V.— LE BÛCHERON
Le chantier, encore plus que la ferme, »
son rér rtoire de termes anglais et il a passablement réussi à angliciser no8 bûcherons.
Ecoutez avec patience la barbare macédoine de mots interlopes qui composent le langag:
de l’homme des bois:
Le boss (contremaître, gérant), ordonne de former un boam (estacad: flottante).
La drave (flottage) va bien; les draveurs (flotteurs), sont bien disposés. Leur principal instrument est le “eanndog” (renard, grappin, levier à crochet). Leur hache es.
en castille (cast steel), acier trempé. Les cullers (classeurs, mesureurs), doivent mettre de côté le bois de cull (rebut). Scaler (mesurer) et scaleur (mesureur) son des termes quotidiens. De ces logs il fera der slabs (croûte ou dosse), du shingle (bardeau), du clap-board (chanteau), de la board (planche), des edgings (retailles) du rough lumber (bois brut), du dressed lumber (bois préparé).
Et encord: Foreman, contre-maître; cam pe (camp), camp; bully, fier-à-bras ; sliny, ceinture; lock, écluse; slouce (sluice), écluse; raft, train de bois, cage; rafiman, “cageux” ; coffer-dam, bâtardeau; camp-co0kkit, batterie de cuisine; le bois djammr (jam) bloque, samasse dans la rivière.
Parlant d’une pièce de bois, le mesureur dira qu’elle a huit pouces à la butt (pied) et six pouces à la {op (sommet).
Le menn de l’homme des bois est assez
simple. Voici sa cookery: Biskettes (biscuits), porridge (soupane), cannage (conserves), preserves (confitures), pickl:: |-narinade), Johnny cakes (gâteaux au ïs).
IT ne faut pas non plus oublier la plug ,vorquette) de tabac à chiquer, le f/ask (flacon) ot des “beans”’ traditionnelles.
Botter (tbutt), rogner une pièce de bois est une expression fréquente chez les lumbermen (marchands de bois).
Dans l’une de ses. pièces de vers empreinte de mélancolie, Alfred de Vigny di-
sait:
Dieu que le son du cor est triste au fond des bois !
En parodiant ce vers, nous pourrions dire auss}:
Que le Part:-r Français est triste au Jond des bois !