‹ En GuinéeChapitre 74 sur 115 · AHMADOU · texte numérisé non relu

AHMADOU

IV Almamy. — 1878.

sa case à Foiigoumba et y resta pendant sept ans, sept semaines et sept jours h demander h Allah la conversion des Idolâtres. Jamais il ne permît h. sa femme de pénétrer jusqu'à lui. II vécut seul, jeûnant toute la journée, ne prenant qu'une faible nourriture que lui faisait passer un captif après le salam du soir. Il y avait sept ana, sept semaines et sept jours qu'il vivait ainsi dans l'isolement et le recueillement le plus absolu, lorsque son épouse, frappant k la porte, lui cria ; '* Allah î soit loué ! tes prières, ont été entendues, et le Fouta te réclame comme chef pour le conduire contre les Infidfeles. " Tous les Anciens, en effet, réunis à

Fougoumba, venaient, sur la proposition de Modi-Maka, et malgré quelques compétitions, celle entre autres de l'alpha du Labé, le guerrier le plus célèbre qu'il y eût panai eus, de nommer Karamoklio alpha, chef suprême des Peuls (1). "

L'armée des Foulahs fut réunie h Fougoumba et partit en campagne contre les Infidèles qui venaient de franchir les f routières du Fouta.

Karamokho, plus marabout que guerrier, laissa les ennemis passer le Bafing et, malgré la bravoure de son fils Salifou, fut complètement battu.

Après ce désastre, le Conseil de Fougumba remercia Karamokho et nomma à sa place son cousin Ibrahima, fils de Malik-si.

(1) Bayol. ~- Voyage en SénégavibK {Reout maritime et coloniale, décembre 1887.)

Celui-ci rênnrt préeiiiitaiiuiieDt ses partmn.'i, surprit en plasîeors reacontrei les bandes caDemi»). dissémùt^es daoa le pays poar mieux piller les villages 1 foulahs, puis dans une grande bataille attaqua les chefs ennemis Ava-Boumno et Kondé-Bouramo, près du 8îka-Kouré. et les mit en complète déroute (rets | 1780 (1).

(1) n tt'7 s pu ptos d'an nèele, dit I.MBbcrt, qu les Foulmlu Tirûent k l'eut de Iribi 'la hèrtdlUirea duu let p«T« des Diftlookés. lU j étmîeat Tcnos d'un lien fort é oM dm Mleil let«U (ta terre de Fks saÎTmnt lu sus ; de Sun soiruLl lea antre*}. Qociqnev-OBe» de vm Mhu, lAuiiee msi on dtet da ■em de Sérï ■'étaient établies snr le teniteire de Faoeoômfaa; qo^oei •■Ira «atonr de TUbtt.8iri permit 4 MO frère Seldi de preodn la iitea d'Alpha o« de efcef^ ap rtae, t cnaditieo ^as ke Alpha aenî«at tonjoars èltu par !« habitanU d« Faocoomba, prinUg* qn'ila oat (■riéjw^'àwioar. SMBOwUHiBeBiaiUa et Seldi tnaaaît à >» Us Kikala tua tîtfe et a fviamuea. Le titre d'A^ka hil ennhe porté saeeearinaeiit par lea denz Ui de ee dénier. UaBe K îtMjhav, ^ se se départirent pas, i regard des Djalankés idoUtrai, des pneédéa de doveenr et de pBHQawnB tmfiajim par lew» apeêtrea. LeUade Malie, Ibrabiiaa, fat le premier à étîg^eo syittee la e«M%aKe et la eottrenioa à naia «naée. Cet Ibtahtma Hevi par an aaraboat, mmi paratf, avait, df»«a, BB td taipec t poar sbb pré c epteur, qai, eatre aatrea ehwes lai avait appris I^rabe. fw iMeta*!! plaarait (ee qai antre dans c« pajs sept moi* de reande >ar deoseï, il aMOtait pwiaw aWiat ■V la eaa» da saint bamne et la eoonait de «s vAteat^Us, poar qae la ploie ne géaèuU paa j a u ne dMB naWnear. A^ Asvl les Faalaks. Diea réeempe M a IbcahÎM de eette piéU Traimnl tBata, m vd^Maaft taales sta sAfcpmea*

Le aa^re des FWalakt, ses sajels, et les ——^—- ^ lai dtaîeaC ia<i»is. s'étaat aeera poa k p««, il jkH le UCk fAl— t. et n—gaç a la eeMralM de taate la eoatrée qoi pacte aajoard'baï le MB de FMta4))dsB.CMaeeeatr«efBt,dareMafraaTTe de teste saris; il eat aasri i pepe«sser les ■ttaïaiii des paapka paim f«i nanat â'aa-^A da »fer aa Meana des Piiloakés. n ^ tt-«a, daaa ptas de caaft naiBMtiM et netaa pas Boias de eaat •Dizaate-qaata teibas. Oa prttend ■ >■■ ^a'^ea aae sealc fais 3 « aU à aart, trento-faatre ■

iiliii. m Mlimi alf iTinn 1 " le dermier rbswpiiin qpepanefac eelaii-cidWtH I, a'^jaai tanjeiré qa'n sen, ni pins aï Boiaa fae lea h

d« i^lfcUM de rE*. Dmbiaa *■ tanna tms la Hsrd, fer^a Haka, nkétU et à cendre le titre d'AiBBMr; p^Bp^nla lUéséetleB janit Koaùakari, aa enar da Kaatta, à cent s

lasnsweès laivalatle leiiiM de Sori (te ■af^iH, «nfe

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ParThabileté de ce chef, le Font» était sauvé. L'assemblée de Fougoumba décerna à son libérateur le titredeclieikou, puis quelques années plus tard, après un coup d'Etat, Ibrahim» était nommé premier Almamy (1788-1813).

