Seldjoucides
« Que me fait la grande, disait-elle, que me fait Thamar la reine des rois ? Puissent ses forces être terribles, elles ne sont pas plus redoutables que mes vacues. Ses OUErrIers he Sont pas plus effrayants que Ie: bouroune LL: promettent [a perte, c'est le bouclier le plus sûr de mon pouvoir. Ni la force, ni la richesse ne pourront m'étonner. La reine a des trésors, mais ils n’égalent pas les miens.
€ Au fond de Ta Caspienne il y a beaucoup de richesses, dans la largeur de ses ondes. Que de tributaires lui envoient leurs eaux, leurs marchandises du nord et du sud. Oh ! non. la reine de Géorgie ne pourrait pas lutter avec moi le vieux Caspi. Je ne suis pas tributaire de Thamar, je ne le serai Jamais, el je resterai libre comme toujours.
Et ces paroles parviennent à l'oreille de la Reine. jusqu’au trône de [a beauté. de 1a puissance, de 1a majesté.
( Lentement. elle tourna la Leéle vers la mer rebelle. vers la mer en lolie et un ph sombre parut entre ses sourcils. Les guerriers se ruérent pour punir la rebelle, les Spalassars se lancèrent pour arrêter sa démence,
«Et les bords de la Caspienne poussèrent un gémissement im- Ierse, Ses l'IVES el ses SLEppes Hirent entendre de SOU] des clameurs. Tout ce qui était sur le passage jusqu’à Gourgan, tout se coucha sous l'acier. se Jeta dans ]a Caspicnne.
€ Sous la Caspienne, la terre, notre humide mère. bondit. De ses ondes en furie, se vensceant de Ja colère royale, elle reJeta dans la mer, le naphte, cette huile noire. L’orage gronda au ciel, les éclairs retentirent et la ( aspienne s’alluma de part en part.
Longtemps elle se tordit dans son lit de feu, longtemps elle supplia le pardon de la Reine. Elle lui promit ses richesses, l’humilite complète el le tribut sur Les terres VOisines.
« La Reine lui pardonna.
( E | voilà comment depuis lors. a U X Jours de tempête comme aux Jours dé calme, la Caspienne bénit la: mémoire de la Grande Souveraine.
Cette prédiction, cette apothéose, cette légende sur le naphte sont de véritables tableaux qui célèbrent l'apogée de l’histoire éorglenne. k En 1184, lorsqu'elle avait 24 ans, Thamar hérita du trône paternel et montra, à côté des vertus féminines. des qualités vraiment rovales.
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Les catholicos et tous les évêques la supplièrent de choisir un époux afin que la dynastie des Bagratides ne s’éteignit pas avec elle. Après de longues hésitations, elle refusa la main d’un prince byzantin de la race des Comnènes et prit pour époux un prince