer pour R vingt francs par quatre pages, même formât, même Cl caractère et même papier que le mémoire de Mgr Gibbons sur les chevaliers du travail, cent exemplaires qu du mémoire sur les comptes de l'abbé J. B. Proulx, avec per- ar mission pour lui de faire de courtes corrections, d'ici à samedi po soir, Si l’ouvrage n’est pas livré au jour dit, je perdrai cent l'a francs sur le tout, Je reconnaîs avoir reçu cent francs en acompte. Rome 19 avril 1890. A. Befani, P. S. Prière d’avoir | les épreuves corrigées le matin après leur délivrance, à 10 heu- me res au plus tard. A. B. ” for Hier au soir je recevais la note que voici : “ Je vous envoie m’e les premières épreuves de votre mémoire avec la prière de me le } les rendre demain matin à 10 heures à terreur de nos accords.” d'u Je compris que si je le retardais d’un quart d'heure, il se croi- « rait relevé de sa pénalité de cent francs. À 10 heures moins le Lat quart, j'entrais dans la boutique. Une autre liste d'épreuves J m'attendait, je les porterai demain matin. Rien de plus facile vait que de se rendre à cet atelier. Je prends les petits chars de la été via Nationale, qui me déposent à lo place Venezia; de là quel- ici,
- ques pas me conduisent à la place du Gesu ; et le Sfabilimenio I Tipographicto e Liberia del Car. Alessandro Befani est situé heu: sur la Piazza del Gesu, à l'entrée de la petite rue, qui conduit à je gs la via della Boteghe. C'est l'affaire d’une demi-heure de mar- Je I: che à pied, d’un quart d'heure en petits chars. pas (
Le travail de la correction des épreuves n’est pas écrasant, m'en épuisant comme celui de la composition ; mais il est taquinant A de minuties, Celui-là seul qui a passé par les soucis qu’entraîne revu! le soin de stéréotyper sa pensée dans une forme qui ne variera deux plus, comprend ce qu’il y a de vrai dans le mot qui désigne les coch: phases de cette évolution : épreuves. Il faut bien que chacun ll ait les siennes, le bon Dieu me faisant grâce des autres ! au C Bonne nuit | St-Le
Mercredi 23 avril, — J'attends M. Labelle ces jours-ci. Il
moire, r pour même r Gibnplaires ec persamedi rai vent s en ad’avoir 10 heu-
s envoie re de me accords.” l se croimoins le épreuves lus facile nars de la à là quelbilimenio est situé conduit à e de mar-
écrasant, aquinant ’entraîne ne variera ésigne les e chacun autres !
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m'écrit de Saint-Claude dans le Jura : Je suis en route pour Rome ; mais il me faut faire halte ici, à Annecy et à la Grande Chartreuse.…J'arriverai à Rome vers le milieu de la semaine.”
Le temps est d’un beau ravissant, Rien de plus charmant que le mois d’avril à Rome. Chaleur douce, feuilles dans les arbres, fleurs dans les parterres, senteurs embaumées, lumière pourprée, ciel d’un azur immaculé : c’est le plus beau mois de l’année.
Jendi, 24 avril.— Ce matin après ma messe, la supérieure me remettait un télégramme cacheté, Le cœur me battit bien fort. Vient-il d'Amérique ? est-ce une mauvaise nouvelle ? m'annonce-t-il un malheur à St.-Lin ? Je me mis à genoux sur le prie-dieu, et fis une courte prière ; puis je brisai le cachet d’une main tremblante,
“ Pise, j'arriverai ce soir à 11 heures et 13 minutes. A. Labelle. ”
Je poussai un soupir de soulagement.—La nouvelle arrivait trop tard. J'aurais dû la recevoir la veille au soir, J'aurais été recevoir Mgr Labelle, à la gare et je l’aurais awené coucher ici,
Il descendit à un hôtel dans le voisinage. Je l’ignorais. À 9 heures, j'allais porter mes épreuves à la place du Gesu, puis je gagnai à St-Louis des Français. M. Labelle n'y était pas. Je laissai une carte. Je revins au Collège Canadien. Il n'avait pas encore fait là d'apparition. Je laissai une seconde curti, et m'en revins chez moi. d:
A 11 heures on me demande au salon ; grande joie de se revoir sur la terre étrangère. Il m’annonce qu'il est ici pour deux mois. Il ne part qu’à trois heures, tout le temps son cocher attendant à la porte.
[1 me dit: “Où dois-je aller loger...? Je ne puis descendre au Collège Canadien.—Dans ce cas, lui dis-je, n’allez pas à St-Louis des Français. Quant à rester ici, il n’y a pas à y penser. Vous n'êtes pas un homme de couvent. Du reste ne vous mettez pas chez les prêtres ; avec vos affaires multiples,