CORRECTIONS
* D’abord, je suis le baron Ernest Barbanchu de Trébizonde. — Je vous envoie un chariot chargé de mes pièces, que vous voudrez bien faire imprimer avec mon arbre généalogique; il m’est impossible de vous faire grâce d’une seule ligne.
« Je suis né, non pas au n° 7, mais au n° 7 bis de la rue Godot; il est odieux que de pareilles inexactitudes se commettent dans un ouvrage qui s’annonce comme sérieux. Je suis né le 14 mai, si vous voulez, mais à minuit passé; cela valait, je crois, la peine d’être dit; — dites-le.
« Il aurait été bon également de ne pas traiter
aussi sèchement ma collaboration à la Casquette de loutre . Ci-jointe la liste de mes articles, que vous voudrez bien insérer.
« Si le Tripoli n’a pu paraître, c’est à l’aveuglcment et à la haine du gouvernement de M. Guizot pour ma personne qu’il faut en demander la cause.
* Certes, si Ion avait écouté les conseils que le Tripoli aurait donnés s’il eût existé, nous n’aurions
eu ni la République, ni l'Empire; et Louis-Philippe serait encore sur le trône. (Suit un article sur la politique intérieure et sur la politique étrangère qui est resté manuscrit; je vous prie et, au besoin, vous requiers de lui donner place dans votre nouvelle édition.)
« Il y a dans la mention de ma tragédie en portefeuille une intention ironique que je n'accepte pas.
« Ma tragédie n’est pas en quatre actes : — au contraire, elle est en sept ; — ce n’est pas un simple projet, comme vous semblez l’insinuer avec malveil-
lance. (Ci-jointe la tragédie, que vous m’obligerez
d’ajouter à mon article.)
« Mon poëme épique n’existe qu'en fragments dont je veux bien ne vous envoyer que le dernier.
« Vous avez passé légèrement sur mes premières années; — il faut compléter cette lacune. Ma nour-
rice était rousse et avait beaucoup de lait. J’ai été sevré à treize mois. J “ai fait ma première dent à un an et demi; ce fut l’occasion d’une petite fêle (suivent les détails de la fêle).
«J’ai fait ma première communion à l’église de
Sainl-Gcrmain-l’Àuxerrois; mes parents demeuraient alors rue du Coq-Sain t-Honoré, 23, et non pas 24, comme l’a dit une autre biographie qui n’est pas encore imprimée.
« Je possède de grandes vertus — pas un vice — quelques défauts; je suis trop franc, trop généreux, trop désintéressé, trop intrépide.
a Ma prose rappelle celle de Voltaire, saupoudrée
de Beaumarchais; mes vers sont de l’école, non pas d’Hugo comme le prétend Falempin, mais de celle de Byron, avec lequel je ne suis pas sans ressemblance si l’on veut y joindre un peu du goût et de la pureté de Racine. — J’ai eu énormément de bonnes fortunes; j’aurais eu des duels nombreux si on avait osé affronter mon épée, que je compte acheter plus tard.
« Vous m’obligerez, pendant que j’y pense, d’ajouter à i’arlicle de Falempin qu’il est un polisson d’avoir voulu insinuer que j’imite Victor Hugo.
« Je joins la note des frais de copie que m’ont coûté le redressement de vos inexactitudes; cela ne peut être à ma chargea Ci — 2G0 francs.
t Vous voudrez bien joindre, en remboursement de ces frais, deux exemplaires de la nouvelle édition des Contemporains ; ma collaboration m'y donne des
droits incontestables.
« Votre serviteur,
« Baron Ernest Barbanchu de Trébizonde. »