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JO

Celle qui réunirait le portique de Eheims, la nef d'Amiens, le chœur de Bauvais, le clocher de Chartres et les vitraux de Sens.

7o Un problème d'orthographe pour un étranger. J'ai vu cinq capucins, saias de corps et d'esprit, cijnts de leur ceinture portant sur leur sein le seing du Saint-Père.

80 Les Normands passent pour avoir les doigts croches ; n'oubliez pas que nous somtnes à moitié normands. Voici la prière d'un de ces buveurs de cidre :

Mon Dieu, je ne vous demande pas la richesse, seulement mettez-moi auprès de celui qui a de quoi.

9o Le vol conduit à l'échafaud, il paraît qu'il y avait toujours un cadavre qui pendait au gibat de Djmfi'onfc : Domfront, ville de malheur !

Arrivé à midi, pendu à une heure.

lOo Si le Normand vole, le Breton boit, et pourquoi. Un chien normand, cherchant son maître, regarde* toujours dans les arbres ; et un chien breton dans les fossés.

llo Pour dresser un aussi copieux dessert, un verre de vin n'est pas de trop ; on peut toujours le prendre pour la cinquième raison, car.

. Si bene commemini, causae sunt quinque bibendi. Hospitis adovutus, praesens sitis atque futura, Et vini bonitas, et quaelibet altéra causa.

Jeudiy 15 TYiai. — Ascendit Deus in juhilatione. Dieu est monté dans la jubilation, et nous nous restons dans la tristesse Cependant ne nous plaignons pas trop, car Ascendens Christus in altum captivam duxit captivitatem, le Christ montant au ciel a fait captive la captivité ; c'est-à-dire, la captivité de la vie finira, les absences s'effaceront, les distances se rapprocheront et nous nous trouverons tous réunis un jour dans la grand paroisse du bon Dieu, dans le presbytère de Jés us-Christ.

Vendredi, 16 Triai. — Je viens de porter chez M. Befani la première partie de mon " mémoire sur les ressources." Ça marche petit à petit.

J'arrive de chez le Cardinal Siméoni, où j'ai passé une demiheure. Je lui portai trois exemplaires de mon " mémoire sur rUnion. " Les nouvelles sont bounes. Le Saint-Père voit d'un bon œil mes demandes, et la manière dont elles sont présentées.

La mère supérieure est toujours à Tours. J'ai reçu une lettre d'elle. Je lui ai répondu. Je vais vous copier cette réponse. Vous allez voir comme je suis gentil avec les Sœurs de par ici ; si je l'étais autant avec celles de XX, je ne me ferais pas chicaner si souvent.

" Ma révérende mère, dimanche, à 10 heures, un rayon de soleil est entré par ma porte, c'était votre lettre. Je me suis acquitté de toutes vos commissions, je regrette qu'il n'y en ait pas eu plus, cela m'aurait donné occasion de faire plaisir à plus de monde. De même que je vous ai saluée avant que vous entriez, comme Moïse, dans la solitude, ainsi je veux me trouver au pied de la montagne, lorsque vous y descendrez ; mais de grâce, n'ayez pas l'air du Moïse de St. Pierre aux liens ; il a le torse trop rai de, le galbe trop fier, et le regard trop farouche. Du reste, votre peuple, pendant votie absence, ne s'est pas livré à l'idolâtrie, donc revenez toujours bonne et contente. — Vous faites bien d'amener du renfort. Les malades an i vent dru comme mouche. Si cela continue, les pensionnaires vont être obligés de s'engager comme gardes- malades. Imaginez si les pauvres opérés qui me tomberont entre les mains seront à plaindre. Si quand je sers à l'autel, à l'offertoire de la messe, j'oublie de donner du vin au prêtre, jugez si leur bouillon sera souvent oublié ! Ou^* ! j'ai gagné une image à prendre des pilules. Il paraît que j'en aurais gagné deux, si l'on m'avait mis des cataplasmes chauds comme à une certaine mère, et trois dans le cas de vésicatoire ! — Je connais bien peu de nouvelles. De notre côté, chez les pensionnaires, tout le monde est bien, et.... le petit chat aussi. — J'allais oublier de vous

dire que je suis chapelain d'une grande institution. Comme il y a peu de choses à faire, on est d'avis que je pourrai peut-être m'acquitter de ma besogne assez bien. Seulement on craint que quelque bon soir, je ne donne la bénédiction sans ostensoir ni Saint-Sacrement. La mère et le frère du Canada continuent toujours à écrire régulièrement toutes les semaines, et me chargent de compliments pour la mère et les sœurs de Eome qui gâtent de leur côté le fils, le frère et le chapelain. — Priez pour celui qui se souscrit, etc, etc.

