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LA FEMME FOULAH DANS LA VIE PRIVÉE

Le rôle })rincipal de la femme est.de soigner ses enfants, parfois très nombreux; a cela elle joint le travail* manuel, elle cultive la terre, pile le lîz, entretient le feu du foyer, et prépare les mets, du reste fort simples, mais avec beaucoup de propreté; les bouillies de riz ou de manioc sont les repas de chaque jour; chez les hommes riches, on ajoute des piments, des haricots et d'autres

supériorités accourent à son appel sans pouvoir le combler, aucun événement ne l'apaise. On dit que la femme est coquette, inconstante ! elle est constante, fidèle à son devoir, à sa fonction qui est de nous attirer au but toujours plus haut : la plus belle au plus vaillant: coquette à la ronde pour appeler au concours tous les mérites sans en oublier aucun. Son corps est le milieu terrestre où elle cultive It vie où son âme en qu6te dans l'univers rapporte les éléments épars de Tâme humaine qu'elle va ' cherchant dans Tidéal (*j.

(*) Olivier d« Sandervâl, Kaheh

plantes du Fouta, et parfois même de la viande de bœuf, de moutou, ou uue poule, ou le produit d'une chasse heureuse.

Le chef de famille et les jeunes gens mangent ensemble, et le maître est toujours servi le premier. Le plat qui compose le repas est placé devant lui, chaque assistant s'accroupit, roule dans le creux de sa main une boule de riz, do maïs ou de manioc et la lance dans sa bouche sans que les doigts aient touché

les lèvres. De temps en temps, on passe la calebasse remplie d'eau et chaque convive boit une gorgée. Le repas achevé, chacun se lave les mains et se rince la bouche en se frottant les dents avec les doigis.

La femme, elle, mange seule dans sa case particulière avec tous sea enfants, «'occupe h, toui* de rôle de la cuisine de son mari et de l'entretien de la case du chef de famille. Pendant le jour, si elle possède des esclaves, elle les surveille aux champs, portant continuellement son plus jeune enfant eiu- le dos à l'aide

d'an pagne. Le bébé, amni placé, est assis, les pieds en avant, les bras en dehon du pagne, la tête ballottante et exposée tout le jour aux rayons du soleil; — mais qu'importe ! pendant que la mère travaille, l'enfant s'eflForoB de dormir, tandis qu'à chaque mouvement, la petite tête vient frapper le dos de sa mère, et, ainsi dans tous ses travaux, dans les longues courses, la femme porte son enfant, sans que les fardeaux ou le travail déplacent le malheureux bébé.

Nourrir son enfant est encore une chose très simple pour la femme foulah, elle desserre le pagne, fait passer le nourrisson sous son bras, de manière à le mettre à cheval sur ses hanches, et l'enfant, la tête penchée, le cou tendu, réussit h trouver sa nourriture. Les mères allaitent leurs enfants souvent pendant plusieurs années, aussi le corjjs des femmes est-îl vite déformé, car non seulement elles ne connaissent pas le corset, mais elles se compriment la poitrine et les seins avec le pagne qui supporte l'enfant.

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