‹ En gagnant mon painChapitre 29 sur 29 · Instrument d'erpentage · texte numérisé non relu

Instrument d'erpentage

ur EN BAGNANT MON PAIN RUE lu) dant du haut de son siège, il me dit avec approba- PHOn ee | | — Tu l'as bien descendu!

Je lui demandai, non sans indignation, pourquoi il n’était pas intervenu, en voyant la brutalité de ce portier. Dédaigneux et paisible, il me répondit : — Je m'en fiche! Des messieurs m'ont payé quand ils l’ont mise dans ma voiture : qu'est-ce que ça me fait, qu’on se batte ou non!

— Et si on l'avait tuée?

— C'était possible, des créatures comme ça, on . peut les tuer vite! nus | | Depuis ce jour, je voyais le portier presque quotidiennement. Je suivais mon chemin et il balayait … le trottoir ou restait assis sur le perron comme s’il me guettait. J’approchais, il se levait, retroussait ses manches et me prévenait de ses intentions : __— Je vais tout de suite te mettre en pièces! Ilavait dépassé la quarantaine; petit, les jambes torses, le ventre proéminent comme celui d’une . femme enceinte, il me regardait d’un air rayonnant et j'étais à la fois étonné et terrifié de voir que ses yeux étaient pleins de bonté et de gaîté. Il ne savait pas se battre; en outre, ses bras étaient moins longs que les miens; après deux ou trois prises, il lächait, s'appuyait du dos à la grille et disait avec surprise : __— Eh bien, attends, crapaud!

Rassasié de ces combats, je lui dis une fois : — Écoute, imbécile, laisse-moi tranquille, s’il te plaît! | — Et pourquoi résistes-tu? demanda-t-il d’un | gros de reproches. ET

Je lui demandai à mon tour pourquoi il avait 4

ainsi maltraité la fille.

— Qu'est-ce que ça peut te faire? Tu en as pitié? |

= Oui, bien sûr.

Il se tut un instant, essuya ses lèvres et reprit : — Et les chats, tu en as pitié aussi?

— Certainement, des chats aussi...

Alors, il me dit :

— Tu es un imbécile et une Firoa Attends |

un peu, je te le montrerai bien.

Je ne pouvais éviter cette rue; c'était le chemin 4

le plus court. Mais je me levai de meilleure heure

pour ne pas rencontrer cet homme; néanmoins, je

le revis quelques jours plus tard; assis sur le perron, il caressait un chat cendré couché sur ses genoux; lorsque je fus à trois pas de lui, il se leva brus-

quement, prit le chat par les pattes et le frappa de 4

toute sa force sur la borne; du sang aspergea mes vêtements; ensuite le portier lança la bête morte à mes pieds et, se réfugiant sous le guichet de la porte cochère, il me dit :

— Hein! |

Je me précipitai sur lui. Comme deux chiens, nous roulâmes dans la cour; après le combat, je m'assis sur les herbes du carrefour; dans un indicible désespoir, je me mordais les lèvres pour ne pas

hurler. Quand j'évoque cet épisode, je frémis de dégoût et je me demande comment je ne suis pas

devenu fou et n’ai tué personne.

Pau Anis ces :abominätions? Mais Dour 1

que vous les connaissiez! Vous aimez les scènes de

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Dour Don imaginées, bien dépeintes, les horreurs de fantaisie vous secouent agréablement. Mais moi, … je sais des choses vraies qui sont réellement terï pos] je connais les horreurs de tous les jours, et … j'ai l'indéniable droit de vous faire frissonner en vous les racontant, si toutefois vous vous rappelez | encore comment vous vivez et de quoi vous vivez. Nous vivons tous d’une vie malpropre et infâme, voilà la vérité!

. J'aime beaucoup les êtres humains et je voudrais ne chagriner personne, mais on ne peut dissimuler - es affreuses réalités sous les mots bariolés et men- teurs. Ah! la vie! la vie! elle dissout tout ce qu’il y a de bon et d’humain dans nos cœurs et dans nos . cerveaux!

