DERNIERE ETAPPE EN FRANCE
Vendredi, 25 juillet. — Levé tard. A 10 heures je partais avec M. Bellenoue pour Issy où je voulais rencontrer M. Colin et M. Captier. Celui-ci était absent, je passai avec M. Colin quatre heures qui m'ont été d’une grande utilité. Le recte de l'après-midi, je visitai de nouveau les places de Paris qui m'étaient si bien connues, J'avais envie d’un achat de livres sur les quais ; mais je n’ai pas le temps de faire mon choix à loisir, et à mon goût. J'y renonce.
Je n'ai pas oublié que, aujourd’hui, est l'anniversaire de mon ordination sacerdotale, et qu’il y a vingt-un ans j'avais le bonheur d’être admis à célébrer le sacrifice divin secundum ordimem Melchisedech.. Que Dieu en soit éternellement béni !
Samedi, 26 judllet, -- Avec Mgr Labelle j'allai dîner chez les Pères du S. Sacrement. Je revins au credit Lyonnais retirer cent piastres, puis j'allai veiller chez Madame de Villeneuve, femme très riche, qui n’ayant pas d'enfant, a adopté un petit canadien d’une couple d'années, et l'élève comme son fils. Il a maintenant six ans. Sainte Anne, priez pour nous.
Dimanche, 27 juillet. — Messe à la Madeleine. Dîner avec Mgr Labelle et M. Bellenoue chez M. Biron, prêtre ami du Canada. Souper chez Madame de Villeneuve, d'où nous revîmes tous trois à dix heures du soir,
Lundi, 28 juillet, — Je pars à 9 heures pour Adon, chez M. Rameau ; j'en reviendrai mercredi, Mgr Labelle viendra me rejoindre ce soir, Fe
en 284 — Quand cette lettre vous parviendra, je serai sur mer ; priez pour moi. :
* J'arriverai à Montréal probablement le mardi, Comme je devrai aller voir d’abord Mgr Fabre qui sera peut-être absent de la ville, comme j'irai de suite rencontrer le cardinal Taschereau, je ne pourrai me rendre à St-Lin que le samedi. Je serais heureux que vous veniez me rencontrer à Montréal, ma chère mère, et vous passeriez la journée chez Adéline, Je vous téléphonerai de New-York. Au revoir ! que Dieu vous conserve !
À 9 heures 4 départ pour Adon. A midi je débarque à
Gien. Madume et mademoiselle Rameau sont là avec leur voiture, Une heure et demi après, nous arrivons à la maison, dans une campagne solitaire, entourée de bois, de prairies et de champ de blé, Long repas et longue conversation dans le salon. Promenade avant souper à travers la ferme qui a plus de quatorze cents arpents. ” De retour pour souper, nous trouvons Mgr Labelle qui s’est fait amener de Gien par un cocher. Coucher à minuit,
Mardi, 29 juillet. — Départ de Mgr Labelle à 10 heures pour Orléans. Toujours distrait il emporte mon chapeau. 11 n’y gagne pas, le sien vaut mieux que le mien, Journée de repos, de lecture et de conversation. Après souper nous allons tous ensembie faire une promenade dans le bois.
Mercredi, 30 juillet, — A 11 heures Madame et Mademoiselle Rameau viennent me conduire à Nogent pour prendre le train sur Paris. Je leur fais mes derniers adieux à midi, Tout ce monde vous envoie leurs compliments,
Je vous écris dans le train, Je coucherai à Paris et je partirai demain matin pour Rouen, et demain soir ou vendredi matin je serai au Havre. Je me rends une journée avant le départ, pour voir à mon bagage qui doit être rendu là depuis plusieurs jours. (Ces feuilles arriveront peut-être après moi
par voie d'Angleterre. N'importe ! je n'aurai pas passé une
seule journée sans vous écrire, Ce vous est une preuve que je ne vous oublie pas. A:1 revoir, Venez me rencontrer à Montréal.
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