‹ En GéorgieChapitre 37 sur 43 · MONA · texte numérisé non relu

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Le séjour de Thamar à Ghélath est relaté dans une légende que VOICI

« Un jour de fête quand la reine se dirigeait vers la cathédrale et ajustait de beaux rubis à son diadème royal, on vint lui dire qu'une pauvre femme lui demandait l'aumôûne aux portes de sa cellule monacale. La reine lui ordonna d'attendre; mais, quand elle sortit, la mendiante n’y était plus. Thamar, troublée et se reprochant d’avoir refusé l’aumône à l'indigente, ôta le collier qui était cause de son retard et l’offrit à N.-D. de Ghélath. »

Et maintenant, voulez-vous entendre un récit géorgien sur notre héroïne ; 1l vous la peindra bien mieux que je ne le saurais faire. Vous y goûterez une saveur locale qui lui donne un charme particulier :

€ Quand Thamar était enfant, sa mère lui dit un matin : Ma hile, j'ai fait un rêve aussi joyeux qu’effrayant. Ton père ne vivra pas longtemps. Dieu l'appelle vers ses régions célestes et il te prépare un sort inoui pour une femme. Je l'ai entrevue dans l'ombre de l'avenir sur le trône de David dans toute la splendeur de la beauté et de la gloire, avec une auréole d’immortalité. Tu étais assise, sacrée reine de Géorgie. Une couronne d’or tout en diamants et en saphirs ornait tes boucles, le manteau royal enveloppait {a fine taille, le sceptre précieux, symbole du pouvoir, brillait dans la main droite. Un trône t'attend ! sois-en digne ! Deviens le soutien puissant des faibles, la source de la richesse des indigents. Tu dois conquérir les cœurs par l'humilité, par l'esprit, par la sagesse, par le regard superbe. De ton glaive abats les rebelles ; règne divine depuis les siècles jusqu'aux siècles.

« Le rêve de la mère se réalisa. Le père de Thamar ferma les veux, elle monta sur le trône de ses pères. D’un rayon de douceur elle éelaira la Géorgie. Semblable à un sombre nuage, elle s’avança vers l'Orient, le courroux du ciel frappa les mécréants. Elle ordonna et tout advint selon son ordre. Ses guerriers s’élancèrent avec une force orageuse. Tel un puissant ouragan traverse les champs de bataille. Dans les steppes arides, sur les montagnes élevées se déployèrent les drapeaux de Thamar; dans les steppes arides et sur les montagnes élevées ses spalassars firent entendre leurs clameurs. Au bruit des batailles, sous l’orage de la mêlée, les royaumes et les trônes furent renversés et le croissant terrible s’inclina humblement devant la croix.

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« Les Persans tombèrent, les Seldjouks‘ frissonnèrent, les montagnards indociles mirent bas les armes. Des portes de Derbent jusqu à Trébizonde, des cimes du Caucase jusqu'à Damas, tous se prosternèrent devant la toute-puissante. L'Orient lui ouvrit ses trésors, l'Occident chanta sa oloire ; le Nord et le Sud admirèrent sa puissance. Les villes lui envoyaient leurs richesses, Îles villages le don de Dieu, le Saint Sépulcre sa bénédiction. Et il ne fut d'être

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