… Ce qui m'affolait surtout, c'était la manière dont on träitait les femmes. Bourré de romans, je considérais la femme comme ce qu'il y a de mieux et de plus important dans la vie. Mon opinion était confirmée par grand’mère, par ses histoires sur la Sainte Vierge et la bienheureuse Vassilissa, par la” malheureuse blanchisseuse Natalia, par ces centaines, ces milliers de regards, de sourires dont j'avais vu

les femmes, ces mères de la vie, parer l'existence si

pauvre de joies, si indigente d'amour.

La gloire de la femme était chantée délicieusement dans les livres de Tourguénief ou de Heine: tout ce que je savais de beau sur la féminité, j'en ornais l’inoubliable image de la reine Margot. En revenant le soir de la Foire, je m’arrêtais sur la colline, sous les murs du Kremlin : je regardais le soleil se coucher au: delà du Volga, les rivières de |

eu couler dans le ciel, et le fleuve terrestre si aimé devenir pourpre et Dieu FARIOIS, il me semblait que la terre ‘entière n'était qu'une immense barque de prisonniers qu'un invisible remorqueur entraînait avec lenteur vers des rivages inconnus.

Plus souvent encore, je pensais à l’immensité du . monde, aux pays étrangers où l’on ne vivait pas comme ïci. Dans les compositions des écrivains … étrangers, la vie était plus propre, plus aimable, . moins laborieuse que celle qui bouillonnait, mono- . tone et stérile, autour de moi. Mes inquiétudes en étaient calmées et je rêvais obstinément à la possi- bilité d’une existence différente. / Il me semblait toujours que j'allais rencontrer un … homme simple et initié qui saurait me conduire à la voie large et nette.

. Un soir, comme j'étais assis sur un banc, sous le rempart du Kremlin, mon oncle Jakob se trouva … soudain à côté de moi. Je ne l’avais pas vu venir “ et je ne le reconnus pas d'abord; depuis plusieurs années, nous vivions dans la même ville, et cepen- . dant nos rencontres étaient rares, AA re et brèves.

: — Ah! ce que tu as poussé, dit-il avec un sourire en me frappant sur l'épaule.

Et nous nous mîmes à bavarder.

Par les propos de grand'mère, je savais que l’oncle Jakob avait gaspillé tout son argent en bombances: il obtint une place de second surveillant à e. la maison d'arrêt où l’on hospitalisait momentané-

| 4. Voir Ma Vis d'enfant.

ment les condamnés en route pour la bite mais | ses fonctions prirent fin brusquement. Le surveillant | en chef étant tombé malade, l'oncle Jakob organisa chez lui de joyeux festins pour les prisonniers. La . chose s’ébruita, mon oncle fut renvoyé et traduit en . justice pour avoir laissé ses ouailles « se promener » 4 en ville pendant la nuit. Aucun des prisonniers ne . s'était enfui, mais l’un d’eux fut saisi au moment même où il étranglait un diacre. L'enquête dura longtemps, heureusement l'affaire ne passa pas

devant le tribunal; prisonniers et geôliers surent

tirer le bon oncle de sa fâcheuse situation. Maintenant, il vivait sans travailler, aux dépens de son fils qui était chantre dans le ous de l’église Rou- … kavichnikof, célèbre à cette époque. U parlait de son

fils d’une manière bizarre :

— Il est devenu grave et po Il est soliste.

Si je ne lui prépare pas son samovar à temps ou ne lui brosse pas assez vite ses habits, il se fâche! C’est |

un gaillard ponctuel! Et d’une propreté!

L’oncle avait beaucoup vieilli; il était tout cras-

seux et bien affaibli. Ses jolies boucles s’étaient

clairsemées et les oreilles se décollaient; autour des yeux et sur la peau bleuâtre de ses joues rasées, apparaissait un réseau serré de petites veines rouges. Il parlait d’un ton plaisant, mais l’élocution était un peu gênée, quoique ses dents fussent …

intactes.

