‹ En Europe: par ciChapitre 18 sur 33 · IÔ · texte numérisé non relu

IÔ

CHAPITKE HUITIÈME

Mercredi, 2 avril. A onze heures nne bonne messagère est arrivée du Canada. Elle est partie le 19 mars.

Vous désirez des détails sur ma résidence.

" Votre couvent est-il grand ? " Un peu plus long que celui de St.-Lin. Il a quatre étages, avec plus d'espace entre le» planchers. La maison est bâtie avec luxe. Les plafonds sont peints à fresque, avec des dessins de différents patrons. Audessus de ma tête, j*ai, suspendu en peinture, un violon avec son archet entrelacé dans les fleurs.

"Y a-t-il beaucoup de pensionnaires."

Ce couvent ne renferme pas d'élèves, les sceurs sont d'un ordre de charité. 11 y a cependant quatre petites orphelines italiennes, de huit à neuf ans, dont l'une est jolie comme un ange, et qui s'appelle Angelina. De plus trois grandes orphelines de quinze à vingt ans, dont deux françaises, sont employées comme servantes. Un côté de la maison est pour les hommes pensionnaires, l'autre pour les dames ; l'escalier seul est commun. De ce temps- ci, à la table des hommes prennent leur réfection : le chapelain, jeune prêtre de trente ans, français de Paris, M. Morlot, le petit cousin de l'ancien cardinal de ce nom; le Père Mortier, dominicain que les médecins ont envoyé en Italie pour sa santé ; M. Belnoue, prêtre de Chartres, qui est à Eome depuis deux ans, celui qui, depuis quelque temps, me sert de secrétaire ; M. Oudineta, laïque, envoyé extraordinairement du Venezuela auprès du S. Siège ; un ecclésiastique allemand qui relève de maladie ; un prêtre en voyage ^I. Chaillon; un ancien militaire, qui fait soigner ses yeux M. Martilli ; et un canadien que vous connaissez bien. J'oubliais le plus gros bonnet, Mgr. Merlini Nolti, employé de la j)ropagande. Du côté des dames, elles sont plus nombreuses, une quinzaine environ. Je ne les connais pas toutes. Il y a une comtesse,

maussade, capricieuse, qui ressemble à Ma lame R... ; une maîtresse d'école qui enseigue dans la ville ; une vieille fille, impossible, qui ne peut rester nulle part ailleurs, paraît-il ; deux demoiselles Filose des Indes, riches, qui sont à Roiiie depuis vingt mois, âgées de 20 et 22 ans, etc.

Le quatrième étage est un hôpital dont la population change avec les semaines et avec les jours. Les sœurs françaises sont reconnues pour leur esprit d'ordre et leur fidélité à faire remplir les prescriptions médicales. Les premiers médecins de la ville, lorsqu'ils ont des cas difficiles, qui demandent un traitement suivi et exact, envoient ici leurs patients. Il ne se passe guère de jours, sans qu'il y ait quelque opération, cataiacte, pierre, ulcère, tumeur, cancer. Tous ces cas sont payants, plus ou moins. A part les sœurs, la population actuelle de la maison est cinquante-deux.

" Les sœurs sont-elles nombreuses ? " Dix, toutes assez jeunes, excepté la supérieuie, qui est dans la soixantaine.

'• Sont-elles malignes comme à St-Lin ? " Question indiscrète. . Elles sont vraiment bonnes, dévouées, attentives. Mais elles ne sont pas meilleures qu'à St-Lin.

La supérieure s'appelle la TYière supérieure, l'assistante Sr Providence, la portière Sr Saint Marême, l'infirmière, en chef, Sr Ste Anaïs, la sœur du réfectoire Sr Sainte Véronique, et les autres je ne sais comment.

" Sont-elles italiennes ou françaises ? " Toutes françaises, excepté Sr Sainte Véronique qui est moitié anglaise, moitié irlandaise. La maison mère est à Tours. D'abord cette résidence fut fondée dans le fcut d'y mettre trois sœurs pour avoir une procure à Rome. Puis on prit quelques pensionnaires pour aider à payer les dépenses ; puis, l'appétit venant en mangeant, on finit par étendre l'œuvre aux proportions qu'elle a maintenant. Et cette supérieure n'a pas dit son dernier mot, la gradation est ascendante ; je crois qu'elle pense à de plus grands développements. Le fait est qu'on est très bien ici.

Quant au costume des religieuses, comme j'ai lu par lil uia-

gnétique que vous aviez des curiosités sur ce couvent, dès lundi, trois jours avant la réception de votre lettre, je voua l'ai décrit, et j'ai fait en sorte que la supérieure vous envoie différentes images qui vous parlent mieux qu'une description par écrit.

Votre curiosité est sans doute satisfaite !

