En Europe: par ci
J'ai ouï (lire que Monsieur le Curé de St-Lin vous avait communiqué, durant son dernier voyage, une série de notes. Ces notes doivent être très intéressantes, si j'en juge par ce que le Révérend M. J. B. Pr^^Hilx a déjà })ublié dans ce genre.
::^t.rait-il possible de mettre ce journal de voilage sous les yeux des lecteurs de la Famille f
Je vous en serais très reconnaissant, ainsi quVi Monsieur le Vice- Recteur.
Votre tout dévoué
F. A. BAILLAIRGÉ, Ptre
Montréal, 3 janvier 1891.
Le Révérend G. Fayette, desservant de la paroisse de St-Lin. Mon cher ami,
J'ai l'honneur d'accuser réception de votre missive, avec laquelle vous m'envoyez, sous une même enveloppe, une lettre de M. l'abbé Baillairgé.
Je n'ai aucune objection à ce que la Famille publie mon journal de Rome ; même c'est un grand honneur à faire à ma prose de voyage, écrite à la vapeur, tantôt dans un wagon de chemin de fer, tantôt sur le tillac d'un paquebot transatlantique, tantôt sur les sofas d'un antichambre, presque toujours sur mon genou, rarement sur les quatre pieds solides d'une table-
Je n'y mets que deux conditions : la première, que vous éliminiez vous-même tout ce qui tend à l'intimité, ou se rapporte aux affaires de ma mission auprès du Saint-Siège ; la seconde, que, si mes lettres endorment le lecteur, je n'en sois tenu responsable aucunement.
Pour le reste, je l'abandonne volontiers à la grâce de Dieu et à la
bienveillance de mes amis, au nombre desquels vous pouvez compter
n'être pas le dernier.
J.-B. FROULX, Fire
St-Lin des Laurentides, 6 janvier 1891.
Le KÉVi ., ..^LAIRGB, COLL>,GE JoLIETTE
Je suis heureux de pouvoir vous envoyer le journal que vous me demandez, et je souhaite qu'il fasse passer cà vos lecteurs d'aussi agréables moments qu'il m'en a causés à moi-même.
Je vous ferai remarquer que M. Proulx pendant son voyage, n'a pas laissé passer un seul jour, sans adresser un mot, notes, journal, ou lettres à ses amis de St-Lin ; je réunis suivant l'ordre des dates ces feuilles diverses en un seul tout, qui n'en aura que plus de variété, 'v
J'intitule le travail : En Europe, par ci, par là, et après une entrée^ De Montréal à Montréal, je le divise en trois parties : lo De Montréal àf Rome ; 2o à Rome ; 3o De Rome à Montréal.
Tout en désirant me conformer autant que possible aux conditions imposées par l'auteur, quelquefois cependant j'ai peut-être manqué à la consigne en n'éliminant pas certaines réflexions qui assurément n'ojit pas été écrites pour le public, mais qui, d'un autre côté, ne compromettant personne, font le charme de ce genre de correspondance. J'ai voulu, dans le choix de ces communications, tenir un juste milieu entre trop d'abandon et trop de sévérité.
SoL'haitant, au commencement de cette nouvelle année, longue vie à votre revue, je demeure,
Avec une haute considération.
Monsieur l'abbé
Votre très dévoué serviteur
J. G. FAYETTE, Ptre