LES EMIGRES
Pour JHaurlce Barrèé
Ils vont, triste troupeau que la guerre éparpille. Non comme des fuyards, effarés et courant. Mais las, silencieux, échelonnés et lents. Semant sur les chemins leurs tronçons de famille.
Les vieux mêlent dans leur mémoire qui vacille. Avec l'horreur d'hier, leurs souvenirs d'enfants. Les petits ont les 3'eux égarés, méfiants : Les barbares ont pris la gaîté dont ils brillent.
Les femmes vont, ployant sous la triple douleur
De leurs vieux sans foyer, de leurs enfants en pleurs
Et de leur incertain et menaçant veuvage ;
Mais leur retour rendra leur chagrin plus profond :
Ils ne retrouveront leurs lugubres villages
Que pour voir s'écrouler leurs fumantes maisons.
Septembre 1914*
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