Jeudi, 3 avril. — A 4J heures, j'étais à St-Jean de Latran pour assister à Ténèbres, et entendre chanter les lamentations. Il y avait foule, pas pour emplir l'église, mais pour empêcher d'approcher du chœur. C'était beau. Plaintes tendres, cris douloureux, gémissements tristes, psalmodies bruyantes, accords polissants, voix sonores, sopranos argentins, vibrations claires et limpides, harmonies déliées, mélodies, symphonies, frémissements et soupirs, c'était l'écho de la douleur qui se promenait sous les voûtes, dans les nefs, à travers les arcades.

C'était beau, cependant je préfère notre semaine sainte. Ici trop de curieux. La piété est dérangée par ce va-et-vient, par ce chuchottement continuel. Pas de chaises, pas de bancs pour s'asseoir ; la jambe se fatigue, et la prière aussi. Il n'y a pas ce silence, ce recueillement, cet ordre, et ce respect attentif qui règne dans nos églises. Vive Saint- Lin !

Je viens de recevoir une invitation : " M. Palin d'Abonville, supérieur du collège canadien, invite M. le Vice-Recteur de l'Université Laval à Montréal, à dîner à 12 J heures, le jour de Pâques, et lui^offre ses sincères souhaits de joyeuse fête pascale."

Ne voilà-t-il pas que le sommeil vient encore appesantir mes paupières, mes pensées et ma plume ! Notre Père etc, Je vous salue, Marie, etc, Bonsoir ! Et dormons dans le Seigneur, le Seigneur qui nous est si bon.

Vendredi 4 avril. — J'ai mal à la tête. Première indisposition depuis un mois. Bien que mes mémoires pressent, je n'ai rien fait aujourd'hui, il faut bien ménager cette pauvre bête. A dix heures, je suis allé à Ste Croix de Jérusalem, et

après le chant de la passion, je m'en suis revenu de suite. Cette après-midi, ayant écrit une lettre à Monseigneur l'archevêque de Montréal, puis une autre à M. C..., je suis sorti au grand air avec M, Belnoue, petits pas. Ce soir je vais prendre de la magnésie, et demain matin une médecine. Voyez comme je suis raisonnable ! Et ce qu'il y a de commode, étant dans une pension qui est à la fuis un hôpital, je n'ai pas loin à courir pour trouver des infirmières.

Samedi saint 5 avril. — Médecine, bile, et à 4 heures visite à l'église des Arméniens, où l'on disait la messe, voilà ma journée. Oui, oui, la messe à quatre heures de l'après-midi ; et il en est de même chez les Grecs. Et pourquoi pas, nous la disons bien à minuit, à Noël. Et notre Seigneur l'a^bien dite à G heures du soir, lors de la sainte cène. Il est beau de voir comme l'Eglise romaine, avec ses idées et ses pratiques si larges, admet dans son sein tous les rites et toutev« les coutumes légitimes. C'est pourquoi je regretterai toujours nos cantiques durant la messe.

Pendant que je rejetais ma hile, j'apprenais que la Législature avait rejeté le bill de l'Ecole. Pauvre Bill, renvoyé de Caïphe à Pilate^, de Pilate à Hérode, d'Hérode à Pilate, à chaque place déchiré, blessé, enfin le voilà mort ! Requiescat in pace ! Je ne suis pour rien dans sa naissance, dans son existence mouvementée et dans son trépas. A son occasion, tout. ce que je voulais savoir, je l'ai su. lo. Peut-on admettre l'Ecole dans l'université avec sa charte dûment amendée ? On m'a répondu oui, 2o. — Pour éviter les frottements, je désirerais que l'arrangement fut fait par les évêques de la province ecclésiastique de Montréal, quitte à être soumis ensuite au Conseil Universitaire. Réponse ; c'est bien. De plus en favorisant les démarches du Dr Desjardius, j'ai fait preuve d'un bon vouloir dont on devra bon gré mal gré, me tenir compte.

Quant au bill, il avait subi tant de transformations qu'il m'était impossible à cotte distance de m'intéresser ou à sa vie ou à sa mort. Je l'ai remis entre les mains du bon Dieu, et je ne doute pas que Dieu, ait fait pour le mieux. Dieu, voyez- vous,

en connaît plus long que nous autres. Si jamais on prépare un nouveau bill, je serai de retour, et je suis ferré, envers et contre tous, pour le surveiller. Voulez- vous connaître au juste quels sont mes sentiments sur la question ? Lisez le brouillon d'une lettre au cardinal Simeoni que je viens de préparer, et que je remettrai demain. Le bon Dieu est bon, et il sait tout faire tourner à sa gloire, même les mauvaises dispositions des hommes ; à plus forte raison leurs sottises non coupables, et leurs vues courtes et innocentes. Saints innocents, priez pour nous. Vous aussi, mère, priez pour moi !