C'est à. cette ^loqne que Timbo devint la capitale du Fouta-Diallo, tandis que FougDnnriNi restait le siège du Conseil des Anciens et la ville sainte du pays.

•TM «es Bohémiens d'Earope ot qu'ils n'en diffèrent que par suite de leur séjour daua la Sénégambie M de leur mélange avec les peuples. En effet, si j'étudie les mcears, la religion, la langue, etc., de ces •D-fadigènes, je les Tois arriver en conquérants chez les peuplades timides qui tiabitaient la rive gauche du haut Sénégal, vivre au milieu de leurs troupeaux, sous ta tente ou dans les gourbis, sans oonitrnire des villages comme les Noirs, dédaignant l'agricultore et se nourrissant presque excluaivement do laitage. Leur langage n'a aucnne analogie ni avec les idiomes des Noirs, ni avec la langue des Maures. Leur religion est une énigme, comme c^elle de leurs frères d'Europe. Sans vouloir tirer dos considérations précédentes, des conclusions absolues, je crois en résumé : 1* Que les Foulahs sont de raco indo-européenne: '2* Qu'ils ont la même origine que les Bohémiens, les Gipsy, les Gitanos, les Zigaoi, etc. Chassés de leur pays par les Mongols, au XV* siècle; ils auraient pris la route de l'Egypte par la Syrie pour s'enJoncer plus tard dans le centre de l'Afrique ; d'étape en étape, ils aéraient arrivés dans ta Sénégambio k une époque que je ne puia déterminer, mais qui doit être déjà assez éloignée de nous, si l'on prend en considération les puissants états Toncouleurs déjà constitués {*) ".

M. Béreoger-Féraad dans son livre : Les Peuples de la Sinégambie, présente encore une étude particolière qu'il a faite eu Afrique même :

" Los Peuls, dit-il, qui ont les attributs de la race libyque, ont pu habiter les versants méridionaux des montagnes de l'Algérie et de la Tunisie : l'Aurês, l'Atlas. Ils étaient pasteurs et idolâtres, vivant jusque-là en assez bonne harmonie avec leurs voisins. Carthaginois, Romains, dont l'esprit de conquête, tout actif qu'il était, pouvait être combattu efficacement par eux, parce qno ne reposant pas une race idée religieuse, il n'était pas poussé à l'excès. Lorsque l'Islamisme apparut, imposant le Xuran avec le sabre, détruisant tout ce qui lui résistait, les Peuls vaincus dans les premières rencontres, mirent du pays entre les agresseurs et eux, chose d'autant plus facile qu'ils étaient pasteurs nomades, et par conséquent très mobiles. Ils commencèrent leur migration vers le Sud qui était inhabité. Sachant par le récit des voyageurs, qn'il y avait dans le Sud un pays assez analogue à leur contrée natale, ils traversèrent résolument et peut-6tre eu très peu de temps ta bande de 200 & 300 lieues de pays aride, qui sépare le Fouta-Djalon de t'Aurès et de l'Atlas, et ils tombèrent inopinément au milieu des peuplades noires qui s'étaient établies dans le pays où le Sénégal et le Niger prennent leur source.

D'envahis qu'ils avaient été, les Peuls étaient devenus aussi des envahisseurs : de vaincus, ils devenaient conquérants, et, chose bien extraordinaire, mais qui n'est pas sans exemple dans ta vie des peuples, l'Islamisme devant lequel ÎU fuyaient avait pénétré dans leurs rangs; de sorte que peu à peu, et sans s'en rendre compte assurément, ils firent vis-à-vid des Noirs ce que d'autres mahométauB avaient fait vis-à vis d'eux quelques siècles auparavant.

Plus intelligents, mieux armés, sinon plus braves que les peuplades mélaniennes qui les gSnaient, les Peuls s'établirent définitivement dans le Pouta-Djalon et y eurent d'abord une période assez brillante. Maïs lenr nombre étant très restreint relativement aux Noirs qu'ils déplaçaient, il leur arriva en mains endroits d'ôtre fractionnés et séparés du noyau envahisseur ; de sorte, qu'en même temps que leurs descendants étaient de race moins pure, ils se trouvaient noyés dans cet océan de nègres. C'est pour cela que leur caractère de blanc s'entame et finit par disparaître on maints endroits, faste d'apport suffisant de sang primitif.

Cette manière d'apprécier l'origine et la place ethnographique des Peuls est ingénieuse, on le voit ; elle nous explique, non seulement l'existence des types élevés et restes presque entièrement oaucasiques que l'on rencontre dans la liante Sénégambie, mais aussi cite nous fait comprendre les

(*) Docteur Tbolf, médecin de ta moriae m poite de Bakel,

L'Almamy Piraliima jjrofita de l'impulsion donné k ses troupes pour étendre les frontières du Fouta-Diallo ; les pay« de Koïn et de Kolladé furent occupés, le chef duLab<î alpha Ahmadou-Saliou dut reconnaître la souveraineté de l'Almamy et, le roi du Boundou, Maka, devint sujet du Fouta.

