‹ En ligneChapitre 67 sur 77 · Statistique datant de juin · texte numérisé non relu

Statistique datant de juin

2. On en peut dire autant des autres Universités : les nombres que nous venons d'indiquer, soit en ce qui concerne les morts, soit en ce qui concerne les distinctions militaires, sont en effet des nombres minimum et qui seront dépassés, quand tous les renseignements auront été recueillis.

grandes et petites, mais encore dans beaucoup de centres bien moins importants. Fortement organisée d'une organisation où la force se mariait avec la souplesse, sagement dirigée par ses aumôniers, débordante de vie et d'ardeur en ses jeunes membres, foyer d'apostolat dans ses groupes les plus humbles comme dans ses grands Congrès annuels, elle avait été pour beaucoup dans le renouveau d'esprit chrétien qui avait germé et fleuri sous le beau ciel de France, à la fin du siècle dernier. Elle n'eut pas de peine à se montrer sous les armes aussi noblement prodigue de son sang pour la Patrie qu'elle avait ét^ dans la paix infatigablement prodigue de son temps et de ses travaux pour la défense de sa foi. Et lorsque] le 11 novembre 1918, l'Allemagne enfin réduite merci, et son orgueilleux Kaiser déjà exilé, capitul humblement entre les mains victorieuses du maréchal Foch, l'A. C. J. F. put graver avec une légi time fierté aux plus belles pages de son Livre d'o les noms de plus de 853 de ses membres tués a feu. 97 croix de la Légion d'honneur, 193 médail-; les militaires et 4.157 citations et croix de guerrJ le généreux sacrifice consenti avec joie pour le salut du pa^ 1. „

L'Association catholique de la Jeunesse française était née d'une pensée d'Albert de Mun, et sous son patronage immédiat. Si Dieu eût réservé à ce magnifique soldat, défenseur inlassable de son drapeau et de sa foi, l'immense joie de voir ce triomphe national dont nous avions si souvent parlé ensemble et

i. Ces chiffres donnent seulement le nombre des morts et des récompenses officiellement communiquées à la date du 1er octobre d 918 au Comité général. Ils ne représentent qu'un tiers environ des morts et des citations do toute l'A. C. J. F, les pays envahis et de nombreux groupes de l'intérieur n'ayant pas encore fait connaître leurs statistiques.

qu'il appelait de tous ses vœux, sûrement il eût été à cette heure rayonnante plus fier de son œuvre que jamais.

Ame noble et fîère, droite et de trempe pure comme sa grande latte de cuirassier, n'avait-il pas lui-même, d'une plume éblouissante qui charmait et réconfortait tout à la fois, écrit chaque jour « des articles retentissants qu'on ne séparera plus de l'histoire de la guerre? » l N'avait-il pas galvanisé sous l'ardeur irrésistible de sa mâle éloquence des milliers de cœurs, dans lesquels à des heures bien sombres, hélas! l'énergie semblait prête à défaillir? N'avait-il pas « exercé jusqu'à la fin ce qu'il appelait le ministère de la Confiance national e, exaltant les courageset leur versant, avec sa lave brûlante, la sainte ivresse du sacrifice et sa foi indomptable dans le génie de la France? »2 II avait donc bien réellement combattu pour la patrie, « entre les colonnes de son journal, comme d'une tranchée, face à l'ennemi... et il était tombé en pleine guerre sonnant le ralliement»3. Aussi est-ce en soldat qu'il « s'en alla en pleine action, en pleine lumière n'ayant d'autre ennemi que ceux de la Vérité et ceux de la Patrie.. . mourant avec la jeunesse, pour la même cause, dans la même bataille, avec la même claire vue du sacrifice **. Et voilà pourquoi

1. Alfred Capus, de l'Académie française. «La presse pendant la guerre». Revue hebdorn., 5 mars 1913, p. 121.

2. Discours de M. Deschanel, Président de la Chambre des députés, aux obsèques de M. le comte A. de Mun, 19 octobre 1914.