Cette opposition acharnée, sans mesure, ne détériore en rien notre position prepiière. Elle sépare l'alliage de l'or pur. Elle force les mécontents de toute nuance de montrer au grand jour leurs motifs trop souvent inavouables, les limaçons à sortir leurs cornes et les ânes leurs oreilles'. Elle me donne l'occasion d'être généreux, et de faire appel à tous les hommes modérés. Kéellement serais-je assez sot que de m'en plaindre ? Si elle n'existait pas, ce serait peut-être un malheur. Car j'ai la prétention de bâtir, non pour un an, mais pour des siècles. Pour cela, il faut la discussion. Les autres la font, je n'ai qu'à tirer les conclusions.

Dimanche, 6 avril. — Pâques ! bonnes Pâques ! Joyeuses Pâques ! et je sais que mon souhait est accompli. Je sais que Jésus est avec vous, qu'il habite dans votre cœur et qu'il est le lien le plus fort qui nous unisse, intensifiant l'amour filial et maternel, doublant l'affection fraternelle ; car vos attentions, monsieur, vous donnent des droits réels au nom de frère.

Je suis bien. Cependant, comme j'ai pris des remèdes ces jours derniers, je ne veux pas exposer ma convalescence aux longs offices du jour ; et" je me suis contenté de ma messe de ce matin, suppléant dans la retraite de mon cœur au grand déploiement des cérémonies de l'église par une attention spéciale à la voix de Jésus ressuscité, par un redoublement de promesses ardentes et d'amour, hélas ! trop souvent stérile, mais sincère.

il j c. omq ans, Pâques se tiouvait le cinq avril ; cette âxiat-»: il tombe le six. J'étais alors à Eome, en visite, suivant les ■offices de la semaine sainte ; aujourd'hui j'y suis en affaire. Que de changements depuis ce temps-là ; la prison des femmes, i'île Bizard,, St-Lin, l'Université. Que d'amis sont partis, entr'autres un père, le meilleur des pères. Dans cinq ans, où .serons-nous ? Quelles surprises nous réserve ce laps de temps ? Dans cinq ans, je toucherai à la cinquantaine. Que la vie passe vite, c'est un passage, Pâques veut dire passage aussi. Passons droit, et arrivons juste à notre fin dernière. Dieu.

A midi, j'allai dîner au collège canadien, où je rencontrai Mgr de Pau et le marquis de Maupes. Un jeune prêtre de Québec venait de chanter sa première messe ; nous le fêtons en petit comité dans la chambre de M. Cousineau. J'allai porter ma lettre au cardinal Simeoni. Je dis mon bréviaire à St-Nicholas. Et je m'empressai de rentrer, mon instinct me disait que des lettres agréables m'attendaient ici ; j'avais vu arriver la malle anglaise à midi au collège canadien.

Vous me demandez des nouvelles de mon bill. D'abord ce n'est pas mon bill, il faut dire leur bill. Quand je présenterai un bill, si jamais la chose arrive, je serai là à Québec, et il passera comme mes bills passent ici. Je ne dis pas cela par org%eil, ni confiance personnelle. Mais, ayant en main une œuvre de conciliation, je ne demande jamais rien de litigieux ; et mes propositions sont si modérées que les hommes de bonne volonté ne peuvent se refuser d'y obtempérer.

Encore un mot du bill pour répondre à vos questions. Je sais qu'il avait subi bien des modifications, je n'en connais pas exactement la teneur. Je suis trop loin des lieux, des personnes, de la scène des événements pour me former une idée exacte de la chose. Est-ce mieux, qu'il soit rejeté ? Est-ce plus mal ? Pour moi, j'avais entrepris trois choses. La première, témoigner de ma bonne volonté personnelle d'étendre les concessions pour l'amour de l'union, le plus loin possible, en allant jusqu'à favoriser les demandes de M. Desjardins. Je l'avais promis, je l'ai fait, nous avons été écoutés ici. — La deuxième, je voulais

— IJO

gavoi'r SI on pouvait recevoir l'Ecole dans l'Université, en supposant qu'EUe réussit k faire amender sa Charte, pourvu que les droits universitaires fussent respectés. On m'a répondu que oui, — La troisième, de laisser aux évêques de la Province ecclésiastique de Montréal le soin de débattre avec l'Ecale les détails de l'arrangement, n'ayant plus qn'àjes soumettre au Conseil Universitaire, quand il serait tout faits-, arrêtés. On a donné une réponse favorable. C'est là sur ce sujet, toute ma mission. Et j'ai obtenu que le cardinal, non-seulement en écrivit privément aux évêques, mais encore fit connaître les désirs de Komepubliqueraent. Quant à faire amender la charte, c'est Taftaire de l'Ecole ; je n'ai à traiter avec elle sur ce terrain que quand elle aura réussi. Jusque-là notre première union subsiste. Bans la surexcitation actuelle des esprits, il est peut-être mieux que le bill soit remis. Je dis cela à toiit hasard. On paraît avoir perdu la boussole. D'ici à l'automne, l'effervescence va se calmer ; je vais apporter une base solide, des principes clairs. Qui sait ? Enfin, il n'en arrivera toujours que ce que Dieu voudra. Je n'en reste pas moins dans la conviction que la modération finim par l'emporter ; et que les gens de bonne volonté finiront aussi par se rencontrer sur un terrain commun.

