D'un poste de commandement, p
de la Légion d'honneur, qui, mortellement blessé devant Thiaumont, le 22 mai 1916, dit à son ordonnance : « Vas écrire à ma mère que je meurs en très bon chrétien ! » Quarante-huit heures auparavant, de la tranchée, il avait écrit lui-môme, comme s'il avait eu le pressentiment de sa fin prochaine : « Ma mère bien-aimée, si cette lettre te parvient... elle te portera mon dernier baiser, mes dernières prières. Elle te dira que je suis mort en chrétien. Le sacrifice est fait. C'est dur. Je voudrais bien en revenir ! Mais que la sainte volonté de Dieu soit faite, non la nôtre. C'est à toi que je dois mon âme de chrétien, mon cœur de gentilhomme... A toi, Mère bien-aimée, tout mon amour filial. Vive la France de mes aïeux et de mon amour passionné ! »
« L'idée qu'on laisse après soi des êtres chéris, ayant peut-être devant eux de longues années de luttes, serait pénible, confessait le 5 juin 1915 à sa sœur le capitaine Eug. de Benoist, si on ne se disait que ces sacrifices sont la rançon de la France et que Dieu, en raison de leur grandeur, doit accorder toutes les grâces nécessaires à ceux qui les font. Je crois donc qu'il faut demander à Dieu, non pas de les éviter, mais d'être capable de les faire, s'il les exige de nous. »
Même note de chevaleresque et chrétienne humilité sous la plume du lieutenant Donald Monroe, chevalier de la Légion d'honneur, du 27e chasseurs alpins : « Priez non pas pour que je me tire sain et sauf de la mêlée, mais pour que je fasse au feu la figure que je dois. »
Et le dragon devenu zouave, le lieutenant alpin font si belle figure au feu, le moment voulu, qu'ils sont tués, le premier à Souchez en Artois, le second à Mohrange, fauché dans la fleur d'une jeunesse riche de mille promesses, au début même des hostilités.
Comment des officiers qui pensaient si grand et si simplement tout à la fois ne seraient-ils pas tombés en face de l'ennemi tout d'une pièce et avec la virilité des héros !
L'Enseignement supérieur catholique. — Les Universités. — Les Cercles et Conférences d'étudiants catholiques. — L'Association catholique de la Jeunesse française. — Albert de Mun.
Couronnement de l'Enseignement chrétien en France, les grandes Universités catholiques se devaient à elles-mêmes de se signaler d'une façon toute spéciale pendant la Grande Guerre. Elles ne faillirent pas à ce devoir. Nombreuse fut la pléiade d'officiers et de sous-officiers, qu'elles fournirent à toutes les armes. Et les rubans rouge, vert et jaune, rouge et vert, qu'elles recueillirent, autant que les morts qu'elles inscrivirent, non sans un orgueil quelque peu voilé de tristesse, sur leurs diptyques, témoignent de la vaillance que leurs étudiants ou anciens étudiants déployèrent pour défendre la mère-patrie en danger.
L'Université d'Angers eut 128 morts, 20 croix de la Légion d'honneur, 12 médailles militaires, 175 croix de guerre et 290 citations.
Toulouse reçut pendant la guerre, — où 28 des siens succombèrent, — 6 croix de la Légion d'honneur, 63 croix de guerre et environ 80 citations.
L'Université de Lyon eut pour sa part — elle ava perdu 90 étudiants ou anciens étudiants au feu 11 croix de la Légion d'honneur, 6 médailles mili-
taires, 100 croix de guerre avec 115 citations l.
A Lille, l'Université catholique avait donné à l'armée 479 officiers de tous grades, — parmi lesquels figuraient 5 chefs de bataillon et 9 médecins-majors de lre classe. Elle compta 93 morts et mérita sur le champ de bataille 54 croix de la Légion d'honneur, 24 médailles militaires, 398 croix de guerre et 654 citations, dont 127 à l'Ordre de l'armée.
Quant à l'Université catholique de Paris, la plus importante de toutes, elle eut l'honneur de recevoir 70 croix de la Légion d'honneur, 23 médailles militaires, 349 croix de guerre et le double environ de citations. Le nombre de ses morts connus 2, quand l'armistice fut signé, s'élevait à 310.
En marge des Facultés et des grandes Ecoles, Paris offre aux étudiants catholiques pour s'y retrouver un certain nombre de Cercles, de Conférences ou d'Associations. Quels que fussent leur nom ou leurs couleurs, Cercle du Luxembourg, Conférence Olivaint, Conférence Laennec, Conférence Montalembert, Réunion des Ingénieurs, etc., etc., tous ces groupements moissonnèrent pendant la Grande Guerre, bien des titres de gloire empourprés de sang.
Fondée en 1883, l'Association catholique de la Jeunesse française avait pris très rapidement le plus magnifique des essors. Au commencement de la guerre, ses centaines de groupes et de comités couvraient toute la surface du territoire, et on l'y rencontrait, non seulement dans presque toutes les villes,