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Journ. off., 13 décembre

même qu'une bien pâle idée, on ne se l'imagine pas facilement, lorsqu'on ne les a pas vécues soi-même au milieu du fracas des projectiles et de l'écroulement des maisons. On peut cependant concevoir quelque chose des angoisses qui les remplirent en parcourant les notes prises à la volée par quelquesuns de ceux qui s'y trouvèrent exposés. C'est à l'un de ces témoins — Sœur de Saint-Vincent de Paul à Arras — que j'emprunte quelques détails sur la vie qu'on mena dans son orphelinat, pendant la première quinzaine d'octobre 1914, sous les obus allemands. Si rapides que soient ces notes, elles n'en renferment pas moins des croquis aussi suggestifs qu'impressionnants.

« Mardi 6 octobre, — première journée de bombardement. — Il commence à 9 heures du matin. A midi... nous voyons une bombe éclater près de la cathédrale et allumer un incendie. Toutes tremblantes, nous continuons à servir le dîner des blessés. A 1 heure, un obus éclate tout près : un éclat vient frapper le toit de la buanderie où lavent les enfants ; elles sont couvertes de débris, aucune n'est blessée. Rester dans les étages devient dangereux. Impossible d'aller à la cave, trop petite pour nous contenir avec nos 110 enfants et nos 25 blessés. On se groupe dans les salles du rez-de-chaussée.

« Jusqu'à 5 heures, les obus volent au-dessus de nous avec un sifflement sinistre ; on les entend éclater. Ce sont des heures de mortelles angoisses, que nous passons en prières, récitant le chapelet. Le canon français ne cesse de répondre. Vers sept heures, les coups deviennent rares... On descend des matelas à Touvroir, les enfants s'y étendent tout habillées. Pendant trois jours ce sera leur campement, et cette pièce servira de dortoir, réfectoire, etc. Nous passons

la nuit en prières, entendant au loin le bruit des mitrailleuses. A 10 heures du soir, ordre nous est donné de préparer les blessés restant, qu'une auto va venir chercher pour les diriger sur Boulogne. On les fait lever, on les habille ; nous descendons les plus blessés sur leur matelas. Toute la nuit on attend. Les autos ne viennent pas, la route n'est plus sûre. A 4 heures, nous les recouchons.

« Mercredi 7, — deuxième journée de bombardement. — Dès 5 heures du matin la canonnade reprend, violente. Dans la matinée, la sœur de cuisine, intrépide, sort pour chercher du pain. Tous les boulangers sont partis, les boutiques fermées. A 3 heures le bombardement recommence : les obus sifflent de tout côté. A 5 heures, une bombe tombe sur la maison d'en face. Toutes nos vitres volent en éclats, 3 blessés couchés sont projetés hors de leur lit, mais sans mal... Le bombardement ne cesse qu'à 6 heures. Les Sœurs des enfants, par prudence, préparent les paquets de chacune ; on les habille avec doubles vêtements, elles s'étendent ainsi sur leur matelas, nuit calme. A minuit, on va chercher le pain chez le boulanger.

« Jeudi 8, troisième journée de bombardement. — Dès 3 heures du matin, on entend le crépitement des mitrailleuses. Le canon tonne à nouveau, de plus en plus violent. A 8 heures, le bombardement recommence. Nous voyons une bombe éclater près de la cathédrale ; une deuxième passe au-dessus de la maison et va éclater au loin; une troisième tombe derrière le mur du jardin ; une quatrième sur le toit d'une maison derrière la chapelle ; une cinquième vient démolir une maison près de l'ouvroir. A 3 heures, cela cesse.

« Vendredi 9. — Jusqu'à G heures du matin, calme

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relatif. Monsieur l'abbé arrive pour la messe. A peine à la chapelle, le canon se fait entendre, d'abord par coups espacés, puis plus nourris; jamais il n'a paru si près, chaque coup fait sursauter. Vers huit heures, la sœur de la cuisine sort pour chercher de la viande, dont on est privé depuis deux jours. Partout, les ruines et l'incendie. Dans les rues on trouve des cadavres; 4 chevaux avec leurs cavaliers, quelques civils, des femmes. Le spectacle des ruines de l'Hôtel de Ville, des places et des rues avoisinantes est terrifiant; des femmes manœuvrent les pompes. Jusqu'à 7 heures, le canon ne discontinue pas; chaque coup fait l'effet d'une explosion de pièce d'artifice. Pendant la nuit, on entend distinctement la bataille, la fusillade, les mitrailleuses.