Au revoir. Continuez de prier pour moi, qui suis avec sincérité

Lundi, 7 avril. — II y a trois jours il est amvé ici deux sœurs franciscaines du Minnesota. Je viens de leur parler. Jugez de ma surprise. Une est canadienne, née à St-Barthélemy, éduquée au couvent de Ste-Elisabeth, ayant enseigné au couvent de Laprairie, sous sœur Victoire, la fille de M. Pauzé, ayant demeuré à Montréal au coin de la rue Notre-Dame et de la Place Jacques-Cartier ; qui a une sœur religieuse à St-Jean de Dieu, qui a connu M. Tranchemoutagne, M. Moreau, et qui était novice à la Providence du temps que M. Perreault et M, Kavanagh en étaient chapelains. Jugez si nous avons parlé du pays.

Eini le mémoire sur les comptes ! 11 ne me reste plus qu'à

le lepasseT. Cela prendra la journée de demain, et après demain probablement je pourrai le confier à l'imprimeur. Il a trente pages fooVs scap, sans compter une vingtaine de pages «n pièces justificatives. Je le refais pour la quatrième fois. 1ère, premier jet. quand les idées sont en ébullition ; 2ième, choix et ordre des matières que Ton revêt d'une première rédaction ; 3ième, rédaction plus soignée pour 1-e communiquer à un ami ; 4ième, rédaction définitive. Pourquoi t3.nt de soins ? Il s'agit, en se défendant, de porter quelques accusations, il faut le faire avec mesure et charité. Il y a discussions de chiffres, La précision mathématique est de rigueur. Ce mémoire ira chez tous les cardinaux de la Propagande, chez tous les évêques du Canada. Il sera discuté, combattu, contredit Devant une telle responsabilité, une semblable perspective, aije tort de prendre mes précautions et de travailler lentement ?

Vingt fois sar le métier remettez votre ouvrage, Polissez-le sans cesse, et le repolissez.

Après celui-ci, je mettrai la dernière main au mémoire sur les Ressources ; déjà il a eu sa troisième rédaction, cinquante pages avec les documents. J'ai un premier mémoire complètement fini, avec réponse donnée ; il s'imprimera tout de même pour être passé aux évêques ; car la congrégation n*en a plus besoin, la question est décidée ; ce mémoire peut s'appeler de V Ecole de Médecine. Il en reste encore deux autres grandement avancés, le premier, c'est-à-dire le quatrième, qui peut s'appeler du pouvoir des évêques, et le second, c'est-à-dire le cinquième, des transactions du Vice-Recteur. Il faut que tout cela s'imprime. Un bon jour je vous donnerai toutes ces pages à lire. Il y aura de quoi vous endormir ci^nt fois. J e m'endors moimême terriblement. Pas étonnant alors si cette éntimération est soporifique. N'allez pas dire : mais cet ouvrage va le retenir jusqu'au mois de septembre ! Les trois quarts du travail sont faits. Quand on n'a plus qu'à imprimer, ce n'est pas de valeur. — Bon soir.

Mercredi, 9 avril. — Je vous écris Je la chambre de ^f, Coiisineau. M. Cousineau est allé chanter quelque part, dans un courent. Comment employer mon loisir mieux qu'en vou? écrivant.

Quand je suis arrivé à Home, j'ai dit : " il faut que j'apporte des reliques, j'en veux au moins une centaine ". On s'est mi? à rire de moi. " Si vous en obtenez dix, vous pouvez être content, on est devenu très difficile sur ce sujet. Ta, ta, ta ! Vous ne connaissez pas ce que c'est qu'un canadien, qui a la tête dure. Je vous dis que j'arriverai à mon cent. "

J'étais décidé à remuer ciel et ten-e, sans faire de bruit. Je dis que je passerais de place en place le mercredi de Pâques pour faire ma collecte, employant plus de douceur que d'instances pressantes. Or j'arrive de ma cueillette. Imaginez que je dépose précieusement au fond de ma valise 80 reliques bien comptées, sans parler des 7, que je donne à M. Cousineau.