Ce fut k cette époque que les Foulahs envaliirent la haute Casamance et créèrent un Etat mandinguo-peul dans le Firdou.

gradations insensiblea de coloration qne noas voyons dans lo paya entre les divers groupes d'individni. En effet, nous comprenons alors pourquoi, sur la rive droite da Béné^l, les Maures Dowichsont plos blanca que les Brackna, lesquels sont plus blancs que les Trarza ; tandis que sur la rive gauche, les Sooiukés, les Kliassonkès, les Toucoulenrs, etc., sont moins foncés qne les Oaolots proprement dits {*) ".

(*) Bérengec-Parsad. — Lei piiipladet de la Sintgariibie,

Voici une version plus complète :

" Les Peulx, se sont dos lilaocs comme vons; s'il sont Noirs, c'est que lo soleil les a brûlés. Guidés par Dieu qui les aime bien, les Foulahs sont venus du Fouuan^niî (pays de l'Est), où il n'j avait plus d'herbe pour faire paître leurs troupeaux, dans les montagrnes du Fouta qui est un boan pays, où il y a toujours de l'eau, de l'hcrfao et du bois.

C'étaient les Diatlonkés qui étaient les maîtres du Fouta, mais ces hommes-lÀ, qui bavaient du san^ara (eau-de vie), no faisaient jamais salam et Dieu n'était pas content pour eux. C'étaient toat de même de bons garçons, car ils ont dit au Foulahs : Beste-là, fais des lougans (cultures) et tes bœofa mangeront de la bonne herbe.

Les Peuls, qui voyaient que lo pays était bon pour oui, sont venus en grand nombre, et, quand ils ont été les plus forts, ils ont dit : 11 faut que les Diallonkés fassent la prière comme nous. Alors ceux qui étaient chefs des Peuls ont dit aux chefs du Diallo : Il faut faire salam avec nous, c'est Dien qui l'a dit. Mais les Kèfirs (infidèles) ont répondu : Nous sommes chez nous et nous ferons comme nous voudrons : si voua n'êtes pas contents, il faut quitter le pays.

Alors les Peuls ont fait la guerre aux Diallonkés qui n'avaient pas la force, et ont gtkgné le pays jusqu'à Fougoumba. Ces l'ouïs là, c'étaient des Baldinké, dos Sidinkcs (°), c'étaient les fils de Sidi et de fialdi qui commandaient à Tomboucton.

Un de ces hommes-lÀ qui était de la famille de Sidi, s'appelait Kikala ; c'était un gr&nd maraboat (homme pieux). Alors les Pouiars ont dit : C'est lui qui est notre chef 1 et Kikala a été chef. Quand il est mort, c'est son Tils Sambigou qui l'a remplacé. Mais Sambigou avait deux fils, Nohoa et Malik-Si, qui étaient aussi de grands marabouts.

Quand Sambigou est mort, ils voulaient être chefs tous les deux, mais ça a'étaitpas bon. Alors les Penla ont dit : Voilà Karamokho-Alfa qui est le fils de Nohou. Dieu l'aime trop parce qu'il est grand marabout ; il faut qu'il soit lo cbcf du Fonta et Karamokho-Alfa a été le premier grand chef. Ce n'était pas Almamy, mais c'était comme Almamy. Karamokho faisait salam tonte la jonruée et atissi toute la nuit. Arec les autres chefs et avec Modi-Maka, le grand père do Modi-Diogo, qui était le grand porte-parole des Peols, il a dit : Dieu n'est pas content parce que les hommes ne font psa ■alam! Alors les Peuls ont pris les lances et les flèches et ils ont fait la guerre aux baYeurs de aangara.

C'est Karamokho qui commandait.

Il a rencontré Kondè-Biramo qui était commandant des Kèfirs. Ou a livré la bataille et Kondé- Biramo, qui était le plus fort a gagné. Il a pris beaucoup de captifs ot a coupé le cou au chef dea Foulars. Karamokho-Alfa s'est sauvé, mais il n'avait plus la tSte solide.

Kondé-Birarao a bâti un tata (fortereasc| près de Fougoumba et a dit : Maintenant c'est moi le mattre, j'ai la force, et si les Poulos ne travaillent pas bien les lougans, je leur couperai le ooa. Les Feula n'étaient pas contents d'être captifs et ils ont dit : 11 faut tuer Kondè-Biramo.

Modi-Maka qui avait beaucoup de tête a dit : Celui qui sauvera les Peuls, c'est Alfa-Ibrahima,

Ibrahîma Sauri (le Matinal), que ses conquêtes avait surnommé Maoundou, orfrit le pouvoir à Salifou^ fils de Karamokho, qui le garda quelques années.

Ce partage de Tautorité créa à cette époque deux partis opposés : les partisans d'Ibrahima Sauri prirent le nom de Sauria^ tandis que ceux d'alpha Salifou celui d'Alphaya.

A la mort d'Ibrahima Sauri qui eût lieu, dit Lambert, trente-trois ans après sa victoire sur les Infidèles (vers 1813), les deux partis politiques compromirent la prospérité du pays et la guerre civile éclata.

Aldoulaye {1)-Bademba (1813-1819), chef du parti Alphaya, ayant appris la nomination de Sadou (1813}, comme Almamy des Sauria, marcha sur ce prince qu'il surprit à Timbo et le massacra avec quelques-uns de ses partisans.

La conduite d'Abdoulaye révolta tous les esprits : Abdoul-Gadiri (1819-1830)^ élu chef des Sauria, se chargea de venger l'assassinat de son frère ; il poursuivit le parti Alphaya dans la province du Labé, l'atteignît dans celle du KoUadé et tua Abdoulaye de sa propre main.

