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CULTES - BUDGET - FORCES MILITAIRES

COMMUNICATIONS

HISTORIQUE

accroujii

E mot Sierra^Léone est d'origine portugaise : il vient de Serra J^eoa, qui signifie Montagne de la Lionne.

Cette appellation, que les navigateurs donnèrent îiux niontagneu de l'Intérieur s'explique de plusieurs manières. Lorsqu'on arrive de la pleine mer et que l'on pénètre dans l'estuaire de la Rokelle, les montagnes que l'on aperçoit derrière Free-Town ont grossièrement l'aspect d'un lion istence des lions, des léopards dans les hauteurs

voisines ou le mugissement des vagues sur le rivage peut encore avoir déterminé l'origine de ce nom. D'après Cadamosto, l'on aurait comparé le bruit du tonnerre, si fréquent dans ces parages, au rugissement du lion. Malgré ces explications plus ou moins cherchées, on trouve que le Sierra-Léone fut ainsi dénommé pour la première fois au xv siècle.

Pedro de Cintra et John Hawkins abordèrent en ces lieux et chargèrent une quantité de nègres, qu'ils débarquèrent aux Antilles. Ces deux Négriers paraissent avoir été les premiers ^ reconnaître l'embouchure de la Rokelle.

A la fin du svi* siècle, William FUncli qui faisait voile pour les Indes, aborda dans la rivière de Sierra-Léone ; il apprit, des indigènes, que les Portugais y avaient eu îi plusieurs reprises des nombreux comptoirs et que des prêtres y avaient construit des chapelles et converti des Noirs ; il remarqua mfîme des noms de navigateurs incrustés dans le roc, entre autre Francis Drack qui prétendait avoir séjourné en ces lieux vingt-sept ans avant Cavendiali.

Au xvir siècle, l'amiral hoUaiitlais de Uuyter, îi la recherche dYtablissemcnts anglais, détruisit, vera 1B()0, les factoreries que ceux-ci possédaient dans les îles de l'estuaire de la Rokelle. Aprf;9 cette attaque, les comptoirs anglais de l'île de Tasso, furent reconstruits dana celle de Bause.

Au commencement du xviu' aifccle, la France et l'Angleten-e étaient en guerre; deux vaisseaux, montés par dea corsaires français, pénétrèrent dans la Rokelle et pillèrent les établissements anglais de la Compagnie Royale Africaine (juin 1704).

Vingt-cinq ans plus tard des essais d'émancipation des esclaves ftxrent tentés dans la colonie ; ils turent les préludes des théories Granville et Mausfield qui firent abolir l'esclavage en Angleterre dès 1772.

Dupout de Nemours fut un des premiers à concevoir l'idée de ti-availler &. la civilisation en attaquant dans son vif la question de l'esclavage ; cependant si la gloire d'avoir conçu le premier plan d'un établissement de captifs libérés avait été émis par un Français, la gloii'e des sentiments de liberté revient entitremeut aux Anglais qui, eux, ont liasse des idées aux faits.

Les conséquences de la loi de loi-d Mansficld, furent (ju'en quelques mois, tous les Nègres habitant l'Angleterre re(;urent leur liberté ; mais non contraints au travail, ils ne vécurent que de mendicité. C'est alors que quelques philanthropes prirent la cause des esclaves libérés et créèrent une association qui reçut le nom de "Comité pour le soulagement des pauvres Noirs".

Cependant le nombre des libérés sans travail s'étant augmenté, le Comité dut chercher les moyens de poui'voii* îi leurs besoins. On songea alors k rendre au Continent noir ses anciens sujets qui emoombraient les rues des grandes villes anglaises, et Slerra-Léone fut choisi comme lieu le plus convenable pour le bien de cette entreprise.

Un premier convoi de plusieui's centaines d'Africains et de quelques Blancs volontaires, sous la direction d'un ' ' Agent conducteur " fu-ent voile pour la côte occidentale d'Afrique et débarquèrent k Sierra-Léone en août 1787 ; une bande de terre, située à six milles de l'estuaire, fut achetée k nn chef indigène, et les colons commencèrent leur pénible travail de fondation de la première colonie libre d'Afrique.

Malheureusement on n'avait compté sans la nature pestilentielle des heux, et sans le voisinage des peuples barbares et guerriers. Les colons trop peu nombreux quittèrent les lieux pour mieux se'retranclier dana les montagnes.

En Angleterre, une nouvelle association, sous le nom de " Compagnie de la baie de Saint-Georges", obtint en 1789 une charte royale ; on dépÈcha sur la côte de nouveaux convois de libérés et on procéda k la construction d'une nouvelle cité qui reçut le nom de Grandville-Town en l'honneur de l'homme qui, toute sa vie, n'avait eu comme unique pensée, que celle de la libération des Nègres.

