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LES PRODUITS DE L'EXPORTATION

A Texportation, les produits africains se dirigent vers l'Angleterre, la France, TAllemagne et la Hollande ; '

Les arachides, du Sénégal, vers Rotterdam, Dunkerque, Bordeaux et Marseille ; de Gambie, vers Liverpool, Bordeaux et Marseille ; de Sierra-Léone, vers Marseille ;

Les amandes de palme, vers Liverpool, Marseille et Hambourg ;

L'huile de palme, vers Liverpool et Marseille ;

Les cuirs, vers Marseille, New-York et Liverpool ;

L'or (en bague), vers Liverpool et Marseille ;

La gomme copale, du Dubréka, de Forékaria et de Sierra-Léone, vers Liverpool ;

L'ivoire, vers Liverpool ;

Le caoutchouc, vers Liverpool, Brème et Paris ;

Le piment rouge, vers Liverpool ;

Le piassava (fibres), vers Liverpool ;

La cire, vers Liverpool ;

Le camwood (bois de teinture), vers Liverpool ;

Le gingembre, vers New- York et Liverpool ;

Les kolas du Pongo, de Mellacorée et de Sierra-Léone, au Sénégal, en Gambie et en France, etc.

Les différentes espèces de marchandises indigènes circulant au Soudan, sont (à part celles de l'agriculture déjà nommées) : le sel, les monnaies, les noix de kola, rivoîre, le natron, la poudre d'or, les plumes d'autruches, les produits de l'industrie indigène, les chevaux et les bestiaux, enfin les esclaves.

Le sel est, en Afrique, un des principaux produits d'échang'e. Il se rencontre en barre ou en vrac : le premier est d'origine indigène, tandis que le second est d'exportation européenne. Le sel en barre vient des gisements de sel en roches des pays de l'Adar et de Taoudéui, il est colporté dans l'intërieur du Soudan, et quoique très impur revient fi des ])rix trfes élèves. Le sel en sac est d'une manipulation très peu facile et est exposé à des déchets considérables par suite de rimmidité, des déchirures des sacs, et il peut ôtre même entièrement perdu pendant le transport. Ce sel en vi*ac, acheté aux maisons de commerce du littoral, n'alimente que les régions voisines de la côte, cependant on voit des caravanes prendre du sel Ji Boké jjour Kadé (170 kil.), Toubah (200 kîl.), et même pour le pays des Tendas, sur la moyenne Gambie (295 kîL).

Le sel est une substance de première nécessité pour les besoins des Noirs, mais par suite de IV'nornùté des distances et de la situation souvent troublée des

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régions du Sahara comme du Soudan, les arrivages sont très irréguliers, et dans beaucoup de contrées les populations sont presque toujours dépourvues de sel ; elles doivent alors s'ingénier !i y remédier par divere moyens; elles obtiennent, par le lavage des cendres de certaines plantes, quelques parcelles de soude naturelle ou de potasse dont la saveur piquante peut, dans une certaine mesure, tromper leur besoin, mais dont l'effet ne peut nullement remplacer celui du sel et doit au contraire exercer une action nuisible sur l'économie.

Pour faire parvenir le sel européen sur les marchés de l'intérieur, il est donc nécessaire d'arriver h soustraire cette substance aux causes qui jusqu'ici en ont empêché l'importation. Ce moyen vient d'être trouvé pai' un procédé dû aux recherches de M, l'ingénieur Vincent, et aujourd'hui le sel condensé en barre de 25 kilos peut aisément être transporté dans toute l'Afrique sans aucun déchet.

MM. Madrolle et Baillât ont eu recours à ces barres qui du reste ont n le but que son auteur poursuivait : qualité, facilité de transport et résistance toutes les intempéries.

