‹ En Europe [microforme]Chapitre 39 sur 59 · D DE 2 PL DE RS PTE · texte numérisé non relu

D DE 2 PL DE RS PTE

M..Belnoue a été touché de son scapulaire. C’est une âme

sensible qui n'est pas indifférente aux attentions délicates,

Il vous remercie. Je vais le perdre. Il part landi, dit-il, pour Munich en Bavière, où il va passer l'été, Il y fait moins chaud et la vie coûte moins cher. M. Belnoue est un ancien professeur au petit séminaire de Chartres, qui a enseigné vingt. cinq ans, prêtre digne, fatigué, qui se repose depuis trois ans pour refaire sa santé. Il a beaucoup voyagé, a visité la Terre. Sainte, l'Allemagne, la Suisse et'l’ Angleterre, sans compter la France et l'Italie. Il est humble et pieux. Ce m'était un bon ami. Il m’a rendu de grands services, non seulement pour copier, mais encore dans la correction des épreuves. Il connaît à fond les mille et une minuties de l’orthographe française. Tout de même pour moi le gros du copiage est fini. Je remercie la Providence d’avoir mis ce prêtre digne et sympathique sur mon chemin, Mon voyage en Grèce est flambé, le séjour à Rome se prolongeant trop. D'un autre côté, je vais connaître Rome comme Montréal, et je me mets au courant de bien des choses, qu’il sera toujours utile de savoir. Bon soir !

Dimanche 4 mai. — J'ai diné avec Mgr Labelle et Mgr Baroncini, chez le Père Tenaillon. J'avais reçu dans l’avantmidi ce mot de Mgr Labelle : “ Cher ami, j'ai ln votre mémoire avec un grand plaisir. Il est logique, clair, concluant. La chaîne de l'argumentation se soutient d’un bout à l’autre, et celle de Québec me paraît rompue en plus d’un endroit, À mes yeux, ce mémoire assure le gain de votre cause, Enfin la cause de Montréal a donc été plaidée parfaitement une bonne seule fois, et c'est celle-ci. (C’est une grande consolation pour moi de pouvoir dire : le plaidoyer est complet sous toutes ses faces. Si l’on perd, le cause a été magnifiquement plaidée, Je n'ai pu me rendre ce témoignage dans les autres plaidoyers de Montréal. Celui-ci soulage ma conscience.”

M. Belnoue ne partira pas maintenant, J’en suis fort heureux. Je lui ai trouvé de l'ouvrage chez Mgr Labelle, Voici l'introduction que je lui donnai :

, âme cates.

dit-il, moins ancien vingtis ans Terrepter la )n ami.

T, mais 38 mille ne pour vidence min.

se pro- } comme 8, qu'il

et Mgr

l’avantmémoire ant. La

autre, et , À mes la cause ne seule our moi es faces.

x n'ai pu e Mont-

ort heu- Voici

“ J’ai entendu dire que vous aviez de l'écriture à faire faire. Dans ce cas-là si vous n’avez pris encore aucun engagement, je me permettrai de vous présenter M. Belnoue . Vous ne pouvez trouver mieux, nulle part Il a une belle main, il est très discret, il conn:ft à fond toutes les minuties de l'orthographe française, et il entend parfaitement ces choses-là. 11 m’a rendu sous ce rapport de très grands services. Il m'a épargné un gros mois de travail, sans compter qu'il a soulagé mes journées et m'a rendu agréable le séjour de Rome dans les circonstances. Il me semble que vous feriez bien de copier toutes vos lettres et tous vos documents dans un cahier, comme celui que je vous envoie pour l’examiner, On sauve beaucoup de temps et de trouble, quand il faut référer à une pièce justificative. Vous pourriez même mettre un index à la fin du cahier. M. Belnoue devait partir pour Munich en Bavière, lundi ; mais si vous étiez prêt à lui donner de l'ouvrage dès maintenant, il retarderait son départ d'autant de semaines qu'il sera nécessaire. Enfin ayant trouvé l’homme aisé, facile et maniable, tel qu’il le faut pour ce genre de travail, j'ai voulu vous assurer ses services, si vous en aviez besoin, n'ayant pas oublié ce que je vous dois moi-même.”

M. Belnoue restant, je profiterai de sa présence. J'ai reçu des lettres de Mélina, d’Adéline et de Marie-Louise. En rentrant je trou vai sur ma table la lettre de celui qui s'appelle luimême le Vicaire Noir,avec une lettre de Madame Judes Ethier. Je me trouve à suivre les affaires de St-Lin de près, comme celles de la Propagande. M. Payette m'a écrit de la capitale fédérale, Au revoir ! et priez pour moi. Il faut en prendre son parti, je fais une affaire qui est longue ; mais, comme toutes

‘ les choses humaines, ça finira.

