POPULATIONS
La population indigène de la colonie comprend 650,000 habitants de race Timené, Limba ou Saffrokho, Boulome, Soussou (Kourankho, Gallinas, Mindé» Bagrou, etc.), et Mandingue.
La population plus civilisée se compose des descendants des premiers nègres, envoyés d'Angleterre à l'époque de la fondation de la colonie, des nègres libérés
qui ont été arrachés des négriers par les croiseurs anglais, et enfin des Noirs de la côte qui se sont réfugiés à Sierra-Léone.
Soixante-dix mille individus de race noire habitent ainsi Free-Town et les environs, fournissent au paya des éléments nécessaires à une bonne administration, et ont fait du Sierra-Liéone un paya plus anglais que la Grande-Bretagne.
Le Sierra-Léonais a émigré sur toute la côte occidentale de l'Afrique, il s'infiltre dans toutes les sociétés et répand partout les mœurs et la langue de l'Angleterre.
En G-uinëe Française, il est cuisinier, laptot, interprète et commerçant, au Libéria il est banquier et dirige le gouvernement ; chez les races indigènes il devient commerçant et pasteur, et si la religion du Prophète peut être plus avantageuse h son trafic il l'enseigne au besoin ; défenseur à outrance de l'esclave opprimé, il sait passer partout en homme indispensable dans toutes les questions africaines.
COMMERCE
Un fait, presque unique dans notre histoire commerciale, qu'il est utile de faire remarquer, est que les capitaux français ont une prépondérance marquée dans le commerce sierra^léonais ; une maison française (1) occupe, en eflfet dans ce pays, le premier rang parmi les innombrables Sociétés anglaises et indigènes.
Les importations dans la colonie sont principalement les étoffes de soie et surtout de coton, les tabacs, les vins, et en particulier les spiritueux.
L'exportation du pays(2) comprend les produits de la terre, comme les arachides, la gomme, le gingembre, l'or, les bois de construction, l'arrow-root, le coton, les sésames, le caoutchouc, les huiles de palme, etc.
^1) Je venx cher la C Fraoçaise de l'Afrique Occidentale.
Ci) Commerce. — £u 1873, 771,000 Uvrea sterling. — 1886, 77i,000 —
BUDGET
Le Sierra-Léone, grâce à des dons et à des sociétés évangéliques qui se chargent des écoles et des hôpitaux, peut consacrer ses ressources entières à son administration peu compliquée, du reste.
Les revenus, cependant, n'ont pas toujours suivi une gradation ascendante :
en 1873 ils étaient de 2 . 250 . 000 Fr .
en 1876
en 1880
en 1886
en 1889
en 1891
La colonie, qui n'avait pas encore de dettes en 1866, a fait, en Angleterre, un emprunt sur lequel il était dû, en 1878, 2.600.000 fr. En 1889, la dette de la colonie était réduite à 1 . 500 . 000 f r .