‹ En gagnant mon painChapitre 1 sur 29 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Dans la première partie de ces Mémoires autobiographiques (Ma Vie d’Enfant), nous nous sommes arrêtés au moment où le grand-père d’Alexis Péchkof (en littérature Maxime Gorki) AE son petit-fils et lui déclare :

« Mon garçon, tu n’es pas une Médaille que je puisse porter à mon cou, il est inadmissible que tu restes ainsi à vivre à mes PACE va-ten plutôt par le monde... »

Et l'orphelin, âgé de onze ans et demi, s’en alla par le monde.

Nous allons le voir, daus ce volume, faire son apprentissage de la vie. Quelle nature merveilleusement organisée pour sentir la souffrance! Quelle

délicatesse! Quelle richesse d’instincts purs! Tout va le froisser, le heurter, le meurtrir. Il verra, de près, “des lee des hypocrisies révoltantes, il subira le contact d'êtres faisant le mal par amour du \mal, de gens stupides, brutaux, ivrognes, et quand, par hasard, ils raisonuent. tenant des propos d’un

it oo AvanT-PROPOS

yalitieue nébuleux, pessimiste, antisocial. Ah! le ne Russie, quel excellent terrain pour la floraison des | sophismes les plus délirants, et lorsqu'on hit ces

lémoires, comme on s'explique le suCcès des bol- “hâviks!

Ce qui étonne, c'est que Gorki ait pu garder ses jhusions d'apôtre à travers tant de tristesses dépri-

mantes. Il a beau voir l'humain et le décrire avec une pénétration impressionnante, il demeure le doux

réveur qui croit possible l'amélioration des âmes en répandant l'instruction et en établissant la justice.

Réveur et poète, il l’est au suprême degré. Il voit, il dépeint le mal, mais au fond 1l ne peut se Héidre

à le ane à croire qu'il existe véritablement. :

Il le considère comme ces cauchemars qui nous obsèdent dans un demi-sommeil; on a vaguement conscience qu'ils ne sont que fantasmagories et que

le réveil va les dissiper. Hélas! le mal est la réalité k même, religions et philosophies sont Rp

contre lui.

Ce que comprend Gorki, et aussi matvetlelses ment que Rousseau, c’est la beauté secrète de la Nature: la vue des ciels, des horizons, des forêts, des fleuves le transporte d'admiration. Il communie

avec les choses. Las des hommes, las de la vie, il se réfugie dans la contemplation. Il tient de sa grand -

mère, femme exquise, en dépit de a nes vulga- ::

rités. pe

On trouvera, dans ces Mémoires, une prodigieuse variété de caractères, une étude méticuleuse du peuple russe et de son existence sociale, des figures étranges, telle la « Reine Margot » que l'adolescent

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avant-ProPos cm | Gorki nait de grâces feériques. On y trouvera, et plus intimement que dans ses autres ouvrages, l'auteur lui-même. On aimera cet enfant du peuple passionné, réfléchi, dévoré du désir de s’instruire, qui interroge ses compagnons de route, et che à pénétrer la raison de leurs actes et de leurs sentiments. Ne trouvant, dans la vie, que souffrances et déceptions, il se replie sur lui-même et se réfugie dans le monde de ses rêves, mais il est toujours prêt à quitter cette retraite mystique pour accomplir un devoir et servir les hommes.

En gagnant mon pain publié en Re il ya quelques années, a eu un succès énorme, bien mérité, d’ailleurs. Cette œuvre est, certes, une des meilleures, sinon la meilleure œuvre de Maxime Gorki Ni oi { SERGE PERSKY.

Les on

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