En tête se trouve St-Lin, accompagné de cinq apôtres : Pierre, André, Jacques-le-mineur, Mathieu et Barthélémy. Une partie du ciel y passe : SS, Joseph, Jean Baptiste, Charles Borromée, François de Sales, Philippe de Néri, François Xavier, Ignace, Jean Chrysostome, Basile -le-grand, Grégoire-le-grand, Denys l'Aréopagite, Léonard de Port-Maurice, Bonaventure. Cécile, Pudentienne, l^aurent, Valérien, Jean Népomucène.. Paul de la croix, -Hélène, Thomas d'Aquin, Camille de Lellis, J oseph de Cupertino, Fabien, Polycarpe, Françoise romaine, Boniface, Bibiane, Barbe, Sylvestre, Sabine, Emérentienne, Ursule, ApoUine, Eugénie, Yalentin, manteau de Ste-Anne, de St- Joseph, de la Ste- Vierge. Enfin il serait trop long d'énumérer, puisque j'en ai 80, plus cinq que j'avais déjà, 85. Il pourrait bien se faire que je m'en procurerais encore une trentaine. Vous voyez d'ici la belle richesse que nous pourrons déployer en certains jours. Ces rehques sont toutes cachetées, scellées et authentiques. Nous ferons faire de grands rehquaires, disons par exemple, im pour St- Lin, un pour les Apôtres, un pour les femmes pieuses comme sainte Anne, Françoise romaine, un pour les petites vierges comme Cécile, Emérentienne,

Pudentienne, un pour les papes, un pour les martyrs.... enfin je suis comme Perrette, je les ai déjà, mes reliquaires. Je vais tâcher que, chemin faisant le lait ne tombe pas par terre. Dans tous les cas, bien peu d'églises auront autant de saints dans leur trésor. La plupart de ces reliques sont ex ossibus. Dans vos annonces, si la chose peut venir naturellement, et vous êtes capable de faire venir la nature de la chose, dites-le, s'il vous plaît, aux paroissiens.

J'oubliais, dans ce calcul, les trois reliques que je me suis procuré à St Philippe de Néri (chiesa nuova). Dans quelques jours, je ferai une nouvelle cueillette.

Jeudi, 10 avril. — Comme je descendais au dîner, une lettre de St. Lin. Je n'avais pas le temps de la lire à tête reposée, j'allai manger le soupe. Après-dîner j'avais un rendez-vous avec un homme important que je ne voulais pas faire attendre. Je mis le piécieux dépôt dans ma poche, et partis. L'entrevue finie, il me fallait aller à la Banque, sur la rue des Condotli, de suite afin de ne pas laisser passer l'heure du bureau. Car de l'argent, il m'en faut ; je dépense à peu près cent piastres par mois. Et ce mois-ci, à cause do l'impression de mes mémoires, absorbera bien deux-cents piastres ; tout cela, avec les dépenses de ma maison à St-Lin, en vérité j'ai besoin d'une banque bion foncée. Tout de même, ma chère mère, ne craignez rien, je suis au-dessus de mes affaires. De chez M. Alexandro Spada, je passai à la rue voisine, Frattina, pour acheter du papier ; j'en fais une consommation considérable ; et je me procurai de belles grandes enveloppes, dont ja vous envoie un échantillon aujourd'hui. Mais enfin, il faut lire cette lettre, il faut lire cette lettre, il est trois heures. Je me réfugie dans l'église la plus voisine que je trouve ouverte, la chapelle des Pères du S. Sacrement sur la place S. Claude. Mais le Saint Sacrement est exposé, il faut bien commencer par lui. Et retiré dans un petit coin, ayant déposé mon paquet et mon parapluie sur une chaise, je récitai Bréviaire. Puis sous le regard de

Jësus, je lus la lettre du 26 mars. Voyez si on prend des précautioDS pour ne pas gâter son repas intellectuel, pour ne pas nuire à la digestion mentale, et pour pouvoir déguster les gâteaux littéraires, qui nous arrivent de si loin, encore tout chauds de vérité et de sentiment.

Vendredi, 11 amnl. — Les bonnes choses se pressent et se suivent. Encore une lettre de vous, mère, et une de M. Fayette. Le 'vôtre est du 25, c'est-à-dire qu'elle m'arrive après celle du 26 ; peu importe, pourvu qu'elle arrive. Je crois avoir reçu toutes vos lettres. La poste sait bien qu'elles me sont agréables, elle n'en a pas de doute, elle. Dans tous les cas j'en suis, de votre plume, à la cent-soixantième page. De ce train là, au retour, j'aurai un joli petit volume, émaillé de mille choses pas pareilles, mais toutes aussi plaisantes les unes que les autres. — J'arrive du Crédit-Foncier italien, où j'ai retiré deux-cents piastres. J'avais oublié de vous dire hier que M. Alexandro Spada est tombé en déconfiture ; cela ne me regarde pas. Mon argent est sur la Banque d'Epargne de Montréal, et tant que celle-là ne fera pas banqueroute, je suis bon. M. Spada demeure, 21 rue des Condutti. J'arrive, la porte était fermée. Oh ! "C'est peut-être numéro 31, j'aurais oublié." Le numéro 31 est une vendeuse de fruits " Ah ! alors c'est 41." 41 est un pâtissier. " Serait-ce 51." Je m'}' rends. Il n'y a pas de numéro 51, Je reviens à ma première idée, c'est toujours la meilleure. J'étais à examiner les lieux lorsqu'un Monsieur se présente : " Que cherchez-vous ?. — M. Spada. Est-ce vous ?. — Non, grand Dieu, et je ne le voudrais pcts. Il est tombé en hredandouille." Dorénavant je tirerai sur le Crédit Foncier français.