Abdoul-Gadiri. surnommé Abd-el-Kader. mourut de maladie à Timbo; durant son règne, le Niocolo et une partie du Gabou avait été rendu tributaire du Fouta.

Son frère Yaya (1830), lui succéda.

Du côté des Alphaya, Bou-Bakar (1830-1837), avait succédé à son père Abdoulaye. Ce fut sous son règne, qu'El-Hadj-Omar (Omar le Pèlerin), obtint le titre d'alpha avec le territoire du Dinguiraye.

Omar, d'origine toucouleur, né sur les bords du Sénégal, revenait du pèlerinage de la Mecque. Ce fut de Dinguiraye qu'il rassembla ses premiers partisans, pour combattre les Infidèles. Il vint assiéger inutilement le poste français de Médine, défendu par Paul IIoll, puis partit conquérir l'empire du Ségou, le Nioro et le Massina.

fils de Malik-Si. C'était le cousin de Karamokho. Ibrahima a appelé tous les hommes et a dit : Nous allons casser le tata de Kondé-Biramo, mais il faut faire salam et Dieu nous accordera la force. Les hommes d*Alfa-Ibrahima ont rencontré les Kéfirs au Tiangol-Sira-Kouré, près de Timbo ; ils ont fait une grande bataille et Ibrahima qui avait obtenu la force a tué Kondé-Biramo, ainsi que sa femme Ava Birama, qui commandait aussi les guerriers, et il a coupé le cou à ceux qui ne voulaient pas faire salam. ^

C*était bon pour les Peuls, cette affaire là et les Diallonkés, qui n*a valent plus la force ont fait salam. filais Ibrahima n*était pas encore content, parce qu*il y avait des hommes de Kondé-Biramo qui s*étaient sauvés du côté de Donhol-Fella : il a couru après et les a tous tués !

La guerre était finie et les anciens du pays étaient trop C(mtents pour Ibrahima ^ ils ont fait le palabre et Modi-Maka a dit : Ibrahima, c'est un grand guerrier, il faut le nommer, Almamy du Fouta et puisqu'il livre toujours la bataille quand le soleil se lève, il s'appellera Sory (le matinal). Ibrahima Sory a été le premier Almamy du Fouta (*) ".

(*) Ernest Noirot. — A travers le Fouta-DUllon et le Bambouh,-^ Tradaction faite par Tinterprète de la mission Bayol, 8008 la dictée de Mahamadou-Saîdoa.

(1) Prononcer Abdoulaille.

Ahvuidmi (lS;il), frère Je Yiiy.a et fils il'Aliriii'lou (jui lui-mf'me dtaït li' quatrième enfant it'Hiraliima-Saury, devint Alinaniy ilesSauria.

L'élection d'Alimailou avait eu lieu par surprise et était illégale. Les habitants du Tinibo <lécîdèrent que Aliinid'ui, son père, n'ayant jamai.s été Almamy, son fils ne pouvait prétendre Ji ce titre. Ahmadou fut donc sommé de rendre le pouvoir, mais a'y refusant il fut pour-suivi et rejoint près du Tchan- 3Uol-felIa oii il fut tué. Son règne avait été de ti-ois mois et trois jour».

Oumkrou (18îi7-l>^72), fils d'Abdoul-Gaflïri.futélu Almamy, maïs ce ne fut qu'à la mort de Bou-lïakar qu'il exen;a le pouvoir. Ouniaiou ou Oumar était né vers 1814. De bonne heure, il devint le chef du parti Alphaya.

Encore jeune, il dut s'expatrier et se retira chez l'AImamy Sada, rnî du Boundou. * ' Dans les fréquents ])alabre8 que lalniamy Sada eut avec les Frau(,wtïs pendant qu'Omar résidait près de lui, ce dernier apprit à nous connaître, h admirer notre puissance et îi nous aimer. Il avait vingt et un ans quand il rentra dans son jiays. Son père était mort en lui laissant une fortune assez considérable, et que l'AImamy Bou-Iîakar, alors régnant, n'osa pax confisquer. A peine de retour îi Sokotoro, résidence habituelle de sa famille, il attira près de lui la jeunesse du pays, qu'il s'attacha par ses générosités. Une des maximes favorites de l'AImamy Sada, son maître en politique, était qu'un chef devait toujours renvoyer les mains pleines, ceux qui venaient le voir, et l'élève resta fidèle à cette maxime aussi longtemps que dura son riche patrimoine ; mais il le dissipa si vite et si complètement qu'un jour n'ayant plus rien, il retira son coussave pour l'ofirir h m\ griot qui venait de chanter ses louanges. Cependant, si ses biens étaient partis, il lui restait de nombreux partisans, d'autant plus attachés k sa fortune et à sa personne, qu'ils avaient appris à le connaître et savaient parfaitement que, s'il arrivait au pouvoir, il ne tes oublierait pas. Dans plusieurs expéditions contre les Infidèles, Omar se fit une grande réjmtation militaire, et gagna d'autant plus vite le cœur de ses guerriers, qu'il leur abandonnait toujours la plus grande part du butin.