+ Lundi, 5 mai, — J'ai reçu votre lettre datée d'Ottawa. Je suis heureux que vous Vous soyiez donné une petite vacance pour vous refaire des fatigues du carême. Comme cela, on croit dans la Capitale que je pourrais bien m'occuper ici d’autres choses que de l’Université !

Le Père Paradis est arrivé à Rome depuis huit jours. Il est venu me voir, et m'assure que sa cause va entrer cette fois ré. gulièrement, Avec d’autres choses, ce qui va lui nuire, c’est qu’il veut se mettre fondateur d’un ordre qui s’appellera

] “ Missionnaires Oblats de St-Jean Baptiste,” ayant pour motto : I Vox clamantis in deserto. Il pourrait bien en effet crier dans i le désert, Ses idées sont exposées dans un petit volume de a cinquante pages, où le bon grain est mêlé à l’ivraie. (Ce n’est Ÿ pas le moment, lorsqu'il veut rentrer de force dans sa commu- 1 nauté, de se poser en fondateur, L’un exclut l’autre. é M. Belnoue a été voir Mgr Labelle, et il en est revenu avec une botte de documents qu’il doit copier trois fois. (Cela lui E v donne de l'ouvrage, des revenus et lui permet de rester avec m nous, Je sais qu'il lui est agréable de prolonger son séjour à a] Rome, et je me réjouis d’en être la cause accidentelle. b je Les forces reviennent complètement, avec l'appétit. Je sens in la vigueur reprendre tous mes nerfs. Mais 1 faut avouer que le

j'ai été soigné avec intelligence, avec des attentions toutes ma. ternelles par un ange de bonté et de délicatesse. J'ai compris encore une fois ce que je sais depuis longtemps, que la manière de rendre un service peut en doubler le prix, quand elle est dictée par les meilleurs sentiments de l’âme. Buana notte! madre et fratre.

À M. J. O. Cabana, ptre. — Mon cher ami, j'ai reçu votre lettre du 16 avril, alors que vous étiez curé de Ste-Henriette, et que vous visitiez cette côte chère à votre cœur. Fanne !… Betsy… Vous n’avez pas besoin d’excuse, car personne ne vous accuse, Le proverbe dit : Mieux vaut tard que jamais.

Vous vous appelez le “ Vicaire Noir ” par opposition, je suppose, à la couleur rouge, et aucunement pour médire de ce poil-là, qui généralement est très fin, luisant et chic. Du reste, l'Ecriture elle-même ne dit-elle pas: “ Nigra sum, sed formos8a.” De formosa à formosus, il n’y a pas loin; et pourqui ne serait-ce pas à vous que s’appliquerait ce vers de Virgile :

Formosus Corydon ardebat Alexin,

Il est fois rée, c’est ypellera motto :

er dans lume de Ce n’est commu-

nu avec Cela lui ter avec séjour à

Je sens rouer que outes mai compris a manière d -elle est

na notte !

eçu votre Henriette, anne !….

e ne vous ais.

bn, je SUpdire de ce Du reste, , sed f0”pourquoi irgile :

J’ai reçu une lettre de St-Lin, qui me parle de votre passage aux soucis de la cure : “ M. Payette est à Ottawa. M. Cabana est un bon petit curé, obligeant, sans un sou de malice.” C’est un certificat sérieux. Avec la douceur, on va {loin : “ Bienheureux les doux, car ils possèderont la terre.” Surtout quand ils ne prêchent pas longtemps. Il vaut mieux rester sur son appétit que de trop manger. Il paraît qu'il en sera parlé de votre semaine sainte. Un autre m'écrit : “Que c'était donc beau le jour de Pâques ! et les oflices de la Semaine Sainte avaient été bien imposants.”

Rien d'étonnant que vos cérémonies soient si gracieuses, et vos paroles si sucrées, quand on a visité tant de cabanes à sucre, mangé tant de tir, de foques et de tremprettes, que huit jours après les boyaux en geignent encore. Pendant ce temps-là, ici, je mangeais des pilules de Kusso, à peu près ce que l’on peut imaginer de plus désegréable au goût, sans compter que lacouleur ne dit rien qui vaille. à

Au revoir ! vous dites axe vous avez hâte que je retourne : hâte partagée, croyez-moi. Cependant une chose me console, c’est que je suis tranquille sur ma paroisse, de quelque côté que je me tourne et que je dise comme au jeu de la bataille, rouge ou noir ! Vale. Ora pro me. Et persuasum hab» quod tibi sum Totus in Christo.

