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er août 191o. Notre optimisme, p

dont ils étaient très satisfaits; ils se surprennent maintenant dans le cœur des pensées, sur leurs lèvres des paroles, qu'ils croyaient bien n'y jamais devoir venir \

« Nous sommes ici plusieurs médecins, — m'écrivait cet hiver, d'une formation du G8 corps, un jeune chirurgien de Paris — gens d'avis très opposés sur bien des choses, qui, dimanche dernier, avons assisté à la messe, dite par un de nos infirmiers, et chanté de plein cœur : Dieu, sauvez la France. Je suis l'homme qui a perdu son moi : j'en prends un autre dont je m'accommode bien. Au retour, il y aura matière à disserter, surtout à réfléchir... » Et le Dr Labat ajoute, pour corrober son affirmation L :

« Hier, un médecin qui arrive du front, me communiquait ce petit croquis.

1. Ms>- lissier, évêque de Ghàlons, a écrit de môme : « Ayant été de ceux qui, par leur situation même au cours do la guerre, ont rencontré le plus de soldats de toutes les régions, soit à l'action, soit au repos, nous nous portons garant de ce christianisme général des armées françaises. Sans doute elles ont leurs péchés et leurs faiblesses, leurs passions de métier. Elles subissent, loin du feu, les hantises et les détentes du mal. Mais quand on a contemplé nos églises et nos cathédrales du front, pleines et débordantes de ces foules militaires toujours avides d'entendre parler de Dieu; quand on a eu le bonheur de prêcher les retraites pascales à des centaines et des centaines de soldats attentifs et résolus, hommes et chefs de tous grades mêlés; quand on a été pendant trois ans passés le témoin de leur empressement aux offices, de leur longues et silencieuses prières, de leurs attentes patientes de l'absolution, de leurs messes pieuses, de leurs communions immenses ; quand on sait tous les lieux de culte qu'ils ont improvisés, toutes les modestes chapelles et tous les agrestes sanctuaires qu'ils ont ouverts sous le canon, dans la forêt, dans les ravins, sur les coteaux, jusqu'au fond des tranchées ; quand on a parcouru les plaines et les bois de Champagne parsemés de tombes par milliers, toutes fleuries et parées de la croix, môme celles des ennemis ; quand on a tant de fois visité, sur leurs lits de douleur, ces martyrs de la guerre et' qu'on a constaté toujours la résignation joyeuse qui les fait à peu près tous mourir dans le baiser du Seigneur, on ne peut plus douter, malgré les apparences parfois opposées, du christianisme intime de la nation qui donne de tels spectacles ». La vie catholique dans la France contemporaine, pp. 110-111. Bloud et Gay, Paris.

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