« Samedi 10. — A 5 heures et demie, le canon français reprend avec la même force qu'hier. Je pars avec des enfants au ravitaillement : nous n'avons plus ni pain, ni viande. Je rapporte une moitié de mouton, un grand quartier de porc, 30 pains de munitions, un peu de café, de sel et de graisse. A 11 heures, visite du major qui décide le départ de nos blessés. A midi, des autos viennent les prendre.

« Dimanche 11. — A 7 heures, le canon français reprend. Pas d'offices à la cathédrale. A 11 heures, enterrement de la Sœur tuée à l'hôpital ; j'y asssiste avec ma Sœur Supérieure...

« Lundi 12. — A 8 heures seulement les canons reprennent leur tir. Entre 11 heures et 1 heure, des taubes sur volentla ville, jetant des bombes. AS heures, les canons reprennent, à coups précipités et formidables. Toute la maison tremble. De o heures et quart à 6 heures et quart, nous comptons 557 coups... La nuit, silence complet...

« Mardi 13. — La journée se passe tout entière au

son do la canonnade... À C> heures du soir, le canon se tait.

« Vers 8 heures, il reprend dans le lointain. Le ciel est sillonné d'écjairs, puis illuminé par de puissants réflecteurs : c'est sinistre! On se couche. A 9 heures et demie, éclate une effrayante canonnade. Il semble que les mitrailleuses sont dans la cour et on s'attend à voir les balles traverser les vitres. On se lève. Réunies à la salle de communauté, nous récitons le chapelet dans une véritable angoisse. Une heure et demie se passe ainsi.

« Mercredi 14. — Le canon reprend vers 8 heures, mais plus faiblement. A 1 heure, nous entendons de nouveau les obus passer au-dessus de nous et éclater aux alentours. Toujours dans la crainte d'un second bombardement, nous ne vivons plus. Après trois quarts d'heure d'angoisse tout cesse. Vers 3 heures tonnent les gros canons anglais : les coups sont si formidables qu'on a prévenu en ville d'ouvrir les fenêtres pour éviter le brisement des vitres. A 7 heures, silence complet et ainsi toute la nuit. C'est la première nuit bonne depuis dix jours ».

J'ai relevé aussi exactement que possible les citations à l'Ordre de l'armée ou à l'Ordre du jour civil accordées aux religieuses qui, pendant la guerre se consacrèrent à soigner nos blessés. J'en ai déjà rapporté quelques-unes. Mais il en reste encore beaucoup d'autres. Et il est facile, en les parcourant, de constater que, d'un bout du front à l'autre, ces femmes aux âmes aussi fortes que douces, s'épuisèrent sans relâche aux chevets auprès desquels, remplaçantes volontaires d'innombrables mères absentes, elles veillaient avec bonté.

De l'Alsace reconquise,- où, dans l'ambulance

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d'évacuation de Mosch qu'elle a organisée au pied de l'Harlmanswillerkopf, Sœur Ignace Rœsch tombe, la carotide tranchée par un éclat d'obus1, à Tournai où la Révérende Mère Buhet, Supérieure des Dames du Sacré-Cœur, est mortellement blessée par une balle dont le ricochet tue ensuite une religieuse à ses côtés, l'admirable chaîne qui se déroule à travers la zone des armées rend uniformément le même son. Métal sans alliage, pureté parfaite ; partout le même dévouement, le même oubli de soi, le même sangfroid, plein de calme, au milieu des plus effroyables bombardements.

A Nancy, le Président de la République remet luimême la Croix de guerre à Sœur Louise, Supérieure de Thôpital civil. Et cette croix, que suivra en décembre 1918 le ruban rouge, c'est celle que le général commandant la deuxième armée vient de détacher de son propre dolman2.

