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l’âme qui se voit par sa faute abandonnée de Dieu et des hommes. Il suffit de dire que ce fut là la dernière goutte du calice d’amertume que notre Sauveur dans. sa. passion voulut boire jusqu’à la lie.
Il'est venu, non pas seulement pour nous racheter, mails encore pour nous consoler ; c’est pourquoi il.a voulu prendre sur lui toutes les tortures du corps et de l’âme que les générations sucçessives devaient souffrir, de manière que pas un seul être humain n’eût jamais à subir une angoisse qui n’eût pas été d'avance sanctifiée et abritée dans le sem de l'Homme-Dieu.
Et dans le cortége des épouvantes qui traversèrent son âme, la plus! terrible de toutes s’avança la dernière. Et cette dernière, épouvante, ce fut celle qu’il ressentit. sur la croix lorsqu'il vit que les péchés du monde pesaient de tout leur.poids sur ses épaules innocentes, et que, pour s'être substitué. à nous tous, il était devenu, un obj+£ d’horreur pour son Père. céleste. : Il avait enduré en silence les insultes de la soldatesque, la flagellation, le poids de sa lourde:croix, les clous aiguisés, la couronne d’épines ; ce ne fut que lorsqu'ilise sentit délaissé,-qu'il poussa cet:épouvantable cri : ‘“ Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous abandonné? ”
Telle dans 5a nature, sinon dans son intensité, estla douleur déchirante qui traverse l’âme de la femme déchue, quand ses remords lui font. enfin comprendre:que pour ses péchés la miséricorde de Dieu. et la pitié des: hommes l'ont abandonnée pour toujours.
.# Et vous tous qui passez parle bi ie regardez, et voyez s'il estune douleur comme ma douleur, parce que le Seigneur m'4a dévastée, selon:sa parte: au à jou. de sa sale et de>sa fureur. |
- I} a envoyé. du.cielle.feu. dans mes os..et; cé, ra ma dévorée:;. il a tendu.un filet devant mes pieds, et il m'a fait toinber.; ilm’a désolée et durant tout le jour il m’a accablée de douleur.
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‘ Le joug de mes iniquités s’est levé ; les Seigneur les a roulées dans sa main, et il les a imposées sur MON COU ; Ma force a: été abattue et le Seigneur m’a livrée à une main que je me pourrai fiur.”” (Jér. I, 12—14).
Non, elle ne peut pas elle-même fuir son Fr A mais vous, mes Frères, vous pouvez l’en délivrer. Car, bien que toute autre demeure lui refuse son abri, il est une demeure préférable à toutes les autres, que vous pouvez aujourd’hui lui faire ouvrir, c’est-celle du Bon Pasteur. Le fondements de cette demeure furent posés au jour et à l’heure où le Christ, sur le calvaire, fut pour nos péchés abandonné par son Père, pour que sa détresse suprême servit un jour de consolation à toutes les âmes désolées. A cette heure-là, il y avait, nous dit saint Jean, debout au pied de la croix de Jésus, Marie sarmère, et Marie Madeleine. (St. Jean XIX, 25). Quelle indicible grandeur n’y a-t-il pas dans ce tableau : Marie, la plus pure de toutes les vierges, et Marie, pécheresse repentante, tendrement unies au pied-de la eroix ! Ce n’était certes pas là une rencontre de hasard : c'était bien plutôt la révélation de l’union que l'Eglise établirait plus tard entre les vierges consacrées à Dieu, dont Marie était le type, et les pécheresses repentantes, dont la conversion était prophétiquement annoncée par celle de Madeleine. C'était la mise à néant, par l’autorité du sacré Cœur de Jesus, de l’injuste sentence de flétrissure perpétuelle que le monde maintient contre. la femme déchue,. même alors qu’elle se repent. C'était l’affirmation solennelle de l’irrésistible pouvoir de la pénitence, qui répare les désastres, que le péché a dû causer dans les âmes, de la réhabilitation du pécheur et de son retour à tous les droits de l'innocence lorsqu'il s’est vraiment repenti.
C’est de cette grande leçon que l’Eglise:a tiré ses couvents du Bon Pasteur, où de faibles et nobles jeunes filles, des vierges consacrées au Seigneur, vivent en communauté
vins À OR qua
avec celles qui furent un jour les plus vils rebuts de lhumanité (1).
Qu'il y a loin de cette divine confraternité à la charité égoïste, qui achète aux autres le sacrifice qu’elle est trop dégoûtée pour faire elle-même et en personne à ces malheureuses, par la seule effusion de la bienveillance chrétienne ! C’est l'amour vrai et agissant, et comme tout amour véritable, il prend sa source dans les qualités aimables de l’objet auquel il s'attache. Et si vous me demandez quels titres à leur amour nos religieuses du Bon Pasteur peuvent reconnaître dans leurs sœurs pénitentes, je vous Girai que ce sont les mêmes titres que Marie, mère de Dieu, reconnaïssait dans Madeleine pénitente. Dans Madeleine prosternée aux pieds de Jésus, répandant des parfums sur ces pieds qui s'étaient si souvent lassés à la recherche de son âme, et les lavant avec ses pleurs, Marie reconnaissait une âme qui aimait son Fils et qui l’'aimait d’un amour souverain, Dans Madeleine défendue par Jésus contre ses cruels persécuteurs les Pharisiens, Marié reconnaissait une âme que son Fils aimait, et qu’il aimait beaucoup, car la mesure du pardon divin est aussi la mesure de l'amour divin, et beaucoup lui était pardonné, non-seulement à cause de son grand amour, mais encore à cause de l’amour de Jésus pour elle. Dans Madeleine étreignant le pied de la croix, et ruisselante du sang précieux qui coulait en sacrifice de toutes les blessures de son Sauveur, Marie vénérait les premiers fruits de la cruelle passion de son Fils. Et depuis ce temps, pour toutés les âmes pures comme celle de Marie, les plus viles et les plus infimes parmi les pécheresses repentantes brillent d’une triple splendeur, et comwe aimant
(1) T1 ne faudrait pas croire, comme Mgr. Gaume lui-même semble l’insinuer, que les le pénitentes, qui deviennent Sœurs. leines et prononcent les trois vœux de Religion, sont les Religieuses du Bon Pasteur.—Note de l'éditeur. -