‹ En marge de NietzscheChapitre 69 sur 74 · DURÉE DANS LE SOUVENIR · texte numérisé non relu

DURÉE DANS LE SOUVENIR

Le temps paraît long à qui s'ennuie. Un , jour où rien ne se passe semble interminable.. . I ce jour-là. Dans le souvenir il en va tout

autrement. Un jour où rien ne s'est passé ne laisse aucune trace en notre conscience, en notre mémoire. Une compte plus pour nous. C'est comme si nous ne l'avions pas vécu. Il ressemble à une page blanche d'un livre. Les années de bonheur, d'aventures, de voyages, de travail fécond et varié, les années bien remplies, riches d'imprévu, comme elles paraissent courtes, sur le moment, comme elles passent vite, tandis qu'elles passent ! Plus tard, quand elles sont depuis longtemps passées, leur durée, au contraire, s'amplifie devant notre contemplation rétrospective, s'allonge aux dépens des autres, des années mornes, monotones et vides qui, pendant qu'elles passaient, nous semblaient affreusement lentes et longues, mais, aujourd'hui, représentent pour nous si peu de chose, tiennent, dans le tableau de notre vie, si peu de place !

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