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SOLITUDE

Conrad n'aime guère rendre de visites, moins encore en recevoir. Il n'existe pas, pour lui, d'heures plus belles, et plus courtes, que celles où il est seul. . . Longtemps, il s'en inquiéta. Cela, maintenant, ne l'inquiète plus : il en a compris la raison. Ce n'est pas, à proprement parler, la solitude qu'il aime. Au contraire. En réalité, il n'est jamais si seul que lorsqu'il se trouve avec d'autres ; et il ne se trouve jamais en si bonne et si nombreuse société que lorsqu'il est seul. Ses pensées, ses rêves lui tiennent compagnie, la meilleure

de toutes... Pour beaucoup d'hommes, vivant d'une vie extérieure, dans une agitation incessante, ayant, du matin au soir, commerce avec leurs semblables, une heure de solitude constitue un repos nécessaire... et un ennui. Pour Conrad, une heure passée au cercle, avec des amis, voilà ce qui constitue une trêve, qu'il s'impose par hygiène... et un ennui.

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