Samedi, 17 mai. — J'ai reçu à midi votre lettre du 4 mai, avec le journal Le Monde où il est question des Nez. Si un grand nez droit et charnu est le roi des nez ; s'il indique la rectitude dans les idées et les sentiments, la vivacité dans les sensibilités, la pénétration dans l'intelligence, et l'amour de l'indépendance ; s'il donne des airs de parenté avec Shakespeare, Milton, Thomas Morus, Corneille, La Bruyère, Franklin, Bernardin de St-Pierre, Fey, Arago, et Théophile Gauthier, je me réconcilie à mon sort.

Bien plus, je sens, deus ecce deiis, je sens la muse qui m'inspire et qui me dicte les strophes suivantes :

Amis ne riez point du nez de J. B.Proulx ; C'est le plus bel objet de sa belle figure, Juste, vos petits nez feraient dans tous les tr... Trouvez m'en, pour le sien, qui seraient de mesure.

Aux beaux jours du printemps, quand les roses fleuries De suaves parfums embaume ut les prairies. En vain, je vous le jure, alors vous lui direz : Veux-tu, cousin, veux- tu nous prêter ton gros nez ?

Je ne suis point, vois-tu, de ces esprits bornés. Vieillards toujours enfants, hommes toujours en herbe. Dont le regard obtus, comme dit le proverbe. Ni ne voit ni ne sent pas plus loin que leur nez.

Dimanche^ 18 mai. — Reçu votre lettre du 2 mai. Déjà le mois de Marie sera fini, quand vous parviendra cette réponse. La vie passe comme une ombre, plus vite à Rome que partout ailleurs. Je voudrais que les jours eussent 10 heures de plus. Trente-six cadavres dans le charnier ! que de vides depuis mon départ ! ainsi nous nous en allons tous ! Vous avez perdu eu n'entendant pas le Père Babonneau ; ce que j'ai vu de lui dans les journaux à propos de sa réponse aux citoyens de Montréal, était délicieux. Nous avons eu ici, pendant deux mois, comme compagnon de pension, un de ses amis, le Père Moitier, charmant, doux, malade, mieux maintenant, et de retour dans son couvent de Dijon. Si vous inaugurez le tableau, rappelezvous qu'il revient ce jour-là à M. Rioux, un premier paiement de S75 00. Je vous envoie un travail assez curieux qui traite de la composition du Reichstadt allemand. — Au revoir au mois d'août.

Voici la lettre que je recevais avant-midi ! *' Monseigneur X m'a chargé ce matin de vous faire savoir que la question touchant les honoraires de messes était réglée en faveur de Montréal, comme vous le désiriez. Pour ce qui est de la dette dont Laval réclame le remboursetnent, la Propagande a écrit au Cardinal Taschereau pour avoir son avis ; quand sa réponse sera venue on tranchera la question par une sentence définitive, ou l'on renverra la solution à un tribunal d'arbitrao^e. Mojr X sera content de vous voir et de causer avec vous. Je suis bien respectueusement tout vôtre en J. C. "

A. 7 heures, ma carte entrait chez Mgr X., et moi à 7J, pour en sortir à huit. Nous avons réglé ensemble les détails de la grande réponse ; elle sera rédigée cette semaine ou dans l'autre.

Vraiment Dieu m'est bon. Je reconnais là le fruit des prières de toutes les bonnes âmes, des vôtres, des élèves du couvent. Je vous demande une communion d'actiom de grâces. Ce n'est pas tout de demander, il faut remercier. La reconnaissance ouvre la porte à de nouvelles faveurs. La cause est entrée carrément le 19 mars, le jour de St-Joseph, après avoir été préparée depuis le commencement de février ; deux mois après, le 18 mai, la réponse arrive privément. Le ciel est avec nous.

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