La Croix de guerre avec palme est accordée dans le même département à la Sœur Madeleine Boyé,

1. Sœur Ignace Rœsch appartenait à la Congrégation du Très Saint-Sacrement, clinique de la rue Bizet. Kilo avait assisté à Mosch le général Serret, mortellement blessé. Le jour môme où elle fut tuée, elle écrivait à la Mère xVssistante de sa Congrégation : « Ne croyez pas que nous ayons peur, oh ! non ; mais ce sont les malades qui nous chagrinent. » Le Médecin-chef de son ambulance a écrit d'elle. « Elle était un drapeau autour duquel nous nous serrions tous à l'ambulance, officiers et soldats, quelles que fussent nos opinions ». -Sœur Ignace fut citée en ces termes à l'Ordre du jour de l'armée : « Employée depuis sept mois à la salle d'opérations d'une ambulance de première ligne, souvent encadrée par les obus, y a fait preuve d'un dévouement sans bornes, d'un sang-froid imperturbable et a rallié l'admiration de tous. Tuée à son poste, le 4 janvier 1916. »

2. « Ursule Barrot, en religion Sœur Louise... Depuis le début de la campagne rend des services exceptionnels et dépense ses forces sans compter avec une énergie infatigable. A l'ait preuve, dans des circonstances difficiles et parfois dangereuses, d'un calme, d'un sang-froid et d'un esprit de décision remarquables. Par ses qualités de direction, son abnégation, son dévouement de tous les instants aux malades et aux blessés, son respect de leur liberté de conscience, s'est acquis la profonde reconnaissance de tous. »

Supérieure de l'hospice de Bayon, à la Sœur Hippolyte Gauthier, Supérieure de l'hôpital mixte de Baccarat, et à la Sœur Constance de Badonvillier. La môme distinction est également donnée à la Mère Marguerite de Barer, Supérieure des Franciscaines Missionnaires de Marie de Commercy, et à la Sœur Marie, Supérieure de l'hôpital d'Epinal.

En bien des villes de la Marne, le Service de santé avait dû se replier au moment de l'invasion. La Croix- Rouge l'avait suivi, la plupart du temps. Pour pourvoir aux soins des blessés intransportables, des orphelins et des vieillards, on ne pouvait plus compter que sur les religieuses. Elles restèrent à leur poste. Elles savaient pourtant par certains récits les dangers, — pires que la mort pour une femme, — qu'elles pour-

; raient y courir1. N'importe : leur fermeté n'en fut pas ébranlée. Et, lorsque les envahisseurs arrivèrent,

, ils trouvèrent des Sœurs à Châlons, à Vitry-le-François, à Epernay, à Sainte-Menehould, à Sézanne, à

| Montmirail, à Avize, à Vienne-le-Château. Pourvoyeuses infatigables de tous les dénuements, auxiliatrices de toutes les misères, que de fois, au passage, ne prodiguèrent-elles pas leurs secours et leurs consolations aux tristes colonnes en marche vers l'Allemagne, — prisonniers militaires ou otages civils !

De même en fut-il dans les pays si longtemps occupés par les Allemands.

Lorsque le général Nivelle entra pour la première fois à Noyon, enfin abandonné en mars 1917 par l'ennemi, qui malheureusement devait le réoccuper

1. V. Ms«- Baudrillart. La guerre allemande et le Catholicisme, p. 123. Bloud et Gay, Paris, 1915. — «Des femmes, les dents serrées, se refusaient à dire de quelles mains elles s'échappaient à demifolles... » Davignon, ancien ministre de Belgique. « Les procédés de guerre des Allemands. » Correspondant, 25 janvier 1916, p. 258.

l'année d'après, on lui lit fête. Rangé sur la place de l'Hôtel de Ville, un bataillon du'92e l'attendait. A sa descente de l'automobile, une enfant offrit au généralissime un bouquet aux couleurs de Noyon. Puis, le maire, M. Baudin, député, lui adressa quelques mots de bienvenue. Et, lui désignant une humble religieuse la Sœur Saint-Romuald, il termina sa courte harangue : « Et maintenant, mon général, permettez-moi de vous présenter une brave, une vaillante femme, la Supérieure de notre hospice. Depuis trente-deux mois, elle n'a pas quitté son poste un seul jour ; et les services qu'elle y a rendus à la population sont si nombreux qu'ils ne se peuvent compter. »

Le général Nivelle sourit. Puis, se penchant vers son officier d'ordonnance, il lui dit un mot. Aussitôt, celui-ci dégraffa sa croix de guerre et il la passa à son chef.