Enfin l'occasion de mettre îi l'épreuve la fidélité de ses partisans se présenta. Un des fils de l'AImamy régnant ayant insulté mie de ses femmes, il retendit mort h ses pieds, la première fois qu'il le rencontra sur son passage. Quand la nouvelle de ce meurtre parvint au Timbo, le Conseil des Anciens, entièrement composé des ennemis de sa famille, fut assendjler pour le juger et le condamna à mort, sans qu'il eut voulu comparaître devant ce tribunal. Sachant le sort qui l'attendait, Omar s'était retii'é h Tsaïn, où il avait convoqué ses jeunes amis, qu'il compromit h sa cause en leur promettant d'enlever toutes les femmes du parti adverse, dont ils avaient envie. Alors l'AImamy Hou-Bakar voulut faire exécuter la sentence prononcée contre Omar ; mais un de ses hommes, envoyé k cet efi'et k Tsaïn, fut arrêté, bafoué et ignominieusement châtié. A cette nou-

velle, l'Almamy furieux voulut diriger contre lui une armée assez considérable pour le prendre ou le tuer. Mais des cadeaux faits adroitement h Timbo par Omar, sa générosité proverbiale et la crainte de voir détriùrê la partie la plus brillante de la jeunesse du pays, parmi laquelle se trouvait un grand nombre d'alpha'ia, lui avaient fait des partisans, et les Anciens, consultés, refusèrent d'en appeler aux armes pour une querelle personnelle. L'Almamy Bou-Bakar, ne pouvant avec ses propres forces se flatter de prendre Tsaïn, défendu par Omar, dut donc ajourner sa vengeance.

Alors les jeunes partisans de ce chef habile l'engagèrent à. se proclamer Almamy, et appelèrent à eux tous les liommos qui lui étaient dévoués. Le "

moment ne semblait pas proi»ice k Omar, qui refusa d'abord; mais craignant qu'on attribua ce refus k sentiment de crainte, et voyant h ses côtés une armée prête à marcher et bien disposée k combattre, il résolut bientôt à courir les chances d'une bataille qui, s'il était vaincu, aurait du moins pour résultat de le poser en prétendant.

Ses partisans une fois réunis, Omar marcha sur Timbo, où l'Almamy Bou- Bakar, avait de son côté rassemblé une armée. Les deux advereaires se rencontrèrent sous les murs de cette ville. Le combat dura trois joui-a. Trois fois Omar pénétra dans Timbo et fut obligé de se retirer. Néanmoins la fortune semblait se prononcer pour lui, lorsque sa mère, Néné-Kadiata, arriva dans l'intervalle d'une trêve convenue entre les deux partis pour se donner le temps de faire le salam du vendredi.

Le premier soin de cette temme héroïque fut d'aller trouver sou fils, auprès duquel, usant de son autorité maternelle et invoquant la tendresse qu'il lui avait toujom's montrée, elle obtint qu'il se soumettrait, si l'Almamy Bou-Bakar con-

sentait à oublier le passé et h le reconnaître pour son successeur , puis elle se transporta sous la .tente de celui-ci et l'amena à accepter cet arrangement, en montrant l'avantage qu'avait déjà son fils et les malheurs qu'allait entraîner la guerre. Ce traité conclu, Omar désarma, son but atteint, son droit au trône sanctionné, et il n'avait plus qu'à attendre ; ce qu'il fit patiemment, mais sans cesser néanmoins d'accroître le nombre de ses partisans .

La mort de Bou-Bakar arriva cinq mois après. Quelques soins qu'on eût pris pour cacher la maladie de ce prince, Omar en avait été instruit par les agents qu'il entretenait à Timbo oîi il rentrait le jour môme du décès de son prédécesseur, s'emparait du pouvoir, et, chose inouïe depuis la mort des premiers Almamys, dîsait la prière sur le corps du défunt et conviait les deux partis à une réconciliation qu'il désirait sincèrement. En effet, pour ôter désormais tout motif à la gueiTC civile, il faisait appeler Ibrahima Sauri, son cousin, successeur désigné, avant le combat de Timbo, et lui promettait de lui céder la couronne dans quelques années, sous la condition qu'ils régneraient alternativement afin d'éviter dans l'avenir les représailles et l'effusion du sang qui amoindrissaient depuis trop longtemps l'influence extérieure du Fouta-Diallo.

Ibrahima souscrivit à cet arrangement. Trois ans après qu'Omar fut monté sur le trône, ainsi que cela était convenu, son cousin se présenta devant Timbo, tandis que l'Almamy Omar se retirait sans combattre (1). "

Ibrahima, esprit faible et orgueilleux, cédant à l'influence de son entourage profita de la confiance d'Oumarou (Omar) qui n'avait aucune force autour de lui, pour chercher à se saisir de sa fortune. Heureusement pour Oumarou, les eaux du Sénégal étaient hautes, les troupes d'Ibrahima ne purent le surprendre. Oumarou eut le temps de gagner Tsaïn, sa place forte, et d'appeler ses partisans. Six mois après, il battait Ibrahima et rentrait définitivement à Timbo.

Hecquard qui, quelques années plus tard, voyageait, fut chargé, par Oumarou, de solliciter d'Ibrahima sa soumission au nouvel état de chose.

