Ibid.y p. o
534 l'église de frange pendant la guerre
chaque j.our, solidaire de tous, dans un effort continu pour le développement de la prospérité nationale, de la justice économique et du commun bonheur l. »
Et le général Gouraud, à la fin de son Ordre général à la 4e armée, l'armistice signé : « Vous vous rappellerez surtout la fraternelle union des enfants de la France autour du drapeau, chefs, soldats, riches, pauvres, ouvriers, paysans. Et cette union, qui nous a sauvés de l'effroyable péril, vous la ferez vivre dans le bonheur de la paix. »
Serrant de plus près la question au point de vue de nos luttes religieuses, M. Paul Deschanel, président de la Chambre, provoquait des applaudissements universels, quand au cours de la séance tenue à l'Institut par les cinq Académies, il s'écriait :
« Le même (esprit de rapprochement) doit nous conduire dans la question religieuse. Il ne suffit pas de dire : « Les Gouvernements n'ont nulle autorité en matière de dogme, les religions n'ont nulle autorité en matière de gouvernement. » L'Etat et l'Eglise, même séparés, se rencontrent en plusieurs domaines. Que partout l'esprit de sagesse écarte le fanatisme ! Ah ! chassons de notre langue ces vieux mots faits pour de vieilles idées : intolérance, tolérance.
« La pensée qui ne respecte pas la foi n'est pas une pensée vraiment libre et la croyance qui porte atteinte à la liberté, au lieu d'augmenter son pouvoir, le perd. Qui méprise les forces religieuses s'expose en politique à d'étranges mécomptes et qui veut imposer une religion en altère la source2. »
M. Millerand, ancien ministre de la Guerre, pré-
1. 7 mai 1916. Discours au banquet d'inauguration du tunnel maritime du Rhône à Marseille.