" Le sel en barre subit une préparation spéciale qui permet de le condensa ■ en blocs très compacts, et analogues en apparence au marbre blanc ; on donne h'

ces masses la forme et les dimensions des barres de sel exploitées par les Maures, parce qu'elles se prêtent mieux aux transports longs et difficultueux. La barre que je pris à Boké fut transportée jusqu'à Kadé et malgré sa chute dans un des affluents du Cogon, le voyage et les changements de température pendant près d'un mois et demi de marche, elle était encore intacte lorsque je dus la partager avec mes gens, les porteurs faisant défaut. Je venais de parcourir près de 300 kilomètres sur la terre ferme sans compter les voyages par eau, le plus souvent en pirogues (1) ".

Il est probable que l'importation en Afrique du sel en barres aura une heureuse influence sur la question du trafic des esclaves. Un des principaux moyens d'échange des Noirs qui vont chercher le sel natif du Sahara est l'esclave. Liorsque les Noirs de l'intérieur pouiTont s'approvisionner de sel dans les comptoirs em-opéens ils auront tout avantage à délaisser le sel du Sahara et par suite le honteux trafic dont il est l'objet diminuera.

Dans le Soudan central le prix du sel peut être évalué :

A Kano, à 1 fr. 50 le kilo; A Zezzaou, à 1 franc; A Nouff'é, à 35 centimes.

Il est au contraire de :

35 centimes à Kadé; 80 centimes à Djenné.

Chaque année, dans le Soudan central, une gi'ande caravane ou airi^ formée de Touareg Kel Oui, Tagama, Daguerne, Kel Gherers, Itissien et Alouminden avec près de 15,000 chameaux se forme à Kano, et se rend à l'oasis de Bilma pour en rapporter du sel.

L'itinéraire de la caravane est généralement l' Au ; dans ce pays les caravanes coupent de l'herbe en grande quantité, la font sécher au soleil et l'emportent sur leurs animaux pour servir de nourriture k ceux-ci entre l'Au et Bilma, séparés par un désert sans eau et sans végétation qu'on traverse en quinze jours, en marchant dix-huit heures par jour.

Du Soudan, les caravanes emportent du doura, des étoffes de coton indigène, du felfel, du bemTC, etc. ; elles rapportent de Belma du sel et des dattes.

L'itinéraire du retour est le même que celui de l'aller : à Au, les caravanes attendent celles qui viennent de Rhat et rentrent avec elle au Soudan. C'est là aussi que les Kel Gheress, les Itissien, les Aloumiden quittent l'Aïri, pour se diriger sur Agadhès puis, par l'Adar, sur Sokoto et le Zampara. Cependant le gros de la caravane gagne plutôt le pays de Zinder, d'où les Togana rejoignent

(1) Cl. M. , — Notes de voyage.

le Damerghou. Les Kel-Oui eux, contiaueut sur Katueiia, Daoura, Kazaouri etKano pour fournir le ael aux populations haouassas et foubbé du bassin moyen du Niger et du Tchad.

Le commerce se fait principalement par échange,' cependant il existe des] monnaies indigènes : au Soudan central c'est surtout le Bou-Thira, pièce d'ai-gent I k l'effigie deSlarie-Tliérèse et dont la valeur variable est d'environ 4 fr. 75; [ la monnaie turque, lea pièces de cinq francs de l'Union latine (1) et le doaro I ont cours dans les postes du Fezzan, dans la Tripolitaine, au Maroc et dans J le Sahara.

Au Soudan occidental et surtout dans le Fouta-Diallo la pièce française de cinq francs est commune et acceptée par tout le monde.

Cependant la monnaie généralement connue sur les rives du Niger est I plutôt le cauri (coquillage), importé de l'Océan indien et dont la valeur est J des plus variables.

Dans certaines re'gions il faut 10,000 cauris pour h francs, à Sokoto elles valent i 10 francs; au Bornou, 12 francs; à Djenné, 14 francs.

L'éloignement des places commerciales des lieux de production ou de vente j en fait seul changer le cours.

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