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UNE HIRONDELLE NE FAIT PAS LE PRINTEMPS

Quand, sur la terre nue, il commence à neiger, les premiers flocons fondent presque aussitôt, ne peuvent se fixer au sol, en modifier l'aspect, et il faut un certain temps pour que, simple pellicule d'abord, puis couche épaisse, une neige véritable et visible le recouvre. Ainsi, dans l'àrae que le bonheur a longtemps désertée, une sorte de préparation est nécessaire avant qu'elle redevienne apte à s'en imprégner. Les premières joies | qui la touchent, qui, une à une, tombent sur elle, ne « tiennent » pas, pour ainsi dire, s'évanouissent sans laisser de trace, sans s'agglomérer. Il faut que d'autres joies, en avalanche, leur succèdent, pour qu'à la longue l'àme déshabituée du bonheur commence à se sentir différente, pour que la couleur de ses pensées passe du sombre et du gris au

blanc lumineux, bref, pour que toutes ces petites joies accumulées finissent par faire « de la joie ».

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