A vous maintenant, mou cher ami. Pour les paiements de la Brasserie, vous avez fait justement ce qu'il fallait faire, ce que devait faire un homme d'affaire. Voilà bien du. faire. Nonseulement la fabrique ne perd pas une piastre et quelques centins, elle est gagnante, peut être d'une dizaine de piastres, sans compter que : un je tiens vaut mieux que deux tu l'auras.

Puisque Jocrisse a eu un si grand succès, comme il n*y a eu que peu de monde aux jours gras, à ceux de la tempête, vous pourriez peut-être, avant que l'on défasse la chapelle, lui donner une chance nouvelle, supposé que le cœur vous en dise. Et les tapis pourraient en profiter. Dans tous les cas, des, pauvres gens, comme nous, pourront fort bien s'en passer pour quelque temps. Si cependant on veut les donner, laissez faire, même poussez à la roue. Ils ne feront pas de tort au chemin de la croix. Enfin voyez, et faites pour le mieux. Quand même il resterait un petit surplus, je ne voudrais pas l'engager avant de rendre les comptes. Puis nous avons encore des dépenses à faire pour les clôtures et le devant de l'église ; la consécration fera aussi une brèche à nos fonds. De plus, si la . parois:?e doit payer les débentures, le chemin de la croix pourrait fort bien retomber en grande partie sur le coffre de la fabrique. La prudence est la mère de la sûreté.

Non, il n'est pas parlé de l'Ecole dans la constitution Jam duduvi, mais l'Ecole a compris qu'il était de son intérêt de profiter des avantages qu'offrait le décret romain ; sinon, à la longue, elle pourrait bien souffrir grandement de son opposition à l'Université. Tout va pour le mieux, autant que le mieux peut exister dans les vagues mouvantes d'une mer soulevée par une longue tempête.

Quant au grain de la dîme, il se vendra peut-être mieux au mois de mai. Consultez la mère, elle a coutume de s'y entendre là-dessus. Dans la société qu'elle a mené pendant quarante ans avec M. lîrunet, son avis finissait toujours par prévaloir. Puis faites j'our le mieux et vous n'aurez pas de reproches.

Il paraît que la sainte table est assiégée. C'est bien, a'ncrez le rosaire. Pré} avez l'établibsement, ou le rétablissement de l'adoration perpétuelle. Voyez dans les papiers, il me semble qu'il y a des documents qui se rapportent à cette dévotion. 11 faut en venir à l'adoration vraiment perpétuelle, tout doucement, perse véramment. Avec Jésus et Marie, Jésus à l'église, Marie dans les familles, la paroisse sera bien gardée. Si à cela, vous ajoutez la communion fréquente, on fera des saints. Invitez,

pressez les enfants à communier souvent. Je vois avec plaisir que sur ce sujet, votre doctrine est vraiment catholique, vraiment romaine. Pour les personnes pieuses, moins de confessions, plus de communions.

Vous ne sauriez croire le travail que je fais ici; M. Belnoue, prêtre français qui me sert de secrétaire, ne cesse de copier. Je vais retourner avec une liasse de mémoires imprimés. Je suis mieux pour les faire ici qu'au Canada ; je suis plus tranquille, sans compter qu'au besoin je puis tâter l'opinion de la congrégation. Ces impressions prolongent mon séjour. Je ne suis pas inquiet sur St-Lin. Merci de m'ôter une épine du pied. *' Qu'un ami est une douce chose ! " Ici tout va smoothly and good. Le travail se fait calme, souterrain, sans bruit, modéré, mais je crois efficace, radical et profond. Pas un mot à qui que ce soit, du moins pour le présent. Une nouvelle de cette sorte est comme une étincelle dans Its broussailles. Ma santé est bonne. Le temps est beau, le ciel pur, et le cœur content. Autant qu'il est en vous, faites en sorte que la mère se distraie et se dissipe.

Votre lettre du 31 mars, partie de St-Lin le premier d'avril .^ 6 heures et quarante minutes, est arrivée à Eome hier soir, H du courant, à 11 heures et vingt minutes, ayant fait le tiajet en 10 jours et 17 heures: il n'est guère possible d'aller plus vite. Eh ! oui, St Lin est un faubourg de Kome.