J'étais enchanté de cette occasion de causer avec un homme qui savait vivre gaîment, qui avait beaucoup vu et qui par conséquent devait connaître bien | des choses. Je me rappelais nettement ses chansons À

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he alertes et amusantes et je me remémorais ce que grand-père disait de lui : :

— Par ses chants, c’estle roi David, mais par ses

œuvres, c’est le maudit Absalon.

Sur le boulevard, devant nous, passait un public bien habillé, dames élégantes, fonctionnaires, officiers. Mon oncle portait un pardessus d'automne

tout râpé, une casquette chiffonnée, des souliers

rougeâtres et il se pelotonnait sur lui-même, visiblement honteux de son costume. Nous nous dirigeimes vers un cabaret du ravin Potchaïinsky, où nous nous plaçimes près d’une fenêtre qui ouvrait sur le marché. . | |

— Vous rappelez-vous comme vous nous chantiez :

Un pauvre diable suspend ses chaussettes pour les sécher,

Un autre pauvre diable les lui a volées.

En prononçant les mots dela chanson, je sentis tout à coup et pour la première fois son sens iro-

nique, et il me sembla que mon oncle si gai était en

réalité méchant et perspicace.

Mais il me dit d’un ton rêveur, en se versant de l’eau-de-vie :

— Oui, j'ai vécu, je me suis débattu et sans grand effet. Cette chanson n'est pas de moi, mais d’un maître du séminaire. Comment donc s’appelait-1l? Il est mort. J'ai oublié son nom. Nous étions grands

amis. Il n’était pas marié, il buvait; un jour d'ivresse

le grand froid l’a tué. Que de gens meurent de trop boire! Je ne puis compter tous ceux que j'ai connus!

à Toi, as-tu ce défaut? Ne te presse pas, attends

encore! Vois-tu souvent le grand-père? Il n’est pas {

drôle, ce vieux-là! On dirait qu'il perd la tête.

Sous l'influence de l'alcool, il s'animait et se 1

redressait, il rajeunissait et parlait avec aplomb.

Je le questionnai au sujet de son histoire avec les

prisonniers.

— Ah! tu sais l'affaire? |

1 baissa la voix et reprit après avoir jeté un regard circulaire : : a ;

— Eh bien, ces prisonniers! Je ne suis pas leur

juge. C'étaient des gens comme les autres; je leur ai dit : « Frères, vivons en amis, dans la gaîté » et je leur chantai cette chanson :

ae %

La destinée n’est pas une entrave à la joie, Qu'importe qu’elle nous mette soûs le joug, Nous vivrons uniquement pour le rire; Imbécile qui vit autrement.

‘Il se mit à rire, jeta un coup d’œil sur le ravin qui

Vassombrissait et dont le fond était occupé par les

petites boutiques des marchands en plein vent,etil

. continua en effilant ses moustaches :

— Bien sûr, ils ont été contents, on s’ennuie tant en prison. Dès que l'appel était fait, ils venaient chez

‘moi; on avait des provisions, de l'eau-de-vie; c'était

tantôt moi, tantôt eux qui payaient. Ah! la douce existence! J’aime les chants et la danse et il y avait parmi eux des chanteurs et des danseurs extraordinaires. Quelques-uns d’entre eux étaient à la chaîne; pouvaient-ils danser? Non! Alors, je permettais qu'on les leur enlevât. D'ailleurs, habiles comme ils sont, ils savent bien les enlever eux-mêmes, et sans forgerons. Quant à prétendre que je leur per-

ettais d'aller en ville pour voler et piller, c'est une sottise! |

ni se tut, regardant les fripiers qui fermaient leurs boutiques dans le fond du ravin; les verrous de bronze claquaient, les serrures rouillées grinçaient, des planches tombaientavecunbruitsourd.Son ie l terminée, il continua à mi-voix :

— S'il faut dire toute la vérité, il y en a bien un qui sortait la nuit, ce n’était pas un forçat, mais un voleur d'ici, de Nijni-Novgorod il avait une amie tout près de la prison, à la Pétchorka. L'attaque du . diacre fut le résultat d’une erreur : le pauvre homme avait été pris pour un marchand. C'était en hiver, la nuit; la neige tombait en tourbillons ; tout le monde court en pelisse; va donc distinguer, quand tu es pressé, entre un diacre et un marchand! |