Hecquard partit donc pour Dara, résidence habituelle des Alphayas. " Ibrahima ayant été prévenu de notre arrivée, deux de ses hommes nous introduisirent dans une grande chambre où se trouvaient déjà quelques Anciens de son parti, impatients de voir la paix conclue, pour rentrer à Timbo et prendre leur place au Conseil et dans les Assemblées... Le lendemain, les palabres recommencèrent. Comme toujours, Ibrahima se montra faible et irrésolu. "

Lorsque les marabouts et les vieillards eurent terminé leur harangue, Ibrahima demanda comme condition de sa soumission, qu'on lui laissât les provinces du Timbé et du Labé. ''Cette prétention était inadmissible, car c'eut été le démembrement de l'Etat et donner à un rebelle les moyens de rassembler une

(1) Hecquard.

armée et de recommencer la guerre sans que TAlmamy s'y opposât. Le frfere d'Omar repoussa (înergiquement de pareilles conditions... Cette première conférence dura fort avant dans la nuit, et il fut convenu que nous la reprendrions le lendemain. Effectivement, le soir de ce jour, après une assemblée de trois heures dans la matinée, j'étais de retour à Socotoro, où j'eus la satisfaction de rapporter h, l'Almamy, l'heureuse nouvelle, qu'Ibrahïma était prêt îi faire aa soumission sans autre condition que la vie sauve.

Le vendredi, 6 juin 1851, jour de salam, fut choisi pour la renonciation solennelle, que devait faire Ibrahinia devant le Conseil de Timbo. Nous nous étions rendus la veille dans cette ville, où Ilirahima, qu'on logea près de moi, envoya un des siens me prévenir de son arrivée et m'inviter h l'aller voir. Il m'interrogea longtemps sur les dispositions dans lesquelles j'avais laissé l'Almamy

à son égard, et me pria d'aller mot-même lui demander à quelle heure il pourrait le recevoir. Je me rendis chez l'Almamy, qui ordonna d'aller immédiatement chercher son cousin. Quand Ibrahima parut devant lui, il ne lui laissa pas le temps de faire des excuses, lui tendant la main, il le fit asseoir h ses côtés sur sa peau de mouton et lui parla de leur enfauce et leur ancienne amitié, comme si jamais ils ne s'étaient brouillés. Leur conversation dura une heure. Le soir l'Almamy envoya îi Ibrahima un magnifique souper.

Le souverain du Fouta-Diallo, tenant son comi)étiteur par la main, se rendit à la mosquée accompagné d'une foule immense et des chefs du pays, convoqués h cette cérémonie et prêts k se battre en cas de surprise. Le tamsir fit le salam auquel Omar et Ibrahima assistèrent, placés sur la même peau. T-orsque la prière fut terminée, ce dernier, suivi de ses principaux partisans, renonça, en présence des Anciens et des Chefs, k toute prétention au trône, et jura surleKoran, fidélité à l'Almamy Omar (1). "

Ce fut sous le règne d'Oumarou que les Houbbous (1), sous la conduite du marabout Djioud, s'érigèrent en paya indépendant.

Au sud du Fellocouiida " existe une région montagneuse, d'un abord difficile et qui s'étend h plusieurs journées de marche dans la direction de Falaba. De nombreux villages peuls, amis de Modi Mamadou, étaient cachés dans les montagnes ; ils considéraient le pays comme leur appartenant, Cheikou- Saurî, fils du chef de Baylo, et son ami Mamadou Salitou vinrent k cette époque élever un roundé dans ce« montagnes et firent des plantations de manioc. Des élèves de Modi Mamadou dévastèrent les champs, coupèrent le manioc, et répondirent par des insolences. La querelle dégénéra en bataille, et un esclave fut assommé h coups de bâton.

Le chef tle Baylo envoya une députation h. l'Almany Oumarou l'informer des troubles qui venaient d'avoir lieu. Celui-ci ne voulut pas trancher le différend, il désigna deux hommes qui furent avec ceux du Baylo trouver Modi Mamadou Djioué, qui devait, en sa qualité de mai*about, prononcer le jugement.

Le chef des Houbbous reçut les envoyés de l'Almamy Omar, entouré de ses tahbés. 11 fit un discours sur la religion qui arracha des larmes k toute l'assistance et termina ainsi : " Mes talîbés appartiennent k Dieu et h moi ; ils ne doivent rien k l'Almany ".

Les envoyés sortirent de la salle du Conseil en laissant tomber ee mot : modjé ! (c'est bon !), que les peuples emploient toujoui-s k la fin d'un palabre. C'était la guerre.

L'Almany Oumarou dît alors aux Fonlahs ; '■' Les Houbbous sont trop puissants, ils veulent se mettre au dessus des lois, il faut les combattre ".

Le Cousell refusa h l'unanimité de donner des soldats k l'Almany : " C'est ta politique qui a fait les Houbbous puissants. Ce sont nos parents ou nos amia et non des rebelles ". — " Vous avez le droit de refuser, répondit Omar, mais vous ne sauriez m'empêcher d'aller les combattre avec mes propres ressources ; j'armerai tous mes esclaves et je les conduirai k la victoire ".

Après plusieurs rencontres avantageuses pour l'Almamy, les Anciens le prièrent de cesser une guerre sacrilège, puisque c'étaient des musulmans peuls qui combattaient les uns contre les autres. L'Almamy fît appeler son cousin Pjrahima-Saury qui était k Dara et lui dit : " Les Peuls viennent de laisser se créer un troisième Almamy ; c'est le chef des Houbbous, Modi Djioué. Devons-nous laisser amoindj'ir notre prestige ? " (2).