Vous avez bien fait de taper fort sur la gueuse. Faites attention de ne pas vous compromettre légalement, puis frappez dur et ferme. Toute la population sera avec vous. C'est une de ces occasions où le scandale fait du bien pour inspirer une sainte horreur. Il est nécessaire que le scandale arrive

Merci pour les petites nouvelles que vous me donnez de ceci, de cela. Vous ne sauriez croire comme ces choses intéressent à distance. Je tacherai de lui écrire cette semaine. Voici le mois de mai qui arrive. Encore une corvée d'instructions : Pauvre M. Cabana ! il s'en souviendra de St Lin. J'entends d'ici sa voix douce et sonore. Il n'y en a pas beaucoup à Home qui soient mieux timbrées.

Samedi, 12 avri. — J'ai dîné à midi chez M, Captier. L'autre soii, en revenant de chez un Cardinal, je passais par des rues détournées. Tout était silencieux aux environs. La lune de sa lumière pâle et forte, effaçait presque les clartés jaunes des réverbères ; un bruit confus montait du centre de la ville : c'était mystérieux.

Mon imagination errait à l'aventure, se reportait sur le passé retombait sur le présent ; et je me demandais si je n'étais pas le jouet d'un rêve.

Quoi ! me disais-je, est-ce bien moi qui suis chargé de régler la question la plus sérieuse qui intéresse notre pays ? qui discute gravement avec ces têtes de la catholicité des intérêts de l'avenir religieux du Canada ? qui voit mes idées reçues avec faveur, examinées et acceptées. 0 ironie des événements humains ! Où. êtes- vous, grands hommes qui vous croyez quelque chose ? Venez voir, un enfant a pris votre place.

Je le sens, j'ai l'esprit plus jeune, j'ai le cœur plus adolescent que .jamais, ne pensant qu'à me laisser vivre doucement, et ne pouvant voir que le beau côté des choses, incapable de soucis, rebelle aux inquiétudes, qu'un rien rend heureux, et qu'une lettre venue de St-Liu, avec ses parfums d'amour maternel, fait déborder de contentement. J'en éprouvais de moins vives émotions au temps du collège ; me voici donc revenu à l'âge de quinze ans.

Je remonte au Manitoba, chez les Métis, dans les forêts, chez les Sauvages, et me voilà arrivé aux jours de Ste- Geneviève, à la côte St- Jean, prés du ruisseau où Grégoire naviguait en cuvette, et où nous prenions, avec des épingles pour hameçons, de gros poissons longs comme le petit doigt.

Je m'embarque avec vous, ma chère mère, dans une grosse charette, à une heure après minuit ; et nous partons le pas pour ne pas casser les œufs. Il faisait froid, je grelottais sous mon capot d'hiver, je m'endormais. Mais un coup de coude me réveillait quand nous arrivions à la grosse côte de la montée de la Pointe Claire. Je faisais boire le cheval à la rivière en passant à la grande anse. Nous montions la côte à Languedoc,

et sur les coteaux, le soleil venait nous réchauffer de ses premiers rayons. L'avant-midi se passait sur le marché Ste-Anne, à vendre notre beurre, nos choux, nos œufs, nos concombres et nos oignons. Certes, alors, je ne pensais guère qu*un jour j'irais frapper à la porte de la Propagande.

Vous rappelez- vous de cette après-midi si chaude, de ces chemins si poussiéreux, quand vous perdîtes, dans le village St- Laurent, votre collerette, qui coûtait'une piastre, sans la frange ? Je ne voulais pas aller de porte en porte et dire : " Or, ça, vous autres, avez vous trouvé la collerette à Maman ? " C'était alors le bon temps. Nous mangions, chacun, nos douze concombres par jour, et notre panier de cerises.

Mais ne nous plaignons pas. A chaque jour sa peine ; à chaque jour sa joie. Vous communiez tous les matins ; et de mon côté, je parcours, en pèlerin, les sanctuaires de Rome. Il y en a de plus malheureux que nous sous la calotte des cieux.

Dimanche, 13 avril. — Un ami m'écrivait : " Mon cher monsieur, j'ai pu causer hier longuement avec Mgr X. Uexcellent piélat va s'absenter de Rome pour un peu de temps. Il serait lx)n que vous le voyiez avant son d/^part, et s'il est possible aujourd'hui même. Vous le trouverez chez lui vers les cinq heures de l'après-midi. Auriez- vous la bonté- de passer ici de 1 J à 2 heures. Je vous mettrais au courant de la situation actuelle qu'il vous importe de connaître, avant de mettre la dernière main à votre mémoire. Il n'est pas inutile que vous soyiez informé de tout avant de vous rendre à la Propagande. Votre bien dévoué serviteur "

Je passai chez le Monsieur, je me mis au diapason de la circonstance comme dirait un musicien ; en sorte que je n'étais pas exposé à chanter une fausse note. Par la forme de la lettre, l'exactitude précise de l'heure indiquée, je me doutais bien que j'étais attendu, mais je fis semblant de me présenter de moimême.