La chose me parut divertissante; l’oncle Jakob se mit à rire aussi, et répéta :

- — Le diable lui-même s’y serait trompél

Soudain, la colère le prit, il repoussa l’assiette posée devant lui et grimaça avec dédain. Allumant une cigarette, il marmotta d’une voix sourde :

— Dans la société, les gens se volent les uns les autres, ensuite ils s'empoignent, ils s’envoient en prison, en Sibérie, au bagne, mais moi, je n'y suis he: pour rien! Je me fiche de tous. J'ai mon âme à moi! Je revoyais le chauffeur hirsute; lui aussi, il disait à souvent : « Je m'en fiche. » Et il portait le même de nom, Jakob.

—A quoi . id me demanda doucement mon oncle.

— Vous aviez pitié des prisonniers?

— On peut les plaindre, il y a dans le nombre des

gaillards étonnants! Parfois, je me disais en les

regardant : « Je ne suis rien en comparaison de tel

ou tel et pourtant je suisson supérieur! » Quels diables |

intelligents et habiles!

L'eau-de-vie et les souvenirs l'avaient remis de . bonne humeur; accoudé sur l'appui de la fenêtre, agitant un bout de cigarette qu'il tenait entre ses doigts jaunes, il se mit à rappeler ses souvenirs avec

animation :

— Je citerai un horloger-graveur, un bossu, qui avait été condamné comme faux-monnayeur et qui a |

pu prendre la fuite. Si tu l'avais entendu parler! C'était du feu ! Un soliste qui chanterait. « Expliquezmoi, disait-il, pourquoi le Trésor peut imprimer des billets et moi non? Expliquez-moi cela! » Nous ne

pouvions lui répondre, et j'étais son geôlier. Un autre, un célèbre voleur de Moscou, un petit jeune homme

propret et coquet, bien paisible, nous disait poliment :

« Je n'accepte pas que des gens travaillent jusqu’à :

en être abrutis. J’ai passé par la, j'ai travaillé, travaillé, la fatigue me rendait stupide, je m’enivrais pour deux copecks, je perdais Cinq Sous aux cartes,

je donnais dix copecks à une femme pour une caresse;

ensuite, j'avais de nouveau le ventre creux et ma bourse était vide. Non, je ne joue plus à ce jeu-là. » L'oncle Jakob se pencha sur la table, et continua en rougissant, si excité que ses petites oreilles en tremblaient : L sv — Ce ne sont pas des imbéciles, mon ami, ils raisonnent. Bah ! qu’elle aille au diable, toute cette comédie!

Comment ai-je vécu? J'ai honte quand j'y pense, j'ai L

EN GAGNANT MON PAIN 357 vécu par bribes et par morceaux, en cachette; mon chagrin était à moi et ma gaïté, je la dérobais à autrui! Tantôt c'était le père qui me criait : « Je te … défends! » tantôt c'était la femme qui piaillait : « Je 4 tinterdis! » d’autres fois, j'avais peur de moi-même. Ainsi j'ai laissé passer la vie et maintenant je sers de … domestique à mon fils. À quoi bon le cacher! Je suis pourtant obéissant, et lui, il crie comme un grand ù seigneur. Il dit : «Père » et moi, jetraduis : «Laquais!» . Eh quoi, ne suis-je donc né, ne me suis-je tant débattu . que pour servir de valet de chambre à mon fils? Et même sans cela, pourquoi ai-je vécu; ai-je eu beaucoup de joies dans mon existence?

J'écoutaisdistraitement. À contre-cœur, sans atten- dre de réponse, je dis :

— Moi non plus, je ne sais comment je vis. Il eut un petit rire.

| — Ah!... Qui est-ce qui le sait? Je n’ai pas vu des | gens qui le sachent! Chacun se laisse aller au fil de ses habitudes. | |

Irrité et mortifié de nouveau, il continua :

— J'avais dans la prison un homme qui venait - d’Orel, un condamné pour viol, un danseur extra- ordinaire; parfois, il amusait tout le monde en chantant la complainte de Vanka :

EM Vanka marche dans son linceul,

C'est bien simple, cela!

