CHARADE
Quand la tempête gronde et que la mer fait rage,
Comme un roseau géant que courbe un vent d'orage,
Et qui tombe vaincu,
Combien de fois vit-on , sous un ciel sans étoiles,
Mon premier, s'inclinant sous le poids de ses voiles , Brisé comme un fétu.
Mon second n'est quun chiffre , un pauvre petit nombr Il faut pour s'égarer dans les sentiers pleins d'ombre , S'étreindre et s' embrasser,
Se glisser tendrement de doux mots à l'oreille Et ravir le baiser d'une bouche vermeille ,
Ne pas le dépasser.
Mon troisième , guidé par votre main divine,
Par vos doigts enchantés, sur une toile fine, Tissu d'or et d'argent,
Montre à nos yeux ravis mille dessins magiques, Arabesques de feu et dragons chimériques Aux replis de serpent.