Les deux Almamy» rassemblèrent de nouvelles troupes et engagèrent une nouvelle campagne 'contre les Houbbous. Ce fut sur les bords du Monks, affluent

(1) Honbbou Uasou Allaï. — Quolqu'ai (i) Bayol. — Voyage en Sénégambie,

de IaPerite-Soarcie8(Kaba}, que les arnit^esennemieR «e ivncontrèrpnt. Oumarou et Ibmhima arriva aux secours des Foulaha et vainquit dana un combat mtSmoraljle l'arnuîe de Djioui;. Prfe.s de 2,5lJ0 Houbbous ne pui-ent vaincre les 800 g^Jerriers de Bademba ; les Houbboun; durent donc se retirer vers le TankisBO, après une nouvelle dt^-iaite ^ Kousokoya, oh îla vécurent indi^pendants sous la conduite d'Abal (le Sauvage), filu de Djioutî.

Cette guerre avait déplu h la majorité des Foulalis ; le peu de succès que les Almîinys avait obtenu avait diminué leur prestige. Oumarou résolut donc de reconquérir sa popularité en même temps que la fortune, en parcourant les tribus fétïcbistes voisines de l'empire. Il laissa le pouvoir k Ibrahima qu'il fit reconnaître comme son successeur, et partit vers le Gabou.

Cette campagne (1870-72) fut marquée par la prise de Kansala et l'occupation

du Piiquîsse, du Gabou et du Kokoli. Oumarou avait emmené pour cette expédition ses fils Bou-Bakar-Bîro et Mamadou Pâté, qui se distinguèrent dans la campagne contre les Infidèles.

Oumarou mourut en 1872 à Doumbiadji, dans la vallée du Rio-Grande, des suites d'une maladie chronique pour laquelle l'usage des eaux thermales des environs de Kadé avait été ordonné. Oumarou, né vers 1814, avait régné 35 ans.

A la mort d' Oumarou, Ibrahima garda le pouvoir; il résolut de porter de nouveau la guerre cliez les Houbbous (1873). II gagna le Firïa et livra bataille k Abal.

Voici d'après l'interprète de la mission Bayol, quelles furent les causes qui séparèrent une fraction du peuple foulah et qui, sous la conduite du marabout Mamadou Dioué, se réfugia dans les régions situées entre le Fouta et la colonie de Sierra-Léone.

C'était au temps des voyages de Ilecquard et de Lambert, Ji la cour de Timbo. — Modi Mamadou Dioué, chef de Lamia, mîaaidé du pays de Fodé-

Hadji (dïouale de Fougoumba), revenait chez lui après avoir passé sept ans chez un chef maure qui lui avait appris le Koran. Mamadou Dioué avait une grande réputation de sainteté et de tous côtés on venait demander des gris-gris (amulettes), qui possédaient de grandes vertus et qu*il faisait payer très cher. L'Almamy Ibrahima, au temps où il n'était qu'alfa, fit son éducation chez ce grand marabout qui avait déjà de nombreux talibés et était très vénéré.

Un jour, le fils du chef de Baylo et un de ses parents allèrent installer un roundé (habitation d'esclaves), dans un des. villages bâtis sur le versant du fello (montagne) Contât et plantèrent du manioc. Les talibés de Mamadou Dioué, qui en voulaient au propriétaire du roundé, vinrent un soir arracher le manioc et bouleverser les lougans (cultures). Le propriétaire leur demanda les motifs de

leur mauvaise action : les jeunes gens répondirent que cela ne le regardait pas, qu'ils ne connaissaient que le marabout et que, s'il n'était pas content, ils ,lui

disaient (un mot grossier intraduisible). Une rixe s'ensuivit et un captif fut

tué.

Le chef de Baylo, mécontent de ce désordre, se plaignit à l'Almamy qui dépêcha deux notables à modi Mamadou Dioué pour essayer d'arranger l'affaire. Le grand marabout reçut les envoyés avec beaucoup de déférence, tua un bœuf pour leur repas, parla de Dieu, de Mahomet en termes si éloquents que tout le monde pleura et conclut en disant que ses talibés et lui étaient pour Dieu et que l'Almamy ne le regardait pas !

De retour à Timbo, les envoyés rendirent compte de leur mission à l'Almamy Oumar, qui ne voulut rien entendre; il arma ses captifs et se mit en campagne.

Les hostilités durèrent des années. Tour à tour, les Houbbous et les soldats de l'Almamy furent vainqueurs, mais les Houbbous ne voulurent jamais se

soumettre. Modi Mamadou Dioué mourut de chagrin et fut remplact? par son fils Abal (le Sauvage).

Voyant qu'il ne pouvait réduire seul les rebelles, l'almamy Oumar invita son cousin Ibrahima, l'Almamy alphaya, k marcher avec lui contre les troupes tl'Abal. La campagne des deux alliL'a ne fut pas heureuse ; ils furent vaincus et chacun d'eux se sauva de son côté. Les Houbbous s'emparèrent de TJmbo, d'où ils furent d'ailleurs bientôt chassés, après un combat sanglant.

L'Almamy Oumar, que ses guerres continuelles avec les Iloubbous discréditaient auprès de ses concitoyens, renomma îi harceler les rebelles afin de

reconquérir sa popularité, et confiant le gouvernement ii TAlmamy Ibrahima, il partît convertir les infidèles du Gabou, Mandiugues habitants sur la rive-droite du Rio-Grrande,

Ibrahima, pendant ce temps, résolut de soumettre les révoltés, mais cette campagne lui fut funeste car il y trouva la mort.

Ibraliima pénétra cliez les Houbbous, les attaqua prts du village de Boketto, mais les révoltés étaient nombreux, les Foulalis eurent peur et se sauvèrent, laissant Ibrahima et deux de ses fils prisonniers d'Aribal qui les fit mettre Ji mort.

