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FORCES MILITAIRES

Les troupes f l'ani.'aises qui stationnent en Casamance sont peu nombreuses (1) ; elles occupent principalement le cours supérieur du fleuve (Sedhiou) où habitent des populations musulmanes très fanatiques.

Le vapeur le Mirmidon assure la tranquillité de la basse rivière et met en communication régulière Carabane et Ledhiou.

(1) Eu pins dea postes militaires, il existe des postes de douaniers à Carabane et h. Djiroua&i ] (Ciimole).

des pirogues qui mesurent quelquefois 15 et 20 mètres de long sur 2 de large. On remarque encore le gonatier, le cèdre dont on fait des planches, le wegne, le taba, le gigantesque baobab, le solum dont le fruit légèrement acidulé devient par les procédés des indigènes une limonade purgative et fébrifuge, enfin Téteniel palétuvier qui pousse dans la vase sur les bords de tous les cours d'eau africains.

Les forêts sont excessivement giboyeuses : buffles, éléphants, hippopotames, crocodiles, outardes, poules de pharaon, antilopes, biches, gelinottes, pintades, lièvres sont les maîtres du pays et vivent sans être inquiétés. Les animaux féroces sont rares : on ne rencontre que le léopard, une variété de chat-tigre et une espèce de loup-cliacal qui s'attaque par groupe à l'homme seul.

On peut ajouter, à ces espèces, les oiseaux que l'Européen aime à chasser, comme les oies et les canards sauvages, les bécasses et les bécassines, les grands marabouts et les aigrettes dont les plumes sont si recherchées. Parmi les animaux à plumages riches et variés, on remarque le foliotocole, le colibri, la veuve, le violet, les cardinaux, etc.

Les indigènes, surtout les païens, vénèrent les oiseaux, et à certains d'entre eux il est attaché des fables assez curieuses ;

L'une des plus intéressantes est celle d'un oiseau appelé Koulandian.

Lors de la formation du monde, Jupiter créa en un jour toutes les classes d'oiseaux et leur donna à cliacun un cri différent.

Lors de la création, un nouveau-né, le Koulandian, caché sous les foudres dû grand maître, attendait toujom's patiemment qu'on l'appelât.

Enfin désespérant, il osa se montrer et réclama Jupiter.

Celui-ci très fatigué de sa journée, ne voulut pas le recevoh*, mais. comme il insistait, le dieu tout puissant lui dit : " Va sur terre et le premier cri que tu entendi-as sera le tien". Après avoir erré pendant plusieurs jours, il rencontra une femme qui, ayant perdu son mari, venait de se remarier et criait dans son bonheur : '' Ké-ké-man-kéli " (tous les hommes ne sont pas semblables) : Ce fut son cri.

D'autres sont considérés comme bienfaisants. Voici ce qu'on raconte sur V\m d'eux :

La famine ayant sévi sur les bords de la Gambie, les indigènes, après avoir beaucoup prié, et ne sachant h quel dieu se vouer, rencontrèrent un jour un oiseau, probal)lement envoyé des cieux, qui les conduisit dans son nid : là, les Noirs trouvèrent une très grande quantité de mil qui leur servît, non seulement à ensemencer leurs terres, mais aussi à se nourrir jusqu'à la récolte prochaine.

On trouve en Casamance une grande variété de singes et, dans le cours supérieur du fleuve, ils sont surtout de petite espèce.

Quant à la jeune fille, elle ne préparait h subir le même sort ; déjà même elle avait recommandé son àme à Dieu, lorsque le roi, frappé de ses cliarmes, l'arracha des mains des esclaves et donna Tordre de la conduire dans la cnse de ses femmes, voulant, dit-il, en faire plus tard son épouse. Quelques jours se passèrent en obsessions de la part de Koli auprès de cette enfant, qui repoussait avec horreur les caresses et les menaces du meurtrier de ses parents.

Aussi s'attendait-elle k chaque instant h mourir, car elle savait Koli incapable de magnanimité ; mais Tamour, ou plutôt Dieu qui peut tout, avait amolli le cœur de cet homme, qui ne s'était encore porté contre elle a aucun excès.

Cependant, un soir qu'il s'était enivré, persuadé par ses courtisans que rien ne devait lui résister, Koli se dirigea vers la case de la jeune musulmane, dont il voulut forcer Tentrée. Effrayée, l'enfant s'échappe et se sauve du côté d'un bentannîer qui se trouve au milieu de la plaine.

Là, ses pieds s'embarrassent dans une des racines de l'arbre, elle tombe et va devenir la proie du tyran lorsque Dieu, qui vient toujours en aide aux vivais musulmans, la rappelle à lui. Alors le roi, ne trouvant plus qu'un cadavre, monte dans ce bentannier et s'y pend à l'aide de son pagne. Depuis lors, cet arbre a pris le nom du roi pendu et s'appelle bentannier de Koli (Koli-bentan). Depuis lors aussi, ajoutent les habitants du pays, si, à certaines époques de l'année, vous vous approchez la nuit de cet arbre, vous entendez des pleurs et ensuite comme le bruit d'un cada^TC, qui, balancé par le vent, se heurte aux branches.

A Kolibentan, le fleuve a 150 mètres de large et à deux heures de là on arrive au débarcadère de Dianna-Malary . C'est un village de traitants indigènes qui trafiquent avec Sedhiou.

Dianna-Malary a été visité i)ar Hecquard, par l'amiral Vallon, les commerçants de Sedhiou et M. Lenoir, lors de son voyage de Sedliiou à Bakel sur le Sénégal.

L'aviso de la Casamance a deux fois remonté le fleuve jusqu'à Diana, et M. de Lamothe, gouverneur du Sénégal, y a doimé rendez-vous en 1891, à Moussa Molo, roi du Firdou.

En janvier 1893, MM. Laglaire, Rochet, Adrien et MadroUe, ont visité Dianna; cependant quelque temps auparavant, M. Séguin était parvenu à Kéracîa, dans l'est de Kolibentan et avait été dépassé })ar M. Rochet qui avait pu remonter le fleuve jusqu'à Kolda, situé à trois jours de marche de Noirs des sources de la Casamance.

M. Laglaire, lors de la guerre de Moussa Molo avec Fodé Kaba, a visité la rive di'oite du fleuve et est allé k Koropo et à Doruan, capitales du Firdou.

Dans le nord de Dianna-Malary et à quatre kilomètres de ce village, se trouve

la ville importante de Diannit, <)ù a ét^i clevéc mu- moaquijc qui fait de Dianna une ville sainte.,

Dianiia-Malary, comme tout village de quelque importance, a son arbre h. palabre. Pr6.s d'un champ quelque fois t'gratigm? par le pic ou par la charrue, se trouve la place des réceptinns ; un arbre sert d'abri contre les rayons du soleil, c'est un palmier de quinze mfctres de haut, qu'un ficus est venu enseiTcr do ses lianes; l'effet est assez curieux et, sans les affinuations des indigènes, on serait plutôt tcntd de cTOire que le palmier est venu se greffer au sommet du ti'onc du iicus.

Sur la rive droite ou laisse Sakkar, bien sicu^, dans un pays très légèrement ondulé ; l'eau y est saumîltre ; le produit principal est l'arachide; on la vend aux maisons de Sedliiou.

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