‹ En guérit-on?Chapitre 4 sur 21 · INSUCCÈS IMPUTABLES AUX MALADES · texte numérisé non relu

INSUCCÈS IMPUTABLES AUX MALADES

dont elle ne s'est même pas préoccupée jusqu'à ce jour. L'exploration nasale au stylet nous révèle tout aussitôt des nécroses multiples, portant sur le vomer, rethmoïde,les cornets, etc. Que faire à cela? Car qui dit nécrose dit mort de l'os, et Ton ne guérit pas la mort. Voilà donc un nez destiné à s'effondrer alors que se détacheront les nécroses; voilà donc une malade — et une jolie femme, notez cela — condamnée à la très laide et affligeante difformité du « nez en lorgnette ».

Un troisième malade nous aborde avec une hémiplégie datant de quelques mois et commençant déjà à se contracturer. Or, pendant tout un long stade de céphalée qui a préludé à cette hémiplégie, il n'a rien fait, il n'a même pas songé, quoique se sachant syphilitique, à consulter un médecin ! Il n'a commencé à se traiter que le lendemain du jour où il a été frappé de paralysie. Et il vient nous demander de le guérir aujourd'hui, a4ors que le mal est accompli! Bien évidemment, il est trop tard. On aurait pu le guérir, il y a six mois, de la syphilis cérébrale dont a procédé celte hémiplégie ; actuellement, c'est un infirme, et un infirme pour la vie, quoi qu'on puisse faire.

Et ainsi pour quantité d'autres cas du même genre que j'aurais à vous citer, car ceux-là sont légion.

Donc, vous le voyez, très souvent, alors que la syphilis reste incurable dans telle ou telle de ses manifestations, la responsabilité de rinsuccès incombe au malade. N'en accusez pas la maladie.

30 DANGKUS INDIVIDUELS

IL — D'autres fois, il nous faut en convenir et faire ici notre confession, la responsabilité en revient au médecin. Oui, il est des cas où la syphilis qui ne guérit pas, ne guérit pas par la faute du médecin. Et cela pour des raisons diverses : connaissance imparfaite de la syphilis, conséquence naturelle d'un enseignement insuffisant de la syphiligraphie dans nos Facultés (et, d'ailleurs, qui donc pourrait se ftaffer d[e la connaître complètement?); — d'où erreurs fréquemment commises sur les accidents de la maladie, accidents dont la spécificité n'est souvent reconnue qu'à une époque où il n'est plus temps d'agir efficacement sur eux; — opinions préconçues et fausses doctrines sur le traitement de la syphilis (telle la pernicieuse doctrine dite opportuniste, doctrine professée par quelques-uns de nos collègues, et non des moindres, d'après laquelle il suffirait de traiter la syphilis au moment de ses explosions morbides, la traiter préventive-

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