Depuis cette époque les Houbbous ont vécu en paix, car, comme dit l'interprète Saïdou : la guerre avec les Houbbous, ce n'est pas bon pour le pays, parce que Foulahs et Houbbous, c'est même père et m£me mère (1).

(1) Noirot. — A traoera le Fouta-Diallon, et le Bambouc.

A la mort d'Oumarou, son frère IbraJUma^Sauri^Donhol^Fella Ini succéda. Du coté des alphaya, Ahmadou^ frère d'Ibrahima-Sauri-Dara, et troisième fils de Bou-Bakar, fut nommé Almamy.

Ce fut sous les règnes dlbrahima (1872-1889), et d'Ahmadou (1873-X.), que le Fouta-Dîallo . signa un traité d'amitié avec TAngleterre, puis avec la France. Depuis 1888, les Foulahs ont définitivement accepté la suzeraineté nominale de la France, traité qui a été ratifié par le gouvernement, et, que le Portugal et l'Angleterre ont reconnu valable.

Le Fouta-Diallo est donc bien, cartographiquement du moins, dans la zone d'influence de la France, en attendant le temps, rapproché, il faut espérer, où notre autorité sera représentée, militairement au besoin, pour faire respecter les deux conventions de 1882 et de 1888, et donner au conmierce la liberté qui lui est nécessaire.

Bou-Bakar-Biro, du parti des Saurias, a remplacé en 1889 son oncle Ibrahima- Sauri, mort à Socotoro ; il a pris le pouvoir de 1890 à 1892, et est actuellement k la tête du Fouta-Diallo i>our la période de 1894 à 1896.

Dans ces dernières années, la France a envoyé plusieurs missions étudier le Fouta : on peut citer celles de MM. de Beckmann (1891), et Alby (1893), vers Timbo, et Madrolle et Baillât (1893), dans le dïouale du Labé.

GOUVERNEMENT

ORGANISATION - CONSEIL DES ANCIENS - LES ALMAMYS LES FAMILLES SOUVERAINES - LES ALPHAS

ORGANISATION primitive, au moment du aoulfevement des Foulahs (ou Foulbt'*), contre lea Aborigènes du Fouta-Diallo, fut une espèce de républifjiue théocratïque.

La fierté guerrière de ce peuple subit de bonne heure l'influence des marabouts, qui furent d'abord cliargés du gouvernement. Un Conseil (Lana lequel ne pouvaient entrer que des persouneK d'im certain iVge et d'une piété éprouvée liit nommé par une sorte d'élection à deux degrés. CLaque village désignait un chef, qui, réuni ii ceux de» autres \'illage8 de la province, formait une première assemblée. Ce collège, suivant le nombre des guerriers du teiTÎtoire qu'il représentait, envoyait deux ou trois membres pour faire partie du Conseil suprême, lequel composé de treize personnes (1 ) avait la direction exclusive des affaires politiques et religieuses.

Plus tard ce conseil, désirant conserver intacte son autorité, .s'érigea en tribunal suprême pour juger les fautes commises contre les lois du Korau. Il fit tomber les têtes des chefs les plus renommés, lorsqu'il.'* ne lui étaient pas aveuglément dévoué».

Ce régime finit par créer un mécontentement général et Ibrahima Saurï sut en tirer profit pour son intérêt personnel.

Revenu d'une guerre contre les Landoumans du Rio-Grande il ramenait un grand nombre de prisonniers. Certains chefs du Conseil des Anciens de Fougoumba, jaloux des succès remportés par ce chef, accusèrent Ibrahima d'avoir

détourné beaucoup (Vor et d'avoir mangé des viandes impures; Ibrahima fut . donc cité devant le Conseil. Il se rendit à Fougumba, escorté par un grand nombre de ses partisans qui T encouragèrent à s'emparer de la ville sainte. Il pénétra alors dans Fougoumba, fit saisir les membres du Conseil, et trancher la tête à ses ennemis ; puis convoquant un nouveau Conseil qu'il avait peuplé de ses partisans, il se ût nommer chef de l'Etat et de la religion sous le titre d'Almamy (Ei-Iman). C'est de cette époque que date la constitution actuelle de Fouta-Diallo. Fougoumba resta le siège du Conseil des Anciens et la ville sainte, tandis que Timbo devint la capitale de l'Empire.

Le gouvernement est un composé de monarchie et de république, et l'Almamy en fonction est à la fois roi, grand prêtre et juge indiscuté ; il préside le Conseil des Anciens qui décide des alliances et des affaires générales du royaume.

Deux grandes familles, les Alpfiayas et les Saurias se partagent l'influence du pays. Longtemps en guerre pour occuper le pouvoir, ces deux familles fournissent aujoiu'd'hui chacune un Almamyàvie, qui reste avec sa famille et tous ses partisans à la tête du gouvernement et des honneurs pendant deux ans ; elle cède ensuite le pas à la famille rivale.

A la mort d'un Almamy, le Conseil des Anciens se réunit à Fougoumba, et, sous la présidence d'un membre de la famille des Guiladjio, choisit parmi les prétendants celui qui, par son pouvoir, son autorité et sa piété, saura le mieux tenir les rênes du gouvernement.

Cet élu ne peut-être que le fils d'un Almamy (1). Ainsi dans l'histoire des Foulahs on voit que Ahmadou, illégalement élu Almamy, dut rendre le pouvoir

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