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ANNÉES

QUANTITÉS PAR CARATS importées en Europe.

Moyenne par année . .

Tous ces diamants, à quelques rares exceptions près, ont passé par la taillerie de M. Coster avant d'entrer en circulation définitive.

Tailler des pierres d'une certaine dimension est relativement facile; mais j'ai peine à comprendre.

quoique je l'aie vu faire, comment on arrive à tailler ces poussières brillantes qui sont littéralement des infiniment petits. L'étalon normal du diamant, tout le monde le sait, est le carat. Le carat est originairement une petite graine, très-probablement noire, ainsi que son nom semble l'indiquer, qui, dans l'Inde et sur les bords de la mer Rouge, servait à peser les diamants et les perles. Le carat représente rigoureusement 0 gr. 20,275 ; or, il y a dans une des vitrines de M. Coster une partie de roses à mille pour un carat. Chacune de ces molécules imperceptibles, qui pèse moins que la millième partie de vingt et un centigrammes, a sa base, sa coupole, ses vingt-quatre facettes, et a été taillée dans le sens exact de son fil, après avoir été clivée et égrisée. Madame d'Aulnoy n'avait pas prévu cela; elle aurait pu en tirer parti pour faire valoir l'adresse féerique de l'aimable Percinet.

Ces petites étincelles, répandues sur le bois noir comme une voie lactée, semblent un amas de pointes de feu; peut-être cependant, si on pouvait les examiner une à une, si par leur dimension lilliputienne elles n'échappaient forcément à un examen trop approfondi, y trouverait-on quelques-uns de

ces défauts comme on en rencontre parfois dans les plus célèbres pierres. Les gerçures ne sont pas trèsrares dans les diamants de l'eau la plus pure ; cela s'appelle des plumes^ et si je ne craignais d'être conduit à la Bastille entre deux exempts, je dirais que le Bégent^ le fameux Régent, qui vaut actuellement une quinzaine de millions, a lui-même une plume dans une des facettes de sa couronne. Et cependant, par sa forme, sa limpidité, ses feux, ses dimensions et sa taille, c'est le plus beau diamant du monde.

Il est encore, dans l'exposition de M. Goster, une curiosité tellement extraordinaire, qu'on peut affirmer avec certitude qu'elle est unique au monde, je veux parler d'un diamant gravé représentant un portrait. Ce n'est point, comme la célèbre abeille appartenant à la reine d'Angleterre, un simple trait; c'est une véritable intaille qu'on dirait obtenue à l'aide du tour et et de la bouterolle; le creux et les reliefs sont observés avec une précision inconcevable; le modelé est exécuté avec minutie, et la ressemblance frappe dès le premier coup d'œil. Il a fallu user bien des pointes de diamants pour arriver à ce résultat, qui jusqu'à présent paraissait hors de la portée des facultés humaines. C'est un

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chef-d'œuvre de patience et d'adresse. Par quel procédé l'artiste est-il arrivé à vaincre tant de difficultés qu'on croyait insurmontables? c'est ce que j'ignore. Ce travail, absolument particulier et sans précédent dans Thistoire de la glyptique, est dû à M. C.~M, de Vriés.

Ainsi qu'on le voit par ce qui précède, la taillerie de diamants^de M. Goster est un des établissements les plus curieux de l'Exposition universelle. J'engage vivement les personnes qui ont une heure à gagner^ à aller la visiter et à l'examiner en détail; le directeur, M. Alexandre Daniels, y est plein de bonne grâce, et quoiqu'il ne laisse pas emporter les diamants, il a néanmoins pour le public une complaisance à toute épreuve.

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