: Ah! Vanka, sors donc ton nez An Hors de ton suairel

. <Et je pensais que la chanson n’était pas amusante, | mais qu’elle disait la vérité. On a beau se démener,

(ab | an dignane dos PAIN HA Le on ne voit pas plus loin que le linceul, Et alors, tout. est indifférent, peu importe qu’on ait été le prisonnier ou le geôlier du prisonnier... ». - (a

Las de parler, il acheva son eau-de-vie et regarda

le flacon vide, à la manière d’un oiseau, en clignant d'un œil, puis il alluma sans mot dire une autre à

. Cigarette, dontil envoya la fumée dans ses moustaches. 4 « Quoi qu’on fasse, quoi qu’on espère, personne .

ne peut échapper à la tombe ni au suaire, » disait ;

souvent Piotre le maçon, qui ne ressemblait pas du tout à mon oncle. Que d’expressions de ce genre Je connaissais déjà! es à.

Je n'avais plus envie de questionner mon oncle sur quoi que ce fût. Sa compagnie me rendait triste et 1] me faisait pitié; je me remémorais les mélodies entraînantes et le son de la guitare filtrant de la joie à travers la douce mélancolie. Je n'avais pas non plus oublié le joyeux Tzigane, et, tout en regardant . la silhouette cassée de l'oncle Jakob, je me demandais involontairement : on

« Se rappelle-t-il comment le Tzigane a été écrasé sous une croix? ! » ns

Mais je n'avais nulle envie de le Questionner à ce sujet. EE

Je regardai dans. le ravin, rempli jusqu’au haut d’une humide pénombre estivale. Une odeur de pommes et de melons en montait. Sur l’étroite route menant à la ville, des réverbères s'allumaient. Tout m'était familier. La sirène du bateau de Rybinsk 3llait siffler, puis celle du bateau de Perm… |

. Voir Ma Vie d'enfant.

me GAGNANT MON BAIN Li

MIÉRNe rois. pas de noir; on dirait que tu en Dot Laisse ça | Tu es encore Hioe jeune!

ïs Hills à . tu ; | Mon joyeux nue s” cu alla, me laissant pi per-

les champs. C'était la clin y au ciel flottaient Li de gros nuages dont les ombres noires effaçaient la mienne sur le sol. Contournant la cité, j'arrivai à l'Otkos, au bord du Volga, je m'y ARENt sur l'herbe poussiéreuse et longtemps je regardai, au 4 delà du fleuve, les prés et la terre immobile. Les ombres des nuages se trainaient lentement au-dessus L: de l’eau; elles devenaient plus claires, sur les forêts et les champs, comme si elles se sou: lavées dans ÿ les vagues. Aux alentours, tout était à moitié endormi, tout semblait ne remuer que par une pénible nécessité, à contre-cœur, et non dans un f d amour ardent du mouvement et de la vie.

Ah! comme je serais charmé de pouvoir frapper cette terre d’un pied léger et donner le signal d’une | farandole joyeuse où tous les danseurs épris de la Et vie, s'aimant les uns les autres, goûteraient Île ne bonheur! | |

. Je me disais :

” « Il faut tenter quelque chose, sinon je ob

Aux maussades journées d'automne, quand on ne voit pas le soleil, quand on ne le devine même pas derrière les nuées et qu’on l’oublie, par ces mauvaises journées, il m'était arrivé bien souvent de m'enfoncer dans la forêt. Je m’égarais, alors je cherchais un sentier; las de ma recherche vaine, je serrais les dents et je marchais au hasard, tout droit devant moi, à travers fourrés et taillis, ou sur les moties L, chancelantes des marais, et je finissais toujours par retrouver mon chemin! | | |

C'est ce que je résolus de faire! |

À l'automne de cette même année, je partis pour Kazan, avec le secret espoir d'y trouver peut-être l’occasion de m'instruire. | à |

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