DE VERTOU A PARIS
Mercredi, 23 juillet, — En route pour le Mans. Je-ne ferai que toucher Nantes, sans y arrêter, Après ma messe ce matin, M. le Curé Marigny w’a envoyé cunduire à la gare que je quitterai à 8 heures moins dix minutes. Hier soir j'ai donné la bénédiction du S. Sacrement, A cet exercice comme à la messe de ce jour, j'ai prié pour mes ancêtres français et canadiens : quelle agréable suprise pour eux, si par hasard, ils étaient en besoin de secours !
À 8 heures 25, je quittais Nantes, et remontais la belle val-
lée de la Loire, à 104 j'étais à Angers. J'ai visité ces deux
villes il y a cinq ans. Passant dans le voisinage de La Flèche,
où vivait un des principaux promoteurs de l’œuvre de Montréal, M. le Royer de la Dauversière, j'atteignis le Mans à midi. $ Je me fis conduire à l'Hôtel du Saumon, où je logeai il y a Fe cinq ans passés : jy habite la même chambre, qui a une belle vue sur la place des Halles.
Après dîner, je gagnai la Préfecture pour y faire des recherches, on me renvoya à la Mairie. Là, presque en arrivant, je tombai sur l'acte de baptême de notre aïeul à la cinquième génération, ainsi conçu ; 1631, mais le onzième a été baptisé Gilles fils de François Lozon et L ..... ? Parrain Paul Lozon, marraine Martine. Bona !
Alors je pris une voiture pour visiter en détail ces lieux saints qu'avait habits pendant 21 ans notre ancêtre ; car il a passé au Canada en l’année 1652, D’abord je vis Notre-Dame de la Couture, église aux beaux tableaux, où fut baptisé Gilles Lauzon ; puis la cathédrale de St-Julien, édifice noble et grandiose ; puis trois églises paroïissiales qui n’ont pas grand valeur, St..........…, St-Benoit et Pont-lieu. Je fis aussi une petite
visite aux sœurs Marianites de Ste-Croix. La fondatrice n’est tand plus supérieure, l’ancien chapelain est parti ; et Sr St-Alphonse Shin l’ancienne Supérieure de St-Laurent, que vous avez conr ue est sept morte, il y a trois ans, foudroyée par l’apoplexie dans une église leno de Paul où elle était allée faire sa visite au St-Sacrement. Cela ble, m'a surpris, et fait de la peine. J’aurais eu un véritable plaisir cond à la revoir. J'ai été reçu poliment, pas plus; car ces sœurs la ce n’ignorent pas que c’est moi qui ai fait le principal travail à . fall Rome il y a dix ans pour obtenir leur séparation de leur pro- pass vince du Canada. J:
Le Mans est situé au milieu d'un joli pays agricole, sillonné trois de collines peu élevées, de côteaux bieu cultivés, d’agréables | gagr vallées divisées par des haies vives au milieu lesquelles A s'élèvent bon nombre d'arbres de haute futaie, à travers les- une quelles serpentent nombre de petites rivières : ce qui donne à | lettr
la contrée l’aspect d’une immense forêt bien arrosée, Outre ‘notre grand père, il est sorti du Mans une foule
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d'hommes connus : Henri Plantagenet qui fut roi d'Angleterre, Jean le Bon, roi de France, Don Guéranger, abbé de Solesmes, etc.
Déguisé sous mon capot gris, je me promenai à travers les rues et les places ;usqu’à 10 heures du soir. La population a un caractère calme, tranquille, réservé qui me plaît. C'est que le catholicisme a encore ici son influence,
Jeudi, 24 juillet, — Je partirai à 84 h. pour Chartres, où j'arrêterai. Je connais bien Chartres pour l'avoir visité soigueusement dans mon dernier voyage. Ce qui m'attire là aujourd’hui ce n’est donc pas la cathédrale, c’est mon bon ami M. Bellenoue, je lui dois cette visite; car il m'a été trop agréable et utile à Rome. Sans son secours, je n'aurais jamais
pu mettre au jour ces six mémoires en aussi peu de temps,
Je suis à Chartres. Je descendis à l'hôtel du duc de Chartres, et dînai, puis partis à la recherche de M. Bellenoue ; me trompant de couvent, j'allai frapper au Sacré-Cœur, on me renvoie à Bonsecours, 11 n’y était pas, dtnant chez les Visitandines, Une sœur vint m'y conduire. Le diner se prenait chez le chapelain. Enfin je tombai en plein fricot. Il y avait sept prêtres dont deux grands vicaires. Après diner M. Bellenoue me conduisit chez Mgr Lagrange qui me fut très aimable, me garda longtemps, jasa amicalement, Puis, sous la conduite de M. Bellenoue qui la connaissait très bien, je visitai la cathédrale, qui est si belle. Chose singulière, peu s'en est fallu que je ne me sois rencontré ici avec Mgr Labelle, qui a passé à Chartres la journée d’hier.
Je vois que cela fait plaisir à M. Bellenoue de venir passer trois à quatre jours à Paris. Je l'amène avec moi. 1l a bien gagné cela, m'ayant soulagé si efficacement à Rome,
A 8 heures entrée triomphante au Retino. Je trouve ici une nombreuse correspondance, au milieu de la quelle vos lettres du 29 juin, 3, 6 et 9 juillet, Celle du 29 juin a été se promener à Rome et est revenue ici. Je répondrai demain ou
. après demain. Je vous envoie sous ce pli deux lettres. N'allez
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pas vous effrayer du mot revenu à Montréal, il vient d’une histoire mal comprise, Quand je quittai la via Bilazzo, la supérieure me demanda : quand nous reverrons-nous ? Je lui répondis en riant : “ l'hiver prochain, ” et voilà.
Mgr Labelle est entré à 9 heures et il m'a fait veiller jusqu’à minuit, Je vais passer trois jours à Paris. Lundi j'irai voir M. Rameau à 20 ou 25 lieues d'ici. Jeudi ou vendredi prochain, je mé rendrai au Havre, et samedi à 9 heures du matin, je lèverai l'ancre et enflerai mes voiles pour aller voir la plus
belle des paroisses et la meilleure des mères,