Alors, tandis que, « tenu par un officier de haute taille », dit un témoin de cette scène, !e drapeau du 92e frissonnait au-dessus des têtes, sali, les couleurs : flétries, les franges à demi arrachées, — mais d'autant plus beau qu'il était plus dépenaillé, brûlé et troué, — le ban s'ouvrit. Le généralissime épingla la Croix de guerre sur la robe de la religieuse deve? nue un peu pâle de surprise et, en lui donnant l'accolade réglementaire, il lui dit : « C'est de tout cœur, ma Sœur, que je vous félicite de ce que vous avez fait. »

Pacificatrices incomparables des âmes endolories et des cœurs dans l'angoisse, que des religieuses veillent des malades, soignent des blessés jusqu'à épuisement complet de leurs forces, jusqu'à en mourir même quelquefois, nous y sommes tellement habi-

tués que cela finit par ne plus nous paraître digne d'être remarqué. Nous n'y prenons plus garde. Nous perdons de vue les actes de vertu incessants, les sacrifices quotidiens qu'une telle vie implique forcément. « Gela vaut-il vraiment bien l'honneur d'une citation à l'Ordre de l'armée? » La réflexion a été 'aite, et plus souvent, hélas ! que peut-être on ne le croit.

Et bien, soit.

Mais, lorsque, le bombardement commencé, l'artillerie précipite peu à peu son rythme et donne de oute sa force ; lorsque, dans l'anxieux silence qui suit une détonation, en attendant l'autre, on se dit d'instinct et sans le vouloir : « Ce n'a pas été encore )our cet obus-ci, mais ne sera-ce pas pour celui qui va suivre ? » rester maîtresse de soi-même, — n'oublions )as qu'il s'agit de femmes et parfois de femmes bien eunes encore, — calmer les blessés, demeurer paisiblement au milieu d'eux pour les rassurer sous les obus qui éclatent, les transporter d'une salle très exposée dans une salle qui l'est moins : continuer h présider au lever, aux repas, au sommeil de jeunes orphelins, l'air enjoué pour vaincre leur peur, alors qu'on a soi-même le cœur débordant d'angoisse, cela ne mérile-t-il pas d'être porté à l'Ordre du jour, quoi qu'en pensent de trop moroses censeurs? Et, quand des vainqueurs arrogants et impitoyables se préseiitent, qu'une femme se dresse en face d'eux ; qu'elle iéfende contre eux ses blessés, — car la religieuse (ambulancière ne dit pas seulement nos blessés, iomme nous ; elle dit mes blessés comme une mère lit mes enfants; enfin qu'au risque du peloton d'exéiution elle en fasse évader quelques-uns, cela ne ^aut-il pas aussi la Croix de guerre, même palmée?

Or, les religieuses ne furent pas seulement des

infirmières hors ligne. Elles furent aussi, bien souvent, des femmes d'un courage héroïque. J'écris sans hésiter « d'un courage héroïque », car je ne fais en cela que répéter ce qu'un de nos généraux, bon juge en la manière, a écrit à M. Maurice Barrés :

« Pourquoi ne pas mentionner le courage et l'héroïsme de certaines femmes vouées à Dieu, qui ont été pour nous des anges consolateurs? Certaines religieuses ont montré une bravoure extraordinaire qu'on ne peut méconnaître. Je citerai la Sœur Philomène de Jésus, de la Doctrine Chrétienne, que nos hommes et nous, n'oublierons jamais; Sœur Marie et Sœur Joséphine, Filles de la Charité, Sœur Anna, des religieuses de la Providence, toutes quatre habitant Paris.

« Pour leur rendre justice il faudrait les citer toutes d'ailleurs ».

