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ioute qu'une virtualité qu'il faut rendre réelle, ane récompense dont nous devons nous mon- ;rer dignes, un bien dont l'obtention constitue lotre tâche terrestre.

La seule chance — si elle existe — que nous lyons de soustraire à Fanéantissement notre ndividualité, c'est-à-dire de la maintenir ndissoluble, consiste à développer, par une îulture assidue, nos facultés les plus cachées, es forces de vie spirituelle qui sommeillent u fond de nous, ce qu'il y a en nous de aeilleur et d'essentiel, bref à nous créer une

âme » au vrai sens du mot, une âme capable e braver les forces destructives dont elle est aenacée.

Or, c'est là ce dont bien peu de gens 'avisent. La plupart n'en ont guère le temps u n'en prennent pas le temps. Ils sont bsorbés par la lutte pour la vie matérielle, our l'or, pour l'ar^^ ^ pour les honneurs, our le plaisir. Ils ne pS^sent guère à la mort

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ou n'y pensent pas sérieusement, repoussent cette pensée quand elle les assaille. La mort leur fait peur plutôt que limmortalité ne les tente; ils ne font rien, en tout cas, pour se l'assurer, pour la mériter. Ils aiment cette vie pour elle-même, au lieu d'y voir un moyen, jâii qu'il importe d'utiliser pendant qu'on en il dispose, un moyen de conquérir toute vie 1

Qui leur enseignera la joie austère, mais profonde, de la méditation? Qui leur enseignera le recueillement, source des grandes espérances, sinon des grandes certitudes ? Aujtq lieu de se chercher eux-mêmes, ils ne semblent|iir occupés qu'à se fuir. Or, tant qu'on ne s'est pas trouvé soi-même, on n'a aucune chance de se garder. i

La vie présente est comme un sculpteur pétrissant peu à peu Tàme informe que nou^pcj apportons avec nous à notre naissance. De '^^ cette âme informe elle fait, selon les cas, des chefs-d'œuvre ou d^*- • ouvrages sans valeur.

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.1 est à craindre qu'à la mort ceux-ci ne 'Ctournent au néant, c'est-à-dire au grand éservoir anonyme, au chaos de forces élémenaires, non organisées, non individualisées, )Our servir de matière à des essais ultérieurs. Unsi le sculpteur brise la statue mal venue t en rejette les morceaux au las de glaise où puise de quoi façonner ses ébauches. Au ontraire toute âme parvenue à un certain egré de beauté et de perfection ressemble à i statue qui a trouvé grâce devant l'artiste, fc qu'il cisèle alors en un marbre pur et dur ir lequel le temps n'a pas de prise.

THERAPEUTIQUE DU VICE

Il paraît que, dans les confiseries, quand le jeune fille qui débute entre comme demoi- 11e de magasin, on lui tient ce langage : Mademoiselle, vous aurez envie de manger ;s bonbons. Ne vous gênez pas. Mangez-en

autant qu'il vous plaira. Plus vous en mangerez, et mieux cela vaudra. Mangez-en jusqu'à satiété, au delà même si vous pouvez! » C'est par une juste intelligence de ses intérêts que le confiseur parle ainsi à son employée. En effet, si elle aime les friandises, elle cédera fatalement à la tentation d'en manger. Qu'on le lui interdise, elle n'en mangera que modérément, en cachette, et ces larcins, répétés chaque jour, représenteront au bout de Tannée, une somme importante. I en coûte moins cher au confiseur d'inviter h nouvelle venue à satisfaire sans retenue sî gourmandise durant les premiers jours : mêra< si elle n'y gagne pas une indigestion, l'expé rience prouve qu'elle restera à jamais dégoûtée de toute espèce de bonbons et sucreries. Pour ma part, ayant, dans mon enfance . mangé une fois, plus qu'il ne convenait, d ui gâteau dit biscuit de Savoie, je payai cet excèi fort cher : depuis, non seulement ce gàteat

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a'excite plus ma convoitise, mais il me faudrait faire effort sur moi pour en avaler une seule bouchée.

D'où vient que tant d'anciens élèves des établissements congréganistes ne mettent plus les pieds à l'église, ont les pratiques religieuses 3t souvent la religion elle-même en horreur ? N'est-ce pas, en grande partie, parce qu'on les a rebutés par trop de messes, de sermons, de sacrements, de cantiques et de génuflexions?

Eh bien I je me demande si cette méthode n'est pas applicable à une foule d'autres cas, en particulier à ces tentations funestes qui s^appellent l'alcool, le tabac, les femmes, etc.. Je me demande si l'on ne se guérirait pas semblablement des obsessions maladives, des besoins « surajoutés » et factices qui empoisonnent notre vie. . . Je me demande si cette méthode ne donnerait pas des résultats meilleurs que celle qui équivaudrait, pour le confiseur, à dire : « Mademoiselle, je vous

préviens que vous entrez ici pour vendre des bonbons, et non pour en manger. Je fais appel à votre probité. Sachez en outre que les bonbons abîment les dents et l'estomac. Au surplus, si vous vous laissiez aller à en dérober, je vous mettrais à l'amende. Enfin, en cas de récidive, je n'hésiterais pas à vous congédier. »

Ce qu'on appelle un vice n'est, somme toute, que la résultante de deux forces contraires : un désir et une crainte (scrupule religieux, peur de se rendre malade, etc.). La lutte p entre ces deux forces peut se prolonger indéfiniment^ sans que Tune ou l'autre soit définitivement vaincue. C'est tantôt l'une, tantôt l'autre qui l'emporte. Le désir ne s'assouvit qu'avec remords, la crainte ne triomphe point sans regret. Tel est le mécanisme du vice.

Supprimer ou du moins contenir le désir par la crainte, voilà ce que cherchent moralistes et hygiénistes. Je me demande, moi, si, ce faisant, on ne l'entretient pas plutôt. Nés

vaudrait-il pas mieux le laisser s'assouvir une bonne fois, une fois pour toutes, plus que pleinement, à Texcès, jusqu'à Fhj^persatiété, jusqu'au dégoût — et pour toujours?

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