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TERRITOIRES DE L'OUEST AFRICAIN

La France a acquit en Afrique occidentale des territoires immenses, d'une valeur incontestable pour sou avenir politique, commercial et financier.

Ces immenses régions ne sont pas encore effectivement occupées, mais avec le temps et la persévérance nous saurons, g^îlce aux moyens de communication, les rendi'e voisins de la Métropole et en faire des débouchés commerciaux. C'est vers ce but que nous devons constamment marcher.

La première puissance qui puisse rendre les premiers services et assurer le succès de notre vaste empire africain est l'administi-ation coloniale. C'est d'elle en effet que dépendra le commei'ce et la fortune, en un mot l'avenir économique de nos colonies. C'est elle qui attirera les industriels et les commerçants, les sociétés et les capitaux, répandra par ses renseignements justement contrôlés les ressources du pays, fera connaître les régions minières, les terrains de grande culture, les pays de pâturage, les voies navigables et commerciales, toutes choses enfin utiles k l'économie politique, voire même sociale, de notre empire ouestafricain.

Mais quelle chose faut-il pour arriver à ce but ?

Faire comme la nature l'a fait elle-même. Réunir en un seul tous nos établissements disséminés depuis le cap Blanc jusqu'au Niger, et leur donner une direction unique.

N'a-t-on pas suivi la même rligle en France, et malgré les divergeances de races et d'opinions, Bretons, Flamands, Gascons, Provençaux, etc., ne sont-ils pas tous devenus avec le temps et par la force même des choses, des citoyens dévoués de leur patrie et connus sous le titre seul de Français ?

Donc aujourd'hui que nos zones d'influence africaines sont délimitées, il faut que sous une direction unique tous nos établissements disséminés ne forment plus qu'un tout compact et défini.

Le Fouta-Diallo par sa position au centre des iîtats soudanais, au milieu de populations musulmanes et intelligentes, sous un climat plus salubre et voisin

du littoral, paraît-c-tre le seul pays capable de posséder la capitale future de notre empire africain.

Le Soudan est classe dans les colonies d'exploitation, il doit donc être composé d'hommes plus commerçants (ju'administrateui's, plus aventureux et plus explorateurs que bureaucrates.

C'est donc dans cet ordre d'idées que nos dirîjjeants devraient se rallier.

^actuellement cinq pouvoirs ditt'érents se partagent le Soudan depuis Saint- Louis jusqu'à Sa y :

Le Sénégal avec la Casamance qui tend h s'administrer séparément ;

La Guinée française avec le Fouta-Diallo comme arrière-pays ;

La cote de l'Ivoire avec le pays de Kong ;

Le Dahomey avec Say et le moyen Niger ;

Le Soudan français avec la partie septentrionale de la boucle du Niger, et le territoire militaire de Timbouctou qui tend h devenir une lieutenance particulière.

Que peut-on espérer de tant de gouvernements si nombreux où les intérêts particuliers priment constamment les intérêts généraux ? et où il n'est jamais tenu compte des besoins régionaux?

Sans prôner exagérément certaines régions, il est reconnu qu'à part les pays voisins des côtes, nos con(|uêtes dans l'intérieur soudanais n'ont servi jusqu à présent qu'à des expéditions ruineuses, sans avoir enclore donné un seul bénéfice commercial.

L'avenir seul saura peser l'enseignement ici présenté, mais j'ai la conviction que mon jugement sera bientôt appliqué.

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