C'est donc presque toujours pour des faits de courage militaire que les Sœurs ont été portées à l'Ordre de l'armée. Leur dévouement professionnel d'ambulancière est bien visé sans doute dans leurs citations* Mais on y insiste particulièrement sur leur admirable vaillance, au moment où les marmites tombaient! Je l'ai constaté sur plus de 65 citations, emportant collation de la Croix de guerre et il n'est que de parcourir le Bulletin des armées ou le Journal officiel pour le vérifier comme je l'ai fait.

La Sœur Rosalie-Marie, Supérieure des Sœurs de la Présentation de Tours, à Bagdad, fut nouimée chevalier de la Légion d'honneur « pour le courage» admirable dont elle avait fait preuve pendant les opérations militaires qui précédèrent la prise de Bagdad par l'armée anglaise ». |,

La Sœur Joseph du Saint-Rosaire et la Sœur Blanche,

toutes les deux religieuses de Saint-Joseph de Gluny à Senlis, ont reçu Tune et l'autre la Croix de guerre. Pourquoi? C'est que, la première, «infirmière-major à l'hôpital n° 11, dit sa citation, est restée à son poste pendant toute l'occupation ennemie et qu'elle n'a pas hésité à aller chercher au péril de sa vie, à travers les rues bombardées de la ville, un médecin militaire allemand pour soigner les blessés et les malades de son hôpital ». Quant à Sœur Blanche, instituée gardienne du matériel de l'hôpital temporaire n° 14, installé dans son couvent » elle a eu « devant l'envahisseur une attitude si courageuse qu'elle a sauvegardé tous les intérêts dont elle avait la garde ».

La Mère Saint-Prosper, de la Congrégation de Saint- Thomas de Villeneuve porte aussi le ruban vert et rouge. Et le Bulletin des armées en indique la raison. Supérieure de l'hôpital mixte de Soissons, où un jour elle veilla avec ses Sœurs sur les restes glorieux du général de Grandmaison, tué au feu, elle « a donné le plus bel exemple de courage et d'abnégation, en maintenant sa communauté à l'hôpital de Soissons pendant l'occupation allemande de septembre 1914 et les bombardements successifs de la ville et de l'établissement qui l'ont suivie. Son dévouement et celui de son personnel ont permis de soigner des milliers de blessés et de malades, dans des conditions exceptionnellement favorables, sous le feu de l'ennemi ».

A Compiègne, c'est pour un motif semblable que Sœur Jeanne-Marie et Sœur Etienne ont été citées à l'Ordre du jour.

Supérieure du couvent de la Compassion, Sœur Jeanne-Marie, « au moment où les Allemands allaient occuper Compiègne, a refusé de quitter son couvent,

se tenant ainsi résolue et prête à toutes les éventualités... elle en a imposé aux Allemands par son attitude digne et ferme... et s'est consacrée à l'œuvre des blessés. . . avec un dévouement et une intelligence au-dessus de tout éloge, et cela malgré des bombardements de grosse artillerie ».

Sœur Etienne, Supérieure des Filles de Saint-Vincent de Paul de l'hôpital de Gompiègne, « a su, lors de l'occupation allemande, par son sang-froid et son attitude énergique, assurer la sauvegarde de l'établissement qu'elle dirige ». Elle a fait, davantage encore et, dit la citation « son initiative courageuse a permis à plusieurs soldats français d'échapper à là captivité ».

Si la Sœur Ruffine et la Sœur Marie-Ferdinand, toutes deux Franciscaines de Calais, sont inscrites à l'Ordre de l'armée, c'est, — la citation leur est commune — « pour avoir fait preuve d'un dévouement inlassable, en prodiguant leurs soins à un grand nombre de blessés et de malades anglais et français, alors que la ville et l'hôpital étaient bombardés par des obus de gros calibres »\ Il en est de même de Sœur Constant, de l'ambulance 12/7 « restée inébranlable à son poste, malgré les bombardements d'août et de septembre 1914 »; de la mère Losseau, qui non seulement « a fait preuve de dévouement et de courage pendant le bombardement du 2 septembre 1914 » mais encore « par son attitude énergique a réussi à sauvegarder les blessés réunis à l'hôpital, au moment de l'entrée des Allemands dans la ville », et de la Mère Chaplain, Supérieure de l'hospice de Montmirail (Marne), dont « le dévouement aux malades et aux blessés militaires a été sans trêve, pendant l'in-

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