J'ai été chez Mgr X. un peu plus d'une heure et demi. Je puis dire que ma grosse affaire est virtuellement réglée. Je

connais à ne pas m'y tromper, quel en sera le résultat. Seulement il faut maintenant que tout passe par les formes ordinaires de la procédure. Je puis, dorénavant presser l'impres- •sion de mes mémoires, certain de ne pas mettre le pied sur les verres. J'ai ce que je voulais. Pas un mot de ceci maintenant. Seulement un mot, deux mots, cent mots de remerciement au Bon Dieu. Alléluia ! Le travail n'est pas fini ; mais quand on sait où l'on va et qu'on sait que le succès doit couronner les efforts, il n'est pas pénible de travailler. Encore une fois, Deo gratias.

A Monsieur Ubald Ethier : — J'ai reçu votre lettre en date

du Vous avez oublié la date. Il est singulier qu'on ne

puisse trouver cette convention Elle est consignée dans un

grand cahier, où sont copiés nombre de lettres, naémoires et documents se rapportant à l'Université. Voyez vers la page 150. Heureusement que je la sais par cœur, mais, tout de même, j'aimerais bien à en avoir le texte. Aussitôt après réception de cette lettre, copiez et envoyez. Il pourra encore me servir peut-être, sinon comme avancé, du moins comme pièce justificative.

Ne m'attendez point avant la fin de juin. On me dit que Mgr Fabre ne m'attend qu'au mois d'août. J'en sais heureux, cela me donne de la marge. Monseigneur qui a déjà eu affaire souvent aux congrégations romaines, sait fort bien que quand les choses vont le plus vite, pour des Américains, elles vont encore lentement. Nous avons un temps du mois de mai au Canada.

Faîtes tout pour être agréable à M. Archambeaalt et à Monseigneur l'Archevêque de Montréal. Vous avez entre les mains une belle carte d'avenir. Jouez-la comme il faut. Toutes sortes de nouvelles me trouvent calme. Car je sais où nous allons : la modération et la justice finiront par triompher infailliblement. Ça va bien. Avec sincérité

Lundi, 14 avril. — Journée bien calme. J'ai flâné un peu, la tête appuyée sur le dossier de mon fauteuil, et les pieds

— iSo —

étendus sur une chaise, nie laissant aller à une douce somnole;îce d'idées. J'ai voulu laisser reposer mon système nerveux, ébranlé par la tension d'hier, épuisé par l'excès d'activité mentale, agité par la diversité des chocs intérieurs. Tout est rentre dans le calme, petit à petit, et ce soir je me sens dans mon état normal. Je bénis Dieu de m'avoir fait passer, sain et sauf, à travers l'épreuve suprême de ma mission, et d'avoir mis les gros atouts dans mon jeu. Je dois voir sous peu le cardinal Z. ; mais je n'ai pas voulu le rencontrer ce soir afin de ne pas fatiguer ce pauvre cerveau. J e suis d'avis qu'il faut soigner son âme comme son corps, si l'on ne veut pas qu'elle s'épuise, qu'elle devienne maîgîe de conceptions et dispeptique de sentiments.

Je n'ai fait aucune visite d'église ; car la curiosité fatigue les hommes au moins. J'ai dit mon ofiSce ici dans la petite chapelle, qui est bien modeste, mais bien pieuse. Pour prendre l'air, j'ai été à pied à l'imprimerie, voir comment avançait l'impression de mon mémoire. Et de retour, pour ne pas m'ennuyer, j'ai écrit une lettre à Monseigneur Fabre, une autre à M. Colin, une autre au juge Jette, une autre à M. Chauveau, fils, dont le père est mort dernièrement, et je termine par une page à votre adresse, ce qui m'est un soulagement.

Le souper ici est à sept heures. J'y ai renoncé, c'est trop tard, mon sommeil en devenait pénible. Je soupe seul à six heures, avec deux œufs, du beurre et du thé. C'est à se croire à St-Lin.

Que je me sens bien ce soir ! que je vais bien dormir ! Je n'ai vu personne aujourd'hui, et cependant je n'ai pas été seul. Je sentais Dieu avec moi, il me semblait qu'il prenait plaisir à me voir faire la paresse. Je lui offrais mon repos comme une prière ; il faut avouer que c'est une prière facile. Cependant l'ouvrage marche ; les protes composent, et M. Belnoue copie comme un brave. Il gagne des sommes assez rondes chaque semaine. L'argent ne vaut que par le plaisir qu'il doniie ou les services qu'il rend, ou les bonnes œuvres qu'il fait. A part cela, c'est un meuble inutile, qui engendre des inquiétudes à tous, et qui en perd plusieurs. — Assez philosopher ! Dormons. Buo7ia sera.

— i8i — CHAPITRE NEUVIÈME

Page 1