Mardi, 6 mai. — Bonne nouvelle ! Monseigneur Labelle, ces jours-ci, a été voir le cardinal Simeoni ; Son Eminence lui a parlé très favorablement de mes projets. Hier soir, il rencontrait Mgr Jacobini qui lui dit : “ Nous sommes pour donner une réponse favorable à M. Proulx, mais je ne lui ai pas encore annoncé la nouvelle. Nous attendons pour cela son mémoire, Ne lui dites rien.” Mgr Labelle était tenu au secret, c’est pour cela qu’il s'est depêché de me le dire. Que l’on me réservait une réponse favorable, je m'en doutais fort bien, c'était facile à voir ; mais enfin le mot n'avait pas encore été lâché. Tout de même, ce m'est un plaisir de le savoir d’une manière formelle. J’ai plus de courage pour travailler. Vous ne sauriez croire

RESORTS NÉ EMNR re PE OMIS AE DEEE

ET ne à

le soin que je voudrais apporter à la rédaction de ces mérnoires ; ce sont, voyez-vous, des pièces qui resteront. Je me couche content et je vous invite à bénir le bon Dieu avec moi.

A Madame J'udes Ethier.—Madame, j'ai l'honneur d’accuser réception de votre lettre du 20 avril, et je vous remercie de toutes les bonnes paroles qu’elle renferme. Je comprends vos joies maternelles en voyant Ubald prendre part d’une manière active aux offices de l’église pendant la Semaine Sainte, Votre foi vous fait comprendre la hauteur des fonctions auxquelles Dieu l’appelle. Mère chrétienne, c’est là la plus belle récompense de tous les sacrifices que vous vous êtes imposés pour l'éducation de votre famille. Si j'ai pu faire quelque chose pour Ubald, j'en suis heureux. Pour moi personnellement jusqu'ici, je n’ai eu qu’à me louer de lui. Il faut espérer que Dieu finira son œuvre et que, avant longtemps, il vous sera donn£ de voir monter vptre fils à l’autel.

Quand je suis parti cet hiver, je calculais bien revenir pour le mois de Marie à St-Lin ; mais l’homme propose et Dieu dispose. Cette prolongation d'absence est pour moi un supplice. Mes affaires vont bien”; mais à Rome, C’est le pays des gens pas pressés. Du reste, ces lenteurs sont sages, et j'en comprends la nécessité. Je me fais d'avance un gros plaisir de mon retour à St-Lin. Je retournerai chargé des bénédictions du Saint Père our les paroissiens de St-Lin et de bien d’autres choses,

Je me recommande à vos bonnes prières. Je salue votre mari, votre père et son épouse, votre beau-père et son épouse. Vous direz au Père Breume qu'il ait bien soin de sa vieille ; car, s’il la perd, pour le coup, je lui refuserai un certificat pour aller en chercher une cinquième dans les paroisses voisines. Ma santé est bonne. Vous n'oubliez pas sans doute, que

l’année dernière, à peu près à même époque, vous avez été Le . préservée d'un grand accident, probablement par la protection TA d’un petit ange qui prie pour vous au ciel. feuilla Au revoir ! et croyez-moi, etc... prée s A Monsieur Ephrem Hudon.—Monsieur, mieux vaut tard ne

que jamais, c’est pourquoi, je viens remplir aujourd’hui la pro-

messe que je vous ai faite de vous écrire. Mais je n’avais pas

res ; encore visité votre cimetière de Capucins. Quoi! vous avez uche le courage de trouver cela beau !...C'est une horreur...Je l’ai

parcouru les cheveux droits sur la tête et le frisson dans les and veines. Tout de même il est curieux, en même temps que ie de saisissant, de visiter ces vastes caveaux bien éclairés, cette s vos voûte et ces parois ornés de dessins, de rosaces, de guirlandes, nière de lustres suspendus faits d’ossements humains. En voyant Votre dans l'attitude de la prière et du somineil, apparaître ces morts, uelles anciens et nouveaux, revêtus de leur robe grossière, on croirait écom- assister à la résurrection du jugement dernier. Dans tous les :) sème cas, je ne conseillerais pas à Madame Hudon de visiter ce chose souterrain, c’est pire que traverser de l’île d'Orléans à Ste-Anne. ement Mes affaires vont bien. Mon voyage se prolonge. J'ai bien x. que hâte de retourner. Quand bien même on voudrait me retenir, [S SeTa

ici, pour avoir le spécimen d’un beau canayen, n'allez pas craindre que je reste. Rome a de beaux monuments, aucun ne Q e û , 0 ir pour me parle au cœur comme le clocher de St-Lin. Le Péncio

eu dis- vaut-il cette rue qui longe une petite rivière, sur le bord de pplice. laquelle s'élève un cottage où se trouve, à l'étage supérieur, ès gens une gentille petite chapelle, et où l’on croque de si bonne tir. aprends

