L.i Poésie, avec ses chants
]'olc. m'entoure, me caresi
Emplit tout mon coeur de tendu
Et de douceur mes pauvres yeux,
Puis se mêle aux apothi
Que font les étincelles roses
Dans l'atelier de mes aïeux !
Malgré tout ce qu'on pourra dire, Aujourd'hui, je me sens le droit De suspendre une agreste lyre A l'auvent fleuri de mon toit :
Qu'on m'acclame ou qu'on me méprise.
Que le vent siffle ou que la brise dresse comme pour bénir.
J'irai, sur les flots de la rie.
Sans peur, sans rage, sans envie, Les veux sereins, vers l'avenir.
Chante donc encore, ô mon âme, Ame inconnue, âme de gueux.
Répands la chaleur de ta flamme Sur mes frères, les malheureux.
Chante les époques sublimes, Le Drapeau, les preux, les victimes De leur foi dans la Vérité ; Exalte le Christ qu'on blasphème Et qui. dans un moment suprême.
Xous légua la Fraternité.
Chante, sans croire une minute Aux récompenses d'ici-bas :
Le poète qui souffre et lutte Sur terre ne récolte pas.
Il est pareil, en sa démence.
Au passant, jeteur de semence.
Qu on repousse après la saison Et qui s'en va. seul, misérable, Sous le destin inexorable, Alors que jaunit la moisson.
On plaisante sur sa m\ Les enivrés de superflus
Lui refusait le nécessaire :
Pauvre homme, on ne le connaît plus !
Chancelant, meurtri, sut l.i mute
Il succombe, l'âme en dérouta
est l.i fin, i/7-<>;/. simplement .' Erreur ! Divinisé, sans voiles.
Il monte cueillir les étoiles.
D.ins les champs bleus Ju firmament !
Blaye, Septembre 1901