‹ En marge des vieux livresChapitre 5 sur 10 · SARAT · texte numérisé non relu

SARAT

Quand vint le temps de la Pâque, elle voulut aller avec ses parents à Jérusalem, qui n'était qu'à deux journées de marche. Sa mère approuva cette pieuse pensée et en espéra la guérison de sa fille ; mais Saraï ne voulait que se rapprocher de Jean.

Dans l'auberge où ils étaient descendus, ils apprirent l'arrestation de Jésus et sa condamnation.

. . . Jean et Marie, mère de Jésus, et Jeanne, et Suzanne, et Marie Cléophas, et Véronique, et Marie de Magdala suivirent le supplicié d'aussi près que le leur permit l'escouade des soldats romains. Saraï se joignit aux Galiléennes. La douleur de Jean lui était odieuse à voir ; mais elle se disait que, son maître mort, Jean, avec le temps, se ressouviendrait de l'avoir aimée.

Le premier clou s'enfonça dans la main du

supplicié et déchira ses veines ; le sang ruissela et le corps tout entier se souleva et se tordit. Mais, comme Jésus ne cria point, Saraï neut pas pitié.

La croix fut dressée ; le condamné y pendit par quatre plaies. Les gémissements aigus des femmes montaient sans interruption, perçant la rumeur de la populace en fête. Saraï, immobile, voyait les choses comme si elles n'étaient pas réelles ; et il lui semblait que c'était elle qui mourait, et que ces gémissements étaient la lamentation de son cœur sur elle-même.

Puis, lorsque Jésus parla ; lorsqu'il dit à Jean et à Marie : « Voilà votre mère, voilà votre fils », elle comprit que tout était fini pour elle ; et, stupide, elle comptait malgré elle les gouttes noires qui tombaient une à une des pieds de Jésus, — puis les points marqués sur les dés que les soldats accroupis jetaient tour à tour.

Mais quand le crucifié, dans un moment

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