‹ En marge de la chirurgie (volume 2)Chapitre 50 sur 56 · LA MUSE · texte numérisé non relu

LA MUSE

Eh bien ! relève-toi, jeune homme !

Relève ton front noble et pur,

Et chasse ta tristesse, comme Le vent chasse un nuage obscur !

Car sur cette terre où la foule Au hasard se meurt et s’écoule,

Comme la barque que la houle Ballotte au gré des flots amers,

Tu passes dans la foule avide Le cœur ouvert de la main vide Comme le pilote qui guide Le navire au milieu des mers !

Car ton œuvre est superbe et noble et magnifique ! Car tu portes en toi, comme le prêtre antique,

Le rayonnant espoir !

Et dans ce monde immense, aujourd’hui sans mystère, Ton rôle est le plus beau qui, sur toute la terre,

Se puisse concevoir !

Car tu peux corriger l’œuvre de la nature,

Tu peux du mal hideux tarir la source impure,

Et, d’un sublime effort,

Arrêter le destin marquant V heure suprême,

Et, comme un dieu vivant descendu du ciel même,

T riompher de la mort !

Presse Médicale, 11 Mai 1907,

Ecrit pour la “ Soirée de l'Internat ”,

Page 1