M. Cousineau en retient un bâton pour la prochaine fois qu’il ira y dire la messe, . J'apprends que Madame Hudon se mêle encore d’être malade, Allons, qu’elle soit sage. Je lui envoie dans ce but un Sacré-Cœur de Jésus. Pour vous, j'ajoute un Très-Saint Cœur de Marie. Vous lui adresserez pour moi une petite prière, lorsque vous irez à l'Eglise pour le Chemin de la croix. Comme je sais | que tous les étés, Madame Hudon prend une fille pour l'aider, je lui envoie une Lumina italienne.

Il n’est pas possible de souhaiter une plus belle température : sur la terre que celle du mois d'avril et de la première partie | de mai à Rome : beau: ciel pur. douce chaleur, verdure du feuillage, parfums des fleurs, chants des oiseaux, lumière pour- | prée du soleil, partant gaieté dans l'atmosphère et dans les cœurs. Il ne manque qu’une chose, une petite brise des Lau-

retour nt Père

votre épouse.

rieille ; t pour bisines.

e, que rez été ection

t tard la pro-

rentides. En attendant que j'aille ia respirer avec vous, croyez que je demeure avec considération, etc.

Mercredi T mai.—Oui, bénissons le bon Dieu. Il nous à fait une vie bien douce, Il nous a donné les biens de la terre avec largesse. Horacc appelait cet état “la médiocrité dorée.” Ceux qui sont très riches, généralement sont inquiets, et ont uue foule de désirs qu'ils ne peuvent satisfaire. Ceux qui sont très pauvres ont besoin d’une grande patience, pour ne pas murmurer, Pour nous, nous n'avons jamais manqué de rien, ni nécessaire, ni superflu. Notre maison est un nid propre et chaud, Notre table est abondante. Notre lit est mol, excepté le mien ; mais c’est que je préfère coucher sur la dure.

Dieu a tourné notre âmo vers les choses d’en haut.

Vous y pensez sans doute, N'importe. Je vous le dirai. N'oupaiement bliez pas que le mois de juin est consacré à recevoir un de la réparation. Il faudra en avertir les paroissiens d'avance, Vous choisirez au moins une couple de jours chaque semaine, où vous vous tiendrez au bureau. Arrangez cela comme il vous plaira, vous rappelant toujours qu’à la campagne, il faut donner plus de latitude qu’à la ville. Ce serait mieux si on pouvait les soumettre complètement à la règle, mais le mieux n’est pas de ce monde, Ce sont là les petits inconvénients du métier.

Le premier de mai, lartillerie et la cavalerie se sont promenées toute la journée dans la ville, pour prévenir les manifestations d'ouvriers ; et tout le temps d'ouvriers manifestants, il n’y en avait point. Les italiens sont des gens prudents. Ils savent se battre sans verser de sang, et faire des révolutions sans se tirer inutilement. Il n’est pas moins vrai qu’ils ont la finesse en partage. Sans sacrifier le principe, ils savent être opportunistes jusqu’à l'extrême limite pour le bien comme pour le mal. Leur esprit est délié, ils ont le génie des distinctions ; et à la vivacité des Français, ils joignent le flegme de l'Anglais et la lenteur de l'Allemand. C’est un peuple fait pour la diplomatie. Humainement parlant le centre de l’église ne pouvait être

comme eux ménager la susceptibilité des autres nationalités.

mieux placé qu’au milieu de l'Italie. Pas un peuple ne saurait |

tro pla Nr affa vot:

risq Par:

Û tena se t Ce Sacr men mais ren audié et to Le reste confe rition profit paup

croyez

nous à \ terre

dorée.”

et ont

ux qui our ne qué de nid proest mol, la dure.

à. N'ouvoir un d'avance.

maine, où ous plainner plus t les soubas de ce nt promemanifesestants, il ents. Ils évolutions ils ont la vent être mme pour inctions ; Y'Anglais la diplobu vait être

ationalités.

ne saurait

Page 1