En 1791, une nouvelle société anglaise, la "Compagnie de Sierra-Léone", succéda il la précédente asaociation. Elle obtint des privilfegeB étendus de la Couronne et fut autorisée ii joindre au but philanthropique qu'elle comptait excercer, la question commerciale.

Aprfesla guerre de l'Indépendance de l'Amérique, de nombreux Noirs étant restés sans travail, la Compagnie de Sierra-Léone oflfrit de les installer sur ses terres ; treize cents nègres furent ainsi transportés en Afrique, dans un lieu qui

SIERRA -LEONE

fut appelé Free-Town (1792). A la suite de ce débarquement, des luttes éclatèrent entre les anciens colons et les nouveaux aiTÎvés, et il fallut que le gouvernement intervint.

En février 1793, les liostilités éclatèrent entre la France et l'AngleteiTe, mais malgré que le but philanthropique de l' établissement de Sieri-a-Léone ait été connu du gouvernement français, une escadrille française, aous de fausses couleurs, pénétra, en 17!)4, dans la Rokelle. En peu de jours, les établissements anglais furent saccagés et les vaisseaux de la Compagnie pillés, puis coulés. Les corsaires fraii<;ai8 ne s'en tinrent pas à ces méfaits ; deux biltiments anglaisj aiTÎvant sur rade et contenant des provisions de bouche, furent surpris et capturés.

La flotte française partie, les libérés regagnèrent leurs ruines, les relevèrent et créèrent définitivement Free-Town.

En 1800, rétablissement fut concédé par lettres patentes à la C** de Sierra- Leone, avec le droit de nommer im gouverneur et un conseil qui y exercerait les fonctions executives et législatives.

Cependant, avant que cette charte parvint en Afrique, des libérés nègres se révoltèrent et furent exécutés pour servir d'exemple, tandis que d'autres étaient relégués sur la rive droite de la Rokelle, au milieu des marécages du pays Nord des Boulomes.

En 1801-1802, la colonie fut une seconde fois attaquée par les indigènes, qui furent repoussés après avoir subi de grosses pertes en hommes.

Malgré ces perturbations, Free-Town n'en devenait pa« moins une ville importante ; des magasins, des églises, des écoles y furent érigés, et les nègres enfin acclimatés, se livrèrent au commerce et à Tagriculture.

Jusqu'en 1808 la Compagnie continua à gérer ses comptoirs africains ; ce fut à cette date que, d'après la loi sanctionnée par le roi George IH (8 août 1807), la colonie fit retoui* à la Métropole, et eut comme premier gouverneur anglais, Charles Mac-Carthy.

Charles Tumer, son successeur, occupa momentanément le Sherbro, et quelques points importants sur les rivières de Boum et de Kittam. Ce gouverneur resta deux ans dans la colonie, et mourut à Free-Town.

De 1826 à 1835, cinq autres gouverneurs qui se succédèrent, périrent sur place ; c'est alors que les indigènes appelèrent leur pays *' Tombeau des Blancs".

Cependant, grâce à l'immigration, Free-Town grandissait toujours ; en 1826, plus de 20,000 nègres y furent débarqués et installés aux environs du chef-lieu, en une douzaine de villages qui devinrent bientôt des faubourgs du Quiah .

Depuis ce temps des pays voisins de Sierra-Léone sont devenus français ; il s'est alors produit entre les Noirs ou Anglais de Sierra-Léone et les Français du Sud ou Guinée, une émulation pour l'expansion particulière de ces deux pays qui ont ému à plusieurs reprises les gouvernements européens.

Sans revenir aux questions de nationalité, il serait de toute nécessité de donner des limites précises à la colonie de Sierra-Léone afin d'éviter les erreurs de 1893 et de 1894.

GOUVERNEMENT

Le Gbuverneur de la colonie est nommé par la Reine d'Angleterre, impératrice des Indes. II réside à Free-Town, plutôt connu sous le nom de Sierra-Léone.

Le gouverneur est assisté, dans son administration, d'un Conseil exécutif qui se compose du chef de la Justice, du secrétaire colonial trésorier, et du commandant militaire. Lorsque le Conseil se réunit pour faire des lois, il lui est adjoint deux membres non officiels nommés par la Couronne.

La colonie est divisée en districts ruraux, administrée par des commissaires civils qui exercent les fonctions administratives et judiciaires.

Le Sherbro et le proupe de Los sont des dépendances du Sierra-Léone.

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