3. Allocution de M. Marcel Prévost, directeur à l'Académie française, séance du 9 octobre 1914.

4. M. René Bazin. Echo de Paris, 12 octobre 1914. -— M. Fortunat Strowski, professeur à la Sorbonne, a écrit de môme d'Albert de Mun : « 11 est mort en pleine lutte, laissant après lui l'universel regret de son pays ; et sa disparition fut un deuil et un malheur

i national. Il avait été dans sa jeunesse une des plus poétiques et des plus nobles personnifications de la vie sociale catholique : il était resté le modèle de l'éloquence catholique ; mort, il est devenu une

dans l'apothéose superbe et inattendue que la reconnaissance du pays lui décerna, celui qui laissa tomber sur le cercueil du grand orateur catholique les paroles les plus émues et les plus chrétiennes en même temps, M. Jacques Piou, eut-il raison de dire : « Lorsque la France délivrée de l'invasion, élèvera un monument aux héros morts pour elle, aux premiers rangs de la glorieuse phalange elle gravera ces simples mots qui diront tout : Albert de Mim »*.

Les initiateurs du mouvement catholique dans l'Université.

En dehors des Ecoles, des Collèges et des Universités catholiques, aussi bien que des grandes Réunions et Associations de jeunes gens arborant fièrement le drapeau de l'Eglise à côté du drapeau français, un grand nombre de combattants tombèrent sur le champ de bataille, qui, élevés dans l'Université, y

des images traditionnelles de la gloire française, comme ces ligures de chevalier sans peur et sans reproche qu'on sculptait sur les tombeaux, le casque en tête, le lion aux pieds, et les mains jointes pour la prière» La vie catholique dans la France contemporaine, pp. 454- 455. Bloud et Gay, Paris, 1918.

1. Le mot « apothéose » qu'employa, le premier, M. Jacques Piou, député, président de l'Action libérale, dans son télégramme de condoléances à Mm0 la comtesse de Mun, ne paraîtra pas exagéré, si l'on se souvient de l'affluence énorme au milieu de laquelle se déroulèrent les obsèques d'Albert de Mun. Au service célébré à Notre-Dame de Bordeaux sous la présidence du cardinal Andrieu, assistaient M. Poincaré, président de la République, les présidents de la Chambre et du Sénat, M. Viviani, président du Conseil, et tous les ministres, les ambassadeurs des Puissances alliées et neutres, des membres de l'Institut et une foule immense. Juste hommage rendu à « celui qui consolait nos mères », suivant le mot touchant d'un blessé à son camarade sur le passage du convoi, tandis que le ministre de la Guerre, M. Millerand, écrivait à Mme la comtesse de Mun que sa mort constituait « une perte irréparable faite par la défense nationale ».

avaient conservé leurs convictions religieuses par traditions de famille ou que leurs réflexions personnelles avaient doucement et victorieusement ramenés plus tard à la foi. Ils étaient revenus à ce vieil héritage de la race française de bien des côtés différents, barreau, presse, université, armée...

Toute la France lettrée connaissait les noms des principaux d'entre eux, dès avant la guerre.

Un colonel Driant, écrivain à l'imagination opulente, orateur nerveux, splendide soldat, qui tomba au bois des Gaures, la tempe trouée, après s'être humblement confessé au Jésuite qui était son sergentinfirmier.

Un Ernest Psichari, petit-fils d'Ernest Renan, — l'auteur de Y Appel des Armes et du Voyage du Centurion, qui, plutôt que de se rendre, se laisse foudroyer sur ses 75, lorsque tout espoir de les sauver est perdu.

Un Charles Péguy, honneur de la jeune littérature catholique, le penseur des Cahiers de la Quinzaine et du Mystère de Jeanne d'Arc, qui, en véritable officier français, reste intrépidement debout, après avoir fait coucher ses hommes, et est fauché par la mitraille au soir de la première victoire de la Marne.

Un Joseph Lotte, l'initiateur du mouvement catholique dans le personnel universitaire, qui, sous-lieutenant au 136e d'infanterie, tombe le surlendemain de la Noël dans la région d'Arras, la boîte crânienne défoncée par un projectile, et qui, un mois auparavant, écrivait ces lignes si simples où se reflétait avec tant de charme son âme limpide : « Je n'ai I jamais été plus profondément heureux que depuis [que j'ai tout donné au bon Dieu. Tous les matins, I je dis : Fiat voluntas tua. Quel mot, quand on le dit

I vraiment ! et c'est à la guerre qu'on le dit vraiment. »

Un Joseph Ollé-Laprune, esprit délicat, figure fine et sympathique, bras droit de M. Barrère, ambassadeur de France en Italie, dont la citation à l'Ordre, signée du général de Castelnau, laisse entrevoir la haute valeur morale et la distinction diplomatique, en exposant laconiquement ses services militaires et son héroïque oubli de lui-même l.

Un Chatenay, agrégé préparateur à l'Ecole normale supérieure, dont la presse entière a cité la touchante lettre d'adieu à sa femme, lettre « auguste dans sa simplicité » et qui se termine par ces mots : « Promets-moi de consoler papa et maman et dis bien aux petites que, si loin que soit leur père, il ne cessera jamais de veiller sur elles et de les aimer. Nous nous retrouverons un jour réunis, je l'espère auprès de Celui qui guide nos existences et qui m'a donné auprès de toi et par toi un tel bonheur. Pauvre chérie, au revoir, au grand revoir, le vrai. Sois forte. Ton Jean ».

Ce sont encore un Augustin Gochin, l'historien, qui tombe à la tête de sa compagnie, un Guy de Revel, secrétaire d'ambassade, comme Ollé-Laprune, lieutenant au lor tirailleurs marocains, un Camille Vio-j land, chevalier de la Légion d'honneur, qui écrivait, lui aussi — au général Violand, son père — « Je mourrai, si Dieu veut, en bon chrétien et en bon Français » — un François Laurentie, un Robert d'Humières, et combien de centaines d'autres !

i. « Le général commandant la 2e armée cite à l'Ordre de l'armée le lieutenant de réserve Ollé-Laprune, du 140e régiment d'infanterie. Premier secrétaire de l'ambassade de France à ilome, accouru à l'armée le premier jour de la guerre, ayant sollicité et obtenu son envoi sur le front, y a donné depuis son arrivée l'exemple des plus nobles vertus et de la plus religieuse fidélité à tous les devoirs. A été tué, le 16 février 1915, en cherchant, au mépris de sa propre existence, à mettre à l'abri des obus ennemis un soldat qui l'accompagnait dans les tranchées de première ligne. »

— Simple gerbe qui permet de se faire une idée de l'opulence féerique de la moisson tout entière !

Cette élite catholique qui se sacrifie avec tant de foi et de vaillance à la Patrie, qu'est-ce donc ?

Et je réponds, avec M. René Bazin terminant ainsi un de ses plus touchants articles : « c'est la Chanson de geste qui continue ; c'est la Croisade qui n'est pas finie; c'est Dieu, qui transparaît à travers la France purifiée. Et les chercheurs de sublime ne trouveront rien de mieux i ».

1. Comment ne pas saluer ici d'un mot au moins l'héroïsme dont firent preuve pendant la dernière guerre, tant de chrétiennes françaises, épouses et mères, à qui la mort arracha d une main impitoyable leurs maris ou leurs enfants ? « Va, mon petit, écrivait l'une d'entre elles, vers le devoir et le sacrifice. Tu emporteras mon sourire et ma bénédiction. Sois brave... c'est pour la France ». — « Maman pleure, mandait une autre à son frère : elle dit que tu sois fort et elle désire que tu ailles venger nos huit frères morts... Jean avait la Légion d'honneur. Toi, succède-lui... Fais ton devoir. L'on ne demande que ça. Dieu t'a donné la vie, il a le droit de te la reprendre : c'est maman qui le dit ». — « Pendantdix-sept ans, j'ai disputé mon fils à la maladie, reprenait une troisième... Je suis fière d'avoir réussi à le conserver pour lui permettre de mourir pour la Patrie». — Et cette autre: «Mon camr n'est plus qu'un lambeau sanglant. J'ai souffert et je souffre toutes les agonies. Mais c'est pour la France Priez pour mon pauvre petit sergent». — .Et celle-ci encore qui pleurait un fils Jésuite : « Dieu m'a repris mon fils. Il est le Maître. Je le lui avait donné une première fois. Mais ce n'était pas assez et le deuxième sacrifice qu'il me demande est autrement douloureux et cruel... H y a trop de mères qui pleurent en France pour que je me plaigne de mon sort. Nous aimons notre patrie, nous lui avons donné tout ce que nous avions de meilleur pour la sauver. Et nous levons maintenant nos yeux vers le ciel où nos bien-aimés nous attendent. Nous savons que leur sacrifice a été accepté et que, grâce à leur héroïsme, les petits enfants de France pourront vivre heureux dans la paix près de leurs chères mamans qui n'auront pas à craindre qu'on leur prenne leurs fils, comme la guerre nous a pris les nôtres ».

L'ère des batailles est close: le territoire est libéré. Debout, rayonnante dans la pieuse allégresse de la Patrie recouvrée, la Lorraine ne frémit plus simplement d'espérance, mais de bonheur. Et, suivant Fexpression du Président de la République, « l'Alsace s'est jetée, en pleurant de joie au cou de sa mère retrouvée » * tandis qu'en plein ciel les trois couleurs étaient joyeusement ré-arborées sur la flèche de la cathédrale de Strasbourg,

Elle est donc glorieusement terminée, après d'inoubliables vicissitudes, la guerre qui, prélude de la reconstruction d'une vaste partie du monde, aura été le plus grand événement des temps modernes.

C'est par l'union de tous — providentiellement symbolisée, pourrait-on dire, par celle de Foch et de Clemenceau, l'homme de foi et le libre penseur — qu'humainement la Victoire a été remportée. Cette union doit lui survivre, car elle n'est pas moins nécessaire aujourd'hui à la reconstruction de la France qu'elle ne l'était hier à son triomphe sur l'ennemi2.

1. Discours de M. Poincaré, le (J décembre UH 8, jour de son entrée officielle à Strasbourg.

2. Pour comprendre combien cette union de tous est indispensable à la France, si elle veut arriver à réparer les effroyables dommages que lui a inlligés, avec une barbarie systématique et trop bien calculée, hélas ! la haine savante des Allemands, il est bon de se rappeler les ruines de toutes sortes accumulées pendant quatre longues années sur son sol.

M. Deschanel, président de la Chambre des députés, en a tracé une esquisse sommaire dans le discours prononcé par lui, le 8 mars

Cette nécessite est si manifeste pour quiconque prend la peine de réfléchir qu'on la proclame de tous les côtés. Et s'il reste malheureusement des fanatiques, qui, n'ayant rien oublié, ni rien appris durant la tourmente, s'apprêtent à reprendre leurs haineuses et si funestes campagnes d'antan, il existe d'autre part, et en bien plus grand nombre, Dieu merci, des hommes que les tragiques événements de la grande guerre ont instruits.

Différents de tournure d'esprit, déformation intellectuelle, d'opinions politiques, de convictions religieuses, appartenant aux mondes les plus divers, politique, armée, marine, finances, haut commerce,

4919, à l'occasion de la réunion tenue au Trocadéro par la Fédération des Associations départementales des sinistrés de la guerre.

« Le sol a été épuisé, dit-il, la matériel agricole et tous les reproducteurs ont été enlevés. Le cheptel n'existe plus ; 2 millions 650. UUU hectares de terre cultivable environ ont été dévastés ; 100.000 sont impossibles à remettre en culture : 8U0.000 difficiles à réexploiter ; 1.750.000 relativement faciles ; 600.000 hectares de forêts ont été détruits. Sur 213 sucreries, 145 sont ruinées ; notre fabrication de sucre est tombée à moins du tiers de la production d'avant-guerre. Les établissements de constructions mécaniques ont été anéantis. A Denain, les ateliers de la Société française de Construction mécanique ont été entièrement pillés, outillage et matières premières. Les charpentes métalliques, les briques réfractaires. les machinesoutils ont été expédiées en Allemagne. Les bâtiments ont été dynamités au départ.

& Les deux tiers du bassin houiller du Nord et du Pas-de-Calais ont été ravagés, 320 fosses rendues inutilisables, une production de plus de 2u millions de tonnes, soit 50 p. 100 de la production nationale, a été supprimée... Par ordre de la Commission (allemande) de destruction des établissements industriels du Nord de la France, toutes les usines de la contrée ont été mises hors de service... A Yalenciennes, un autre Bureau, sous la direction du capitaine Blucking, industriel à Cologne, puis du lieutenant Kolmann, représentant d'usines métallurgiques à Dortmund, s'employait à la destruction des usines. D'autres services s'occupaient de la destruction ou de l'enlèvement des installations de force motrice et d'électricité.

« ...Un bon tiers des broches de toutes les filatures de laine de France n'existe plus : ainsi a été anéanti un des centres industriels les plus puissants créé par le génie de notre peuple... »

D après M. L. Dubois, les pertes subies par nos houillères doivent être évaluées à 4 milliards au moins, et celles des mines et usines métallurgiques à 11 milliards (Chambre des députés, 11 mars 1919).

532 l'église de France pendant la guerre

grande industrie, barreau, presse, lettres, sciences, arts, ils s'accordent tous pour reconnaître et déclarer que, si Ton veut sauver la France, lui rendre sa vitalité, sa puissance et sa splendeur, il faut en finir avec les luttes intestines où l'on s'épuise en pure perte et, au contraire, resserrer autant que possible l'union qui féconde et la paix intérieure qui décuple toutes les forces d'un pays.

C'est que peu à peu se manifeste et éclate la vérité de ces nobles et saines paroles que le roi Albert adressait au Parlement belge, en rentrant à Bruxelles : « Si la pratique de la religion, qui fut pour tous les croyants un grand réconfort dans les jours d'épreuves douloureuses, n'a jamais constitué un obstacle à la camaraderie dans l'armée, comment des divergences dans ce domaine pourraient-elles être une source de division dans la vie civile et politique ? 11 faut que les lois concourent à faire de ces principes une réalité. »

« Est-il téméraire d'espérer, demandait le 1er mai 1916, au Conseil général de la Charente, un homme dont la politique de désunion fut jadis bien néfaste, M. Emiles Combes, est-il téméraire d'espérer qu'il restera après la guerre quelque chose de cette union, quand une victoire éclatante en aura montré et fait ressortir les splendides effets » ?

Et M. Louis Barthou, de l'Académie française, ancien président du Conseil de répondre : « Cette union étroite, il faut la perpétuer dans la paix même1. » Car « le droit n'est rien sans la force et la force exige l'union 2».

1. Discours sur V Union nationale, salle Prat à Marseille, 9 avril

2. Louis Barthou, Disc, de réception à l'Académie, 6 féviier 4919.

« Je suis plus que jamais convaincu, avait dit ce même M. Barthou quelques mois avant, dans ses Lettres à une jeune Française l, de la nécessité de continuer l'Union nationale, si Ton ne veut pas courir les risques d'une victoire stérile. Il ne servirait de rien d'avoir triomphé des Allemands, et au prix de quels sacrifices ! si nous n'avions pas la volonté de mettre lin à des querelles et à des divisions qu'ils ont dans le passé, exploitées ou provoquées2. »

a Voulue, préparée, achevée par la France, la victoire doit profiter à toute la France3. »

« Ah ! quelle belle France, Messieurs, disait à son tour M. Marcel Sembat, alors ministre des Travaux Publics, quelle belle France, si nous réussissions à l'affermir, cette union sacrée ! Aussi belle dans la paix reconquise, qu'elle aura été grande pour la défense de notre sol et de notre droit. Une France où, sans rien abdiquer de ses espérances d'avenir, ni de ses convictions